« Présumé coupable » est la norme légale appliquée aux Arabes et aux musulmans.


La nouvelle présence des musulmans, ainsi que la visibilité de la tenue vestimentaire des musulmanes portant le foulard, a exacerbé les craintes du retour du religieux forcément opposé aux femmes, à leur statut et à leur autonomie. Si, durant le moyen âge, de la renaissance jusqu’au XVIII e siècle, on avait entretenu l’idée que l’islam et les musulmans avaient un goût particulier pour la sensualité et la licence sexuelle, à l’image de l’univers oriental stéréotypé des mille et une nuits, voilà que les colonisations et l’époque postcoloniale nous offrent l’image exactement opposé d’une religion fruste, rigide, opposé aux corps des femmes et aux plaisirs. Dans les deux séquences historiques, on remarquera que l’islam est toujours dessiné sous les traits de l’autre, du différent, de l’antithèse. L’occident chrétien conservateur dessine un islam licencieux et permissif ; l’occident moderne et libre s’offre la caricature d’un islam de l’interdit et de l’oppression sexuelle.

Mon intime conviction de Tariq Ramadan – Tariq Ramadan

 

Voilà maintenant plus de cents jours que le Professeur Tariq Ramadan, l’un des intellectuels musulmans les plus influents d’Europe, est placé en détention provisoire et en isolement à la prison de Fleury-Mérogis, en France, suite aux accusations de viols de deux femmes puis d’une troisième, ce qu’il nie totalement depuis le premier jour.

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Coordination Semira Adamu 2018

Le 22 septembre 1998, lors d’une sixième tentative d’expulsion, Semira Adamu a été tuée, étouffée à l’aide d’un coussin par des gendarmes qui agissaient conformément aux techniques d’expulsion définies par l’État.

Demandeuse d’asile déboutée, Semira avait vingt ans. Depuis le centre 127 bis où elle était enfermée, Semira jouait le rôle de lanceuse d’alerte pour le Collectif contre les expulsions : elle témoignait du fonctionnement de ces prisons et informait des dates d’expulsions de ses codétenu.e.s.

Semira incarnait, à sa manière, la lutte des femmes pour leur dignité et la résistance aux politiques d’asile et de migration inhumaines. L’État s’est appliqué à la faire taire.

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Lusinga ou notre responsabilité décoloniale

 Avec le journaliste Michel Bouffioux,

En compagnie de l’historien de l’Art et Commissaire d’expositions, Toma Luntumbue, du journaliste Olivier Mukuna et du représentant du MRAX, John’s Mbulula.

Lusinga ou notre responsabilité décoloniale

Vendredi 18 mai à 19:30 – 22:00

Pianofabriek Citylab

Fortstraat 35, 1060 Saint-Gilles

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APPEL AU RASSEMBLEMENT JUSTICE POUR MOAD

Ce vendredi 4 mai aura lieu à la séance du matin le procès en appel du policier condamné le 19 décembre 2016 pour les violences commises sur Moad en 2013.
Le flic condamné a fait appel de la décision du juge.
Ce n’est pas fini pour Moad et sa famille, soyons donc nombreux à continuer à les soutenir!

Rappel des faits:

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Bandung du Nord : vers une Internationale décoloniale. Entretien avec Sandew Hira

Sandew Hira est le coordinateur du réseau décolonial international (DIN) et le directeur de l’International Institute for Scientific Research (IISR) de La Haye (Pays-Bas). L’IISR est une organisation membre du DIN, qui s’attache à mener des recherches autour de la décolonisation de l’esprit. Sandew Hira dirige avec Stephen Small et Arzu Merali une collection de livres chez Amrit Publishers : « Decolonizing the Mind ».

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1955-2018 : D’un Bandung à l’autre l’urgence de faire front.

