Dans l’incandescence des luttes, Fanon brûlant d’actualité

Dans Fanon, hier et aujourd’hui, le documentaire de Hassan Mezine, le réalisateur réussit à faire sortir Franz Fanon du musée et des cérémonies de commémoration creuses pour le restituer aux hommes et aux femmes en quête d’émancipation.
2018-10-10
Marwan Andalousi

Journaliste Algérien

Le documentaire Fanon, hier et aujourd’hui, réalisé par Hassan Mezine, est une stimulante contribution à la résurrection cinématographique d’un immense combattant pour la liberté des peuples. Un Moudjahid de la pensée en action que les idéologues dogmatiques ont largement ignoré et que les propagandistes de droite n’ont eu de cesse de diaboliser. Frantz Fanon, figure emblématique des luttes anticoloniales, celui-là même que les universités néocoloniales éludent entre silence aigre et embaumement perfide, réapparait dans ce film dans toute sa pertinence politique, dans toute son urgence. Le fils de la Martinique et l’Algérien, l’internationaliste Fanon revient parmi nous comme dans un songe pour rappeler que l’aliénation est l’instrument le plus redoutable de la domination, que la colonialité est une continuité criminelle et que la dignité est inséparable de la liberté.

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À propos de la restitution des artefacts africains conservés dans les musées d’Occident

Historien

La question de la restitution de l’art africain pillé par les occidentaux fait l’objet de débats dont les termes doivent être clarifiés. Car les œuvres d’art africaines n’ont pas qu’une valeur matérielle, mais également cosmologique : elles transcendent la distinction entre objet et sujet, elles traduisent une volonté de s’insérer dans le monde dans le but d’y participer et de le prolonger, plutôt que de le dominer et de l’assujettir. La restitution ne saurait donc être simplement matérielle : comment pallier l’appauvrissement symbolique entrainé par les pillages ? Cela est-il seulement remédiable ?

Aujourd’hui, la question de savoir s’il faut ou non restituer à leurs ayant-droits les artefacts africains conservés dans les musées d’Occident se pose avec acuité. Très peu, cependant, se préoccupent de comprendre ce qui aura justifié, à l’origine, la migration de ces objets en Europe. Davantage encore, nombreux sont ceux et celles qui ne savent ni quelle est leur valeur esthétique réelle, encore moins de quoi ils furent le signifiant dans la conscience européenne. Il importe, dans ces conditions, de revenir à l’essentiel. Posons-donc les questions de la manière la plus claire possible.

 

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Mawda, où en est l’enquête ?

17 mai 2018, Mawda 2 ans est tuée par un tir policier
sur l’autoroute E42 à hauteur de Maisières

Comment est-ce possible ?
Pourquoi le policier n’est-il toujours pas inculpé ?
Est-ce la faute du passeur ?
Pourquoi le passeur a-t-il été dans un premier temps libéré ?
Vu que la camionnette était suivie par la police française ne fallait-il pas la laisser partir ?
Pourquoi le parquet de Mons a-t-il donné différentes versions le lendemain des faits ?
Quels sont les effets des directives de « traques aux passeurs » données par Théo Francken à la police des autoroutes dont ce n’est pas la mission ?
Qu’en dit le comité P ?
Pourquoi Bart de Wever accuse-t-il les parents ?
Pourquoi la famille n’est-elle toujours pas régularisée ?

 

  • Jeudi 25 octobre 2018 de 18:00 à 21:00
  • Salle Académique (bâtiment Warocqué) Place Warocqué 17, 7000 Mons

 

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Communiqué de presse de la Coordination des sans-papiers de Belgique

La coordination des Sans Papiers a rédigé un cahier des recommandations par et pour eux-mêmes en vue des prochaines élections, à différents niveaux de compétences. Ci-dessous le texte de leurs revendications à l’attention des  candidats.

