Marcher sur un fil et ne jamais tomber : stratégie pour un féminisme décolonial

Ce texte est une version enrichie de l’intervention tenue oralement au Bandung du Nord, le 6 mai 2018 à la Bourse du Travail de Saint-Denis et à Penser l’émancipation, le 14 septembre 2017.

Bonjour à toutes et à tous,

Avant toute chose, je voudrais exprimer ici l’honneur qui est le mien de participer à un événement politique d’une telle envergure.

Je voudrais également préciser que je n’interviens pas ici en tant qu’individu ni même simplement en tant que femme, mais en tant que membre d’une organisation politique décoloniale qui développe depuis plus d’une décennie une réflexion théorique et stratégique soutenue par un projet politique clairement identifié. Cette organisation, c’est le Parti des Indigènes de la République. Je précise, enfin, que la durée de mon intervention étant très limitée, je vais devoir grassement résumer et peut-être appauvrir un peu la complexité de ce que voudrais défendre ici. Il y a quelques mois, c’est ici, sur cette même estrade que j’ai été invitée à intervenir dans une plénière intitulée « Féminisme et Révolutions » dans le cadre du colloque Penser l’émancipation.

Lors de cette séance, certains s’en souviendront sans doute, j’ai commencé par cette déclaration un tantinet insolente : « je ne suis pas féministe. »

Lire la suiteMarcher sur un fil et ne jamais tomber : stratégie pour un féminisme décolonial

Utopies de la libération : Houria Bouteldja à propos du féminisme, de l’antisémitisme, et des politiques de décolonisation

Utopies de la libération : Houria Bouteldja à propos du féminisme, de l’antisémitisme, et des politiques de décolonisation

De Ben Ratskoff

Le 5 avril 2018

En mai 1943, l’écrivaine surréaliste noire et militante Suzanne Césaire a demandé des rations de papier au gouvernement de Vichy, en temps de guerre, administrant la Martinique. Elle avait besoin de ce papier pour imprimer le prochain numéro de Tropiques, un journal consacré à l’intersection du Surréalisme et des politiques anticolonialistes dans les Caraïbes. Le gouvernement a refusé sa demande. Dans une vertigineuse démonstration de double discours, les collaborateurs du régime Nazi ont affirmé que le journal de Césaire était trop raciste et sectaire, dans son engagement assumé pour la négritude, et dans sa révolte littéraire contre la civilisation française. Il est à la fois troublant et éclairant de trouver un discours quasi-identique entourant la publication récente d’Houria Bouteldja, Les blancs, les juifs et nous : vers une politique de l’amour révolutionnaire. A la sortie du livre en France en 2016, un véritable lynchage s’est produit dans les médias. La pensée unique des intellectuels Français, de droite comme de gauche, s’est précipitée pour discipliner cette femme Arabe qui avait osé démystifier le conte de fée que la France se raconte à elle-même. De bien laids qualificatifs lui ont été attribués : Bouteldja était donc une raciste antiraciste ! Une néo-nazie ! Une homophobe ! Pas grand-chose n’a changé depuis la requête de Césaire pour les rations de papier en Martinique.

Lire la suiteUtopies de la libération : Houria Bouteldja à propos du féminisme, de l’antisémitisme, et des politiques de décolonisation

Vidéo : Féministes ou pas ? Penser la possibilité d’un « féminisme décolonial »

UN FÉMINISME MUSULMAN ET, POURQUOI PAS ? Tant que nos mères rasaient les murs, qu’elles faisaient le ménage avec le foulard, cela ne posait pas de problème. Sauf que là, on est face à des femmes qui ont une analyse politique des enjeux, qui ont cette pensée articulée et qui sont rendues visibles. Donc, des femmes qui contribuent à l’histoire de la résistance des femmes. MALIKA HAMIDI.

 

J’ai besoin avant toute chose de questionner le concept de féminisme avant même de savoir si c’est légitime ou pas. Si, il y a un féminisme islamique ou pas. Un féminisme décolonial ou pas. Un afroféminisme ou pas. AVANT MÊME DE M’ENGAGER LÀ, JE PENSE QU’UNE RÉFLEXION DÉCOLONIALE NOUS OBLIGE À QUESTIONER LE FÉMINISME EN TANT QUE TEL. La pertinence du féminisme et le paradigme dans lequel il est, pour ensuite déterminer si oui ou non il faut aller dans cette direction…On prend le féminisme (par exemple) comme un fait tellement supérieur qu’il n’est pas questionable. C’est une jauge et on doit tous s’adapter à cette jauge…Moi, j’ai un problème d’un point de vue décolonial avec ça. Pourquoi ? HOURIA BOUTELDJA

Lire la suiteVidéo : Féministes ou pas ? Penser la possibilité d’un « féminisme décolonial »

 » Féministes ou pas ? Penser la possibilité d’un « féminisme décolonial »

Samedi 14 octobre à 14:00  Au Pianofabriek Citylab ( Salle Zabriskie ) Rue du Fort 35, 1060 Bruxelles  » Féministes ou pas ? Penser la possibilité d’un « féminisme décolonial » Depuis quelques années, de nouvelles voix se font entendre pour penser des alternatives au féminisme hégémonique qui a montré ses limites et parfois sa … Lire la suite » Féministes ou pas ? Penser la possibilité d’un « féminisme décolonial »