Avec Angela Davis, Aminata Traoré, Fred Hampton Jr, Mountadhar Al Zaidi et Elie Domota, sous le parrainage de Mumia Abu Jamal et Léonard Peltier, une conférence internationale, dite Bandung du Nord, accueillera des délégations d’activistes issus des immigrations postcoloniales de tous les pays occidentaux, du 4 au 6 mai, à la Bourse du Travail de Saint-Denis.

1955. En présence de Nasser, Soekarno, Zhu Enlai, Nehru, N’Krumah…, 29 pays d’Afrique et d’Asie tiennent la première conférence internationale des pays nouvellement décolonisés. Auto-baptisé « non-aligné », « ce tiers-monde ignoré, exploité, méprisé » veut peser dans les affaires du monde. Au-delà du bilan contestable et contesté de leur évolution, ces pays ont inauguré, dans l’après-guerre, un moment fondateur : celui d’un Sud qui s’organise contre le colonialisme, pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes contre l’impérialisme, en dehors de l’affrontement bloc contre bloc (Etats-Unis/Urss) qui domine cette période.

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Lusinga boycotté par les médias

Par Olivier Mukuna

Lusinga Iwa Ng’ombe. Si le nom de ce chef régional congolais revient dans l’actualité, 134 ans après son assassinat par le colon belge Emile Storms, c’est grâce au méticuleux travail d’enquête du journaliste (1). Artisan de ce journalisme utile et citoyen, mon confrère a exhumé l’un des épisodes criminels de « ce passé qui ne passe pas ». De cette mémoire coloniale à trous béants qui, au 21ème siècle, souffre toujours d’un manque de construction décoloniale.

Dans cette enquête, on apprend d’abord que le crâne du Roi Lusinga est conservé à l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB) ; que la direction de l’IRSNB se dit prête à restituer ces restes humains aux descendants du chef congolais assassiné ; qu’enfin Emile Storms, plutôt qu’un militaire belge à glorifier, était surtout un prédateur sanguinaire, un criminel de guerre, un boucher-collectionneur de têtes coupées de chefs congolais insoumis. Jusqu’à ramener 3 crânes royaux à son domicile de la chaussée d’Ixelles, artère entourant ce qui deviendra plus tard Matonge, le célèbre quartier africain de Bruxelles…

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Rencontre avec Norman Ajari, « Dignité et mort sociale noires. Du navire négrier à Damso ».

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Utopies de la libération : Houria Bouteldja à propos du féminisme, de l’antisémitisme, et des politiques de décolonisation

Utopies de la libération : Houria Bouteldja à propos du féminisme, de l’antisémitisme, et des politiques de décolonisation

De Ben Ratskoff

Le 5 avril 2018

En mai 1943, l’écrivaine surréaliste noire et militante Suzanne Césaire a demandé des rations de papier au gouvernement de Vichy, en temps de guerre, administrant la Martinique. Elle avait besoin de ce papier pour imprimer le prochain numéro de Tropiques, un journal consacré à l’intersection du Surréalisme et des politiques anticolonialistes dans les Caraïbes. Le gouvernement a refusé sa demande. Dans une vertigineuse démonstration de double discours, les collaborateurs du régime Nazi ont affirmé que le journal de Césaire était trop raciste et sectaire, dans son engagement assumé pour la négritude, et dans sa révolte littéraire contre la civilisation française. Il est à la fois troublant et éclairant de trouver un discours quasi-identique entourant la publication récente d’Houria Bouteldja, Les blancs, les juifs et nous : vers une politique de l’amour révolutionnaire. A la sortie du livre en France en 2016, un véritable lynchage s’est produit dans les médias. La pensée unique des intellectuels Français, de droite comme de gauche, s’est précipitée pour discipliner cette femme Arabe qui avait osé démystifier le conte de fée que la France se raconte à elle-même. De bien laids qualificatifs lui ont été attribués : Bouteldja était donc une raciste antiraciste ! Une néo-nazie ! Une homophobe ! Pas grand-chose n’a changé depuis la requête de Césaire pour les rations de papier en Martinique.

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