« Lénine décolonial » de Matthieu Renault

Introduction : « Lénine décolonial » de Matthieu Renault à son ouvrage
« L’empire de la Révolution – Lénine et les musulmans de Russie »

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le saviez-vous ? Vladimir Ilitch Lénine n’est pas mort le 21 janvier 1924, comme tout le monde le croit, mais des décennies plus tard. En témoigne un « album non officiel », récemment découvert, de photos le montrant à la frontière finlandaise en 1925 avec son frère jumeau, lui-même inconnu des archives, au Mexique avec Trotsky en 1938, ou encore à Cuba au tournant des années 1960. Mais le cliché le plus surprenant d’entre tous a été saisi en 1949 : on le voit faisant la prière, lors d’un pèlerinage à La Mecque. Impossible diront certains, mais, et d’autres images plus anciennes le prouvent, Lénine, dont l’ascendance nationale-ethnique a nourri toutes les spéculations, était en réalité d’origine bachkire, peuple turcique semi-nomade vivant entre la Volga et l’Oural : il était, ne serait-ce que culturellement, musulman. Quant à sa (re)conversion tardive à l’islam, elle est loin d’être étrangère à toute préoccupation révolutionnaire, bien qu’après sa mort imaginaire il se soit mis en retrait de l’arène politique. En effet, Lénine rédigea un dernier essai, qu’il tient sous son bras sur une photo prise à Bagdad en 1944 ; le manuscrit a disparu, mais son titre suffit à en dévoiler les grandes lignes : L’Islam comme dernier espoir de la révolution.

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Qu’est-ce que la lutte des races sociales ?

Intervention de Selim Nadi lors de la table ronde « Conditions noires et politique : de la nécessité de la violence », organisée à Sciences Po le 13 Avril 2017. Tout d’abord, je souhaiterais remercier l’Association Sciences Po pour l’Afrique d’avoir invité le Parti des Indigènes de la République (PIR) à participer à cette table ronde. Je … Lire la suiteQu’est-ce que la lutte des races sociales ?

Visages de l’islamophobie.

 Première partie. Un article de Ramón Grosfoguel,  traduit par Matchikh Issam et Thibaut Rouchon. Relecture Claude Rougier et Philippe Colin. Tout débat sur l’islamophobie contemporaine doit partir d’une réflexion sur la cartographie du pouvoir global tel qu’elle existe depuis 522 ans. Si nous comprenons le « système monde moderne » comme un système exclusivement organisé autour de … Lire la suiteVisages de l’islamophobie.

La Conquista de l’Amérique: salle des tortures de la modernité par Luis Martinez Andrade

« Il est important de souligner la distinction entre colonialisme et colonialité. Le colonialisme est un phénomène historique qui a lieu jusqu’au XVIe siècle. Le terme décrit le cas d’un peuple ou d’une nation qui conquiert un autre espace territorial.

Par colonialité, en revanche, nous entendons un schéma de domination qui est né en 1492, après la «découverte», mais qui a vraiment été imposé avec la conquête de l’Amérique latine. Ce schéma de domination est matériel, économique, mais aussi symbolique. Le pouvoir hispano-lusitain n’a pas seulement imposé la langue mais également sa vision du monde, chrétienne, dualiste, avec laquelle sont nés les mythes de la modernité. Selon ces mythes, les peuples indigènes étaient des peuples sans âmes, barbares, qui devaient être «sauvés» par un pouvoir européen pour devenir humains.

Ce schéma de colonialité n’a malheureusement pas été détruit avec les indépendances du XIXe siècle. Après les processus d’autonomisation politique, c’est un noyau créole qui s’est emparé de l’appareil d’État en laissant toujours de côté les populations indigènes et noires. Les indigènes n’étaient jamais perçus comme citoyens, et c’est resté comme une sorte d’atavisme dans l’imaginaire. C’est pour ça que l’on continue de parler de colonialité comme d’un phénomène qui va de pair avec la modernité et le capitalisme. »

Luís MARTÍNEZ ANDRADE (°1981, Puebla) est Mexicain. Docteur en sociologie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. En 2009, il a reçu le premier prix du concours international de l’essai  » Penser à contre-courant  » organisé par l’Institut Cubain du Livre et le Ministère de la Culture de Cuba. Ses recherches portent sur la relation entre l’écologie et la religion, la pensée latino-américaine, la Théorie critique et les mouvements sociaux.

Luis Martinez Andrade nous parlera de comment la civilisation européenne s’est positionnée comme référence, et le recadre dans un analyse sur différents points: capitalisme, colonialisme, et religion.

Luis Martinez Andrade retrace la constitution de la matrice coloniale dans laquelle l’Amérique Latine est insérée depuis la conquête européenne, puis propose de penser son dépassement par les luttes sociales appuyées par la théologie de la libération.

 

Dimanche 15 Janvier 2017 de 14h00 à 18h00

Le Space CC + Café (Art@Azira vzw / asbl)

Sleutelstraat 26 Rue de la clé

1000 Brussels

 

A propos du Génocide Mémorial Day.

Cet événement a débuté en Janvier 2010 avec la convergence de deux idées.

La première nécessité était de contrer l’idée que certains génocides sont plus exclusive que d’autres et donc digne d’une plus grande attention.
La deuxième nécessité est que ce ne serait pas seulement un souvenir théorique, mais commencer à identifier les pratiques génocidaires actuelles en vue de les arrêter.

La philosophie de ce projet rejette l’idée qu’il y a une hiérarchie des victimes en fonction de leur origine. Nous voulons tenir les gens responsables dans le cadre de GMD en mettant en évidence les personnes et les structures de pouvoir qui ont commis des génocides ou des actes de génocide et nous voulons rappeler les victimes de ces génocides et actes de génocide qui ont perdu leur vie.

L’initiative est britannique, mais il se déroule au même moment à Amsterdam, Londres, Paris et cette année à Bruxelles.
Cette journée est appelée à se pérenniser pour que reste vive la mémoire des crimes et génocides coloniaux, de la traite négrière et de l’esclavage et pour que ces crimes occultés et perpétrés par les « nations civilisées » soient pleinement reconnus et assumés par l’ensemble des peuples européens.

Il y a 50 ans mourait Abdelkrim El Khattabi, le Che Guevara maghrébin

Abdelkrim Khattabi

 

A la mémoire du grand leader maghrébin Abdelkrim El Khattabi, unificateur des luttes maghrébines et fondateur de la lutte anticoloniale au vingtième siècle, à l’occasion du cinquantenaire de sa mort au Caire le 6 février 1963.

 

Par Hamadi Aouina*

 

Le 6 février 1963, Abdelkrim El Khattabi, décède au Caire, dans un exil «choisi», après avoir vécu embastillé par la puissance coloniale française durant 20 années, de 1927 à 1947, à l’Ile de la Réunion.

 

Guevara sur les pas du guerrier rifain

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