Pour la première fois sans doute, nous, sans-papiers, avons réalisé nous-mêmes une vaste enquête qualitative sur notre situation de sans-papiers en Belgique. Dans le cadre des élections communales d’octobre 2018, la Coordination des sans-papiers de Belgique présente les conclusions de l’enquête et dresse une liste de recommandations pour améliorer nos conditions de vie de sans-papiers à l’échelle communale. #communales2018 #Bruxelles

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Débat « Rendre au Congo ce qui est au Congo » – Ne parlons pas de race.

Tout d’abord, je ne souhaite pas ici « cracher dans la soupe » et nous remercions RTL de nous avoir invité et donné la parole, que je n’ai finalement reçue qu’une seule fois très brièvement.

Je vais donc répondre ici aux arguments des défenseurs du statu quo. Je précise, s’il est nécessaire, que je ne m’adresse pas ici aux personnes elles-mêmes, je ne les connais pas. Cependant j’ai bien entendu leurs positions, qui sont qu’ils l’admettent ou pas idéologiques et politiques.

Dire que j’avais l’impression d’avoir Christophe Colomb en face de moi n’était pas qu’un bon mot. En effet, les arguments avancés par messieurs Giltay, Volper et Debie sont affublés d’un paternalisme auquel nous, les Noirs, Arabes, Musulmans, devons faire face à chaque fois que nous avons l’outrecuidance de réclamer le respect de notre mémoire et de notre dignité. Je ne vais pas reprendre tous les arguments. Ils sont largement diffusés dans la presse et ont encore été remis sur la table dans l’émission.

Je ne vais pas répondre non plus aux propos de Christophe Giltay que je soupçonne de mettre de côté la casquette de journaliste qu’il porte en semaine pour la remplacer par celle de polémiste le dimanche.

En revanche, voici ce que j’aurais souhaité répondre à nos deux interlocuteurs militants du statu quo et qui refusent qu’on aborde le problème sous l’angle de la hiérarchisation raciale.

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Collections coloniales de restes humains : Le gouvernement encommissionne Lusinga

Alors que le processus de restitution gagnerait à devenir un enjeu public, c’est-à-dire à faire l’objet d’une transformation démocratique, le gouvernement encommissionne le cas de la restitution du crâne de Lusinga. L’enquête réalisée par Michel Bouffioux avait concouru à ouvrir la question en Belgique et dans la foulée les présidents de parti s’étaient prononcés pour la restitution (la secrétaire d’État avait été jusqu’à parler de changer le cadre légal). Désormais, Zual Demir (N-VA) fait marche arrière et retrouve de vieux réflexes belgicains. Décidément les forces obscures du colonialisme sclérosent encore en profondeur la société belge et exercent leurs emprises sur un monde politique attentiste et vite effrayé. La lutte décoloniale est bien la fracture politique de notre époque. Le gouvernement pourra bien encommissionner la question, le spectre de Lusinga hantera encore longtemps la politique de ce pays.

Martin Vander Elst

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« L’assassinat de Semira Adamu au prisme de l’intersectionnalité ».

Bonsoir à toutes et tous,

Je remercie les organisateurs pour cette invitation.

Je vais tenter de replacer la question de l’assassinat de Semira Adamu et plus globalement la question des politiques migratoires dans une perspective décoloniale. Il ne s’agit bien évidemment pas de livrer ici une réflexion exhaustive et aboutie, chose qui me serait impossible étant donné le temps qui m’est imparti. Il est plutôt question pour moi d’esquisser un cadre de réflexion et de lutte qui inscrit les politiques migratoires et leur dimension répressive dans le temps long des rapports globaux de domination et d’exploitation du Nord à l’égard du Sud ainsi que des processus de déshumanisation qui sous-tendent ces rapports.

