La radicalité politique du Théâtre de l’opprimé

Le théâtre de l’opprimé, plus souvent pensé sous la forme du théâtre-forum, est devenu l’un des passages obligés des mouvements sociaux, et même, au-delà, des happening soi-disant participatifs sous l’égide des entreprises ou des subventions publiques. À l’opposé de ses objectifs initiaux, nés du théâtre populaire brésilien et de ses apories, le théâtre de l’opprimé a été éreinté par des formes qui tiennent davantage de la communion (militante) ou du travail social. Dans cet article polémique, Sophie Coudray retrace la généalogie du théâtre de l’opprimé et relativise la place qu’a fini par y prendre le « forum », ces représentations publiques où les spectateurs sont invités à intervenir dans une scène d’oppression jouée par les acteurs. La poétique de l’opprimé est en grande partie hostile à la forme spectaculaire ; c’est une poétique de l’atelier, de l’expérimentation, du processus plutôt que du produit achevé, exposable, commercialisable. Boal propose une méthode générale de transmission des techniques théâtrales à l’usage des subalternes, pour se réapproprier le temps de la pensée et l’espace d’expression des corps. Là réside toute la radicalité de ce théâtre : refuser le spectacle pour s’exercer à la politique.

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Soixante-dix ans de chansons pour la Palestine

Si la chanson est reconnue depuis longtemps comme un écho des opinions populaires, voire comme un instrument de ralliement derrière une cause, dans le cas de la Palestine elle joue un rôle supplémentaire. Ce n’est pas un mystère : l’entreprise de colonisation du territoire palestinien s’est très tôt accompagnée d’une colonisation culturelle qui a  entravé, menacé de disparition, voire totalement nié la culture palestinienne. Dans un tel contexte, les chansons palestiniennes, ou même celles qui « parlent de Palestine », en plus de participer à la lutte proprement dite, constituent en elles-mêmes des actes de résistance, des « preuves de vie », des preuves de créativité d’une population qui ne se laisse pas détruire. C’est cette histoire que nous allons explorer ici.

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Pour en finir avec l’injustice épistémique du colonialisme

Résumés
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La fin dramatique et peut-être irréversible de l’hégémonie des principales traditions intellectuelles de l’Occident constitue, pour les théoriciens et les chercheurs en sciences sociales, une chance unique de repenser leurs modes d’enquête. Jusqu’ici, leur attention s’était essentiellement concentrée sur la manière dont des concepts développés dans un petit groupe de sociétés – que nous appelons l’Occident – ont été appliqués dans le Sud, ainsi que sur les nouvelles significations et les inflexions que ces concepts ont acquises à cette occasion. Aujourd’hui, la question la plus urgente consiste à comprendre comment la structure interne de ces concepts a évolué dans les pays du Sud, mais aussi à préciser la façon dont l’avènement de la modernité coloniale les a modifiés. L’exemple de l’Inde est à cet égard emblématique.

Rajeev Bhargava
Traduction de Aurélien Blanchard

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Bruxelles, ville impériale : désenvouter l’espace public

 

Le cas du parc Duden / parc de Forest

Martin Vander Elst.

Samedi 13 Janvier 2018

Un buste de Léopold II qui se trouvait dans le parc Duden à Forest a été déboulonné dans la nuit de mercredi 10 à jeudi 11 janvier par un collectif anti-colonial. Il faut dire que les statues de Léopold II représentent un des points de cristallisation des enjeux mémoriels sur le passé colonial de la Belgique (Ceuppens, « Les monuments publics coloniaux, lieux de mémoires contestés », 2008). En effet, les massacres commis sous le règne de Léopold II par l’intermédiaire des forces de l’Association Internationale Africaine puis par celles de l’État Indépendant du Congo constituent la face la plus obscure de la colonisation belge au Congo. À Bruxelles, plus particulièrement, bien des noms de rues, de places ou de boulevards sont consacrés à des agents de Léopold II au Congo qui sont connus pour leurs crimes contre l’humanité. Qu’autant de monuments soient consacrés à la gloire des soldats et des militaires indique à quel niveau de profondeur gît, dans notre inconscient collectif, mais aussi dans l’espace public, l’accoutumance aux massacres (Mbembe, « Que faire des statues et monuments coloniaux ? », 2006).

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Tribune. Le raciste non raciste

« Comme Michel Leeb, les racistes non racistes refusent de comprendre ce qu’est le racisme »

La politologue Françoise Vergès rappelle à l’humoriste, dont le sketch « L’Africain » fait polémique, que le racisme n’est pas une opinion mais un fait structurel.

LE MONDE

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Théo et Naithy ou l’ardeur d’avance négrophobe des médias belges

Théo et Naithy ou l’ardeur d’avance négrophobe des médias belges Olivier Mukuna· mardi 14 février 2017 En Hexagone, l’affaire du viol policier perpétré contre Théo est devenue, en 4 jours, un dossier politico-médiatique national, emblématique de la négrophobie et des violences policières systémiques. En Belgique, l’agression au couteau de Naithy Nelson par un chauffeur de … Lire la suiteThéo et Naithy ou l’ardeur d’avance négrophobe des médias belges

Que tremble la terre jusque dans ses entrailles

Que tremble la terre jusque dans ses entrailles1 Aux peuples du monde Aux médias libres A la Sexta Nationale et Internationale Convoqués pour la commémoration du 20e anniversaire du Congrès National Indigène et de la vive résistance des peuples, nations et tribus originaires de ce pays le Mexique, et qui parlentamuzgo, binni-zaá, chinanteco, chol, chontal … Lire la suiteQue tremble la terre jusque dans ses entrailles

« La race blanche » : un concept insignifiant ?

Alors que la polémique sur la « race blanche » fait parler dans les médias fin 2015, le Petit journal choisit de répondre à Nadine Morano par une série de photos brouillant les codes ordinaires liés à la couleur de peau. Ce faisant, il n’attaque pas seulement la femme politique, mais confisque leurs concepts aux organisations engagées … Lire la suite« La race blanche » : un concept insignifiant ?

« Noiraud »… Non Non Non

Chaque année en période de carnaval, les membres de l’asbl « l’Œuvre Royale des Berceaux Princesse Paola – Conservatoire Africain », appelés « les Noirauds » investissent le centre de Bruxelles, le visage peint en noir et les lèvres rougies, vêtus d’un costume bariolé et de fraises. Ils réalisent une quête notamment dans les restaurants … Lire la suite« Noiraud »… Non Non Non

Une Histoire Décoloniale de la Belgique

MISE A JOUR DES PROGRAMMES SCOLAIRES!!! MOBILISONS-NOUS AFIN DE PRÉSERVER A JAMAIS LA MÉMOIRE, L’HISTOIRE ET LA DIGNITÉ DE TOUS CES HOMMES AYANT COMBATTU LE NAZISME !!! Suite à la sortie en salles du long-métrage « les hommes d’argile » et aux nombreuses activités organisées autour de la thématique, à savoir l’apport et l’engagement des … Lire la suiteUne Histoire Décoloniale de la Belgique