Le massacre de l’Union Minière à Lubumbashi (9 décembre 1941)

Par Ludo De Witte[i] A la mémoire de Léonard Mpoy, leader de la grève de décembre 1941 à l’Union Minière, à la mémoire de Jules Marchal (1924-2003), infatigable « creuseur » des archives coloniales, en vue d’en extraire la vérité sur le colonialisme. L’Africa Museum de Tervuren rénové, rouvre ce 9 décembre 2018: voilà l’occasion ou jamais … Lire la suiteLe massacre de l’Union Minière à Lubumbashi (9 décembre 1941)

Nous exigeons un moratoire sur l’exposition des objets dont on sait qu’ils ont été obtenus par le vol, le pillage, la conversion forcée, la menace ou l’extorsion.

Bravo à Mireille-Tsheusi Robert et Anne Wetsi Mpoma pour leurs interventions déterminantes lors du débat sur les ondes de la RTBF : Débats premières. On sent clairement que les arguments s’affutent et que le débat devient public. A un mois de la réouverture du Musée de Tervuren, il était temps que les prises de paroles sortent du huit clos des groupes internes du musée en charge de la rénovation. Le débat commence à prendre et on sent clairement une panique monter du côté du personnel du Musée. Mr Verbergt finit le débat en invitant tout le monde pour la réouverture en disant : « j’aurais préféré avoir cette discussion un mois après la réouverture ». Clairement, le directeur en charge des relations avec les publics craint que l’image lisse de la « rénovation » avec laquelle le discours marketing du musée entend attirer à lui de nouveaux publics ne soit brisée. Il ne faudrait surtout pas gâcher la fête. Nous sommes redevables à BAMKO-CRAN ASBL qui s’est approprié le débat sur la restitution et à Mireille qui a réussi à faire bouger les lignes et à recomposer le champ des positions autour de la « modernisation » du musée colonial. Et si on peut d’avantage parler de « modernisation » des infrastructures que de « décolonisation » de l’institution c’est d’abord parce que ¾ du budget alloué a été affecté à la rénovation des bâtiments.

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Débat « Rendre au Congo ce qui est au Congo » – Ne parlons pas de race.

Tout d’abord, je ne souhaite pas ici « cracher dans la soupe » et nous remercions RTL de nous avoir invité et donné la parole, que je n’ai finalement reçue qu’une seule fois très brièvement.

Je vais donc répondre ici aux arguments des défenseurs du statu quo. Je précise, s’il est nécessaire, que je ne m’adresse pas ici aux personnes elles-mêmes, je ne les connais pas. Cependant j’ai bien entendu leurs positions, qui sont qu’ils l’admettent ou pas idéologiques et politiques.

Dire que j’avais l’impression d’avoir Christophe Colomb en face de moi n’était pas qu’un bon mot. En effet, les arguments avancés par messieurs Giltay, Volper et Debie sont affublés d’un paternalisme auquel nous, les Noirs, Arabes, Musulmans, devons faire face à chaque fois que nous avons l’outrecuidance de réclamer le respect de notre mémoire et de notre dignité. Je ne vais pas reprendre tous les arguments. Ils sont largement diffusés dans la presse et ont encore été remis sur la table dans l’émission.

Je ne vais pas répondre non plus aux propos de Christophe Giltay que je soupçonne de mettre de côté la casquette de journaliste qu’il porte en semaine pour la remplacer par celle de polémiste le dimanche.

En revanche, voici ce que j’aurais souhaité répondre à nos deux interlocuteurs militants du statu quo et qui refusent qu’on aborde le problème sous l’angle de la hiérarchisation raciale.

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la Belgique est à la traîne sur la restitution des trésors coloniaux

Aujourd’hui nous avons tenté de publier une carte blanche intitulée « la Belgique est à la traîne sur la restitution des trésors coloniaux ». Le Soir a décidé de la reprendre mais au final William Bourton l’a complètement noyée dans une page du Soir + qui s’intitule : « Faut-il restituer les objets sacrés du Congo aux Congolais ? ». Art du camouflage et de la dispersion, finalement cette publication ressemble étrangement au processus de modernisation du musée de Tervuren lui-même : un gigantesque foutoir de positions pseudo-scientifiques, une façon de dissimuler la colonialité du savoir-pouvoir au sein d’un discours qui prend les allure du post-colonial. Il faut lire six paragraphes dont on imagine qu’ils ont été écrit par William Bourton, sans que cela soit explicite, pour que la parole nous soit enfin donnée. Et en six paragraphe, on a déjà le vertige. D’emblée, notre parole se trouve déformée : nous, les signataires de la carte blanche, nous serions les « représentants de la société congolaise » et en face de nous, il y aurait Bruxelles qui serait « pas totalement fermée à l’idée (de la restitution), même si celle-ci soulève nombre d’objections. » Très vite Bourton se permet de reprendre, sans le vérifier, l’argument répété ad nauseam par le Musée selon lequel « nombre de pièces rendues au Zaïre à l’époque de Mobutu se sont volatilisées » (« on sait par exemple »). Ainsi, d’emblée, avant même que le débat ne commence à s’ouvrir, il tente de le refermer. C’est incroyable cette puissance spectrale de Tervuren et de sa propagande sur la conscience de journalistes dont on imagine qu’ils ne travaillent par pour le Musée.

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Rémanences de la colonalité au cœur des processus de restitution des « restes humains »

Des Héréros et Namas à Lusinga (Allemagne-Namibie, Belgique-Congo)

La restitution des « restes humains » et des biens culturels pillés durant la période coloniale s’inscrit dans le cadre des « dettes morales et matérielles dues aux peuples africains » (Proclamation d’Abuja, 1993), c’est-à-dire dans le cadre d’une politique de la réparation. En effet, les revendications de restitution formulent un tort subi par la colonisation qui « (…) se manifeste douloureusement dans les vies mises à mal des Africains d’aujourd’hui (…), dans les économies mises à mal du monde africain » (Proclamation d’Abuja). Dès lors, la question de la restitution des biens spoliés, des trésors traditionnels et des « restes humains » est inséparable de la question du versement intégral d’indemnités sous la forme de transfert de capitaux et d’annulation de dettes.
La restitution d’ossements de Héréros et de Namas de l’Allemange à la Namibie si elle offre un précédant qui pourrait faire jurisprudence – au vu du statut quo ante tel qu’il se pose en Belgique (cf. article de Michel Bouffioux) – pose le problème de la désarticulation des enjeux de restitution et de réparation. Les ossements avaient été envoyés en Allemagne pour des expériences scientifiques à caractère racial, après le génocide de dizaines de milliers d’Héréros et Namas au début du XXe siècle. La plupart des dépouilles provenaient de la collection anthropologique de la clinique universitaire berlinoise de la Charité.

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Lusinga ou notre responsabilité décoloniale ( Vidéo )

 Vidéo de la Rencontre avec le journaliste Michel Bouffioux,

En compagnie de l’historien de l’Art et Commissaire d’expositions, Toma Luntumbue, du journaliste Olivier Mukuna et du représentant du MRAX, John’s Mbulula.

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Lusinga boycotté par les médias

Par Olivier Mukuna

Lusinga Iwa Ng’ombe. Si le nom de ce chef régional congolais revient dans l’actualité, 134 ans après son assassinat par le colon belge Emile Storms, c’est grâce au méticuleux travail d’enquête du journaliste (1). Artisan de ce journalisme utile et citoyen, mon confrère a exhumé l’un des épisodes criminels de « ce passé qui ne passe pas ». De cette mémoire coloniale à trous béants qui, au 21ème siècle, souffre toujours d’un manque de construction décoloniale.

Dans cette enquête, on apprend d’abord que le crâne du Roi Lusinga est conservé à l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB) ; que la direction de l’IRSNB se dit prête à restituer ces restes humains aux descendants du chef congolais assassiné ; qu’enfin Emile Storms, plutôt qu’un militaire belge à glorifier, était surtout un prédateur sanguinaire, un criminel de guerre, un boucher-collectionneur de têtes coupées de chefs congolais insoumis. Jusqu’à ramener 3 crânes royaux à son domicile de la chaussée d’Ixelles, artère entourant ce qui deviendra plus tard Matonge, le célèbre quartier africain de Bruxelles…

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Bruxelles, ville impériale : désenvouter l’espace public

 

Le cas du parc Duden / parc de Forest

Martin Vander Elst.

Samedi 13 Janvier 2018

Un buste de Léopold II qui se trouvait dans le parc Duden à Forest a été déboulonné dans la nuit de mercredi 10 à jeudi 11 janvier par un collectif anti-colonial. Il faut dire que les statues de Léopold II représentent un des points de cristallisation des enjeux mémoriels sur le passé colonial de la Belgique (Ceuppens, « Les monuments publics coloniaux, lieux de mémoires contestés », 2008). En effet, les massacres commis sous le règne de Léopold II par l’intermédiaire des forces de l’Association Internationale Africaine puis par celles de l’État Indépendant du Congo constituent la face la plus obscure de la colonisation belge au Congo. À Bruxelles, plus particulièrement, bien des noms de rues, de places ou de boulevards sont consacrés à des agents de Léopold II au Congo qui sont connus pour leurs crimes contre l’humanité. Qu’autant de monuments soient consacrés à la gloire des soldats et des militaires indique à quel niveau de profondeur gît, dans notre inconscient collectif, mais aussi dans l’espace public, l’accoutumance aux massacres (Mbembe, « Que faire des statues et monuments coloniaux ? », 2006).

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La Belgique a voulu reprendre le Congo de force!

La Belgique a voulu reprendre le Congo de force!
Les Chasseurs ardennais débarquent à Matadi.
Les Chasseurs ardennais débarquent à Matadi.

Un document oublié dans un fonds d’archives révèle que, le 12 juillet 1960, l’entourage du gouvernement belge pousse pour établir une sorte de protectorat militaire sur l’ancienne colonie et recourir à des assassinats contre des leaders politiques congolais. Cette note est le point de départ d’une enquête aux conclusions interpellantes.

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Pour l’avenir de Matongé et de la place Lumumba, rassemblons-nous le 30 juin !

30 Juin 2016 de 18h00 à 19h00 Pour l’avenir de Matonge et de la place Lumumba: Rassemblons – nous! Pour l’avenir de Matongé et de la place Lumumba, rassemblons-nous le 30 juin ! Matongé est en péril parce qu’elle est trop « africaine » pour les esprits restés colonialistes. L’identité africaine de ce quartier fait … Lire la suitePour l’avenir de Matongé et de la place Lumumba, rassemblons-nous le 30 juin !