Ces questions prennent place dans le contexte d’une société post-coloniale qui est toujours en prise avec le système-monde. Dans cette perspective, il est certains événements qui jettent une lumière crue sur nos sociétés modernes libérales qui, à première vue, ont l’air d’être pacifiées mais en réalité sont profondément violentes. Le drame de l’assassinat de Semira Adamu fait assurément partie de ces événements tant cette mort et le procès qui s’en est suivi ont mis à nu la froide mécanique du pouvoir, la force et la brutalité dont il est capable pour justifier et perpétuer une situation d’injustice et de domination, ainsi que la discordance manifeste qui existe entre les valeurs humanistes censées régir nos sociétés et l’épreuve de la réalité qui est une négation de ces principes.

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la Belgique est à la traîne sur la restitution des trésors coloniaux

Aujourd’hui nous avons tenté de publier une carte blanche intitulée « la Belgique est à la traîne sur la restitution des trésors coloniaux ». Le Soir a décidé de la reprendre mais au final William Bourton l’a complètement noyée dans une page du Soir + qui s’intitule : « Faut-il restituer les objets sacrés du Congo aux Congolais ? ». Art du camouflage et de la dispersion, finalement cette publication ressemble étrangement au processus de modernisation du musée de Tervuren lui-même : un gigantesque foutoir de positions pseudo-scientifiques, une façon de dissimuler la colonialité du savoir-pouvoir au sein d’un discours qui prend les allure du post-colonial. Il faut lire six paragraphes dont on imagine qu’ils ont été écrit par William Bourton, sans que cela soit explicite, pour que la parole nous soit enfin donnée. Et en six paragraphe, on a déjà le vertige. D’emblée, notre parole se trouve déformée : nous, les signataires de la carte blanche, nous serions les « représentants de la société congolaise » et en face de nous, il y aurait Bruxelles qui serait « pas totalement fermée à l’idée (de la restitution), même si celle-ci soulève nombre d’objections. » Très vite Bourton se permet de reprendre, sans le vérifier, l’argument répété ad nauseam par le Musée selon lequel « nombre de pièces rendues au Zaïre à l’époque de Mobutu se sont volatilisées » (« on sait par exemple »). Ainsi, d’emblée, avant même que le débat ne commence à s’ouvrir, il tente de le refermer. C’est incroyable cette puissance spectrale de Tervuren et de sa propagande sur la conscience de journalistes dont on imagine qu’ils ne travaillent par pour le Musée.

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« Nouveaux dispositifs de contrôle, répressions et résistances »

Cette intervention a eu lieu durant une conférence de « Tribute to Semira Adamu »(1), dans le panel : « Nouveaux dispositifs de contrôle, répressions et résistances »

 

Je Remercie les organisateurs pour leur immense travail et pour leur invitation. Et j’ai une pensée pour Semira, Ali et toutes les autres victimes du racisme.

Je vais commencer par vous exposer l’analyse qui fondent l’existence et les actions de Bruxelles Panthères. J’évoquerai ensuite les formes de luttes que nous utilisons.

Ce que je vais dire ici – qu’est-ce que l’antiracisme politique ? –  est issu de notre expérience propre, de celle de notre réseau et dans ce cas-ci, de l’étude de trois auteurs en particulier. Je vais donc brièvement les citer, leurs pensées étant à la base de cette analyse :

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Semira Adamu : « Ils ont tué une femme, pas son combat ! »

Semira Adamu était une jeune femme nigériane ; elle militait depuis l’intérieur d’un centre fermé en Belgique, où sont retenues les personnes « sans-papiers ». Ce 22 septembre 2018 marque les 20 ans, jour pour jour, de sa mort, tuée par l’escorte de gendarmes en charge de son expulsion. Il y a peu, une autre réfugiée décédait des mains des forces de l’ordre belges : Mawda, une fille de 2 ans tombée d’une balle dans la tête. Le gouvernement belge vient à nouveau d’autoriser l’enfermement d’enfants et la Coordination Semira Adamu 2018 clame dans la capitale de l’Union européenne : « Ils ont tué une femme, pas son combat ! » Nous rencontrons Cataline, anciennement membre du Collectif contre les expulsions ; elle nous fait le récit du combat et de la mort de Semira Adamu qui bouleversa la Belgique.


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