Ihsane Haouach et les Frères musulmans.

Retour sur une paranoïa d’Etat (carte blanche)

La séquence politique et médiatique autour de la démission contrainte d’Ihsane Haouach de son poste de Commissaire du Gouvernement au CA de l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes, constitue le point d’orgue d’une violente campagne qui l’a visée depuis sa nomination six semaines auparavant.

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Justice and truth for Lamine Bangoura: Black and colored Belgians must know that they are not alone.

Lamine Bangoura was a 27 years old Belgian Black man of Guinean descent, a professional soccer player, living in Roelers, Flanders. On May 7, 2018, he was killed at his home, surrounded by a group of eight police officers.

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La négrophobie arabe (et le reste) comme impuissance indigène

Par Houria Bouteldja

« Des perdants. Mon optimisme ne renaitra que sur le socle de cette vérité ultime. Nous sommes des perdants. Ce sera mon point de départ sinon rien. »

C’est cette phrase, perdue quelque part dans mon livre, qui me revient quand, perplexe, je médite sur la surmédiatisation des insultes négrophobes proférées par un Maghrébin à Cergy et la puissante émotion qu’elle a provoquée. C’est cette même phrase qui avait traversé mon esprit au moment de l’affaire « Bouhlel », du nom de cet Algérien qui avait défrayé la chronique en avril dernier au Maroc et suscité un émoi national en insultant les Marocains.

Ce ne sont pas tant les formes de racismes intercommunautaires (certes non résolues mais reconnues et traitées par le mouvement décolonial) ou le mépris (qu’on peut aussi appeler racisme) des « blanchis » à l’égard de leurs « frères » restés dans le Sud qui m’intéressent ici, mais la parfaite similitude des deux situations et ce qu’elle dit de l’état de décomposition de la conscience politique des indigènes, tant du Sud que du Nord et du pourrissement idéologique généralisé. Je m’explique.

Les faits d’abord.

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STOP à la séquestration du corps de Lamine Bangoura

Une prise d’otage contre la dignité et la justice.

Par Comité Justice Pour Lamine Bangoura.

Lamine Bangoura a été tué par la police le 07 mai 2018. Trois ans plus tard, Lamine n’a toujours pas été enterré. Son corps est toujours détenu dans un frigo d’une entreprise de pompes funèbres située dans la commune de Molenbeek, à Bruxelles. Trois ans plus tard, sa famille n’a toujours pas pu effectuer son deuil.

Le sort réservé au corps de Lamine Bangoura n’est pas une suite malheureuse survenant inopinément à la suite de son meurtre. La séquestration du corps de Lamine témoigne de la déshumanisation du sujet noir jusque dans l’après-la-mort. Ce texte nous enjoint urgemment, toutes et tous, à revendiquer la libération du corps de Lamine. Pour rendre compte des responsabilités institutionnelles et privées dans cette prise d’otage post mortem, le texte retrace les différents actes ayant fait et continuant à faire entrave à cette libération ; actes constitutifs d’un recel institutionnel. Ce type d’actes a ses acteurs : des policiers à une entreprise bien connue de pompes funèbres de Molenbeek, en passant par des juges, magistrats et procureurs.

Ce texte est un cri et un appel à ce que cette injustice inique cesse !

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Un féminisme musulman 2.0 : “We ALL can do it!”

Par Malika Hamidi

Ces dernières années, un intérêt croissant ne cesse de se manifester autour d’un thème incontestablement politique en Belgique : la politisation du corps des femmes musulmanes à travers la visibilité du foulard dit « islamique » dans l’espace public, et souvent considéré comme un affront voire une menace pour les valeurs occidentales.
Depuis plus de 20 ans, les discussions toujours recommencées et non abouties sur la « politisation du voile » [1] émanent d’une longue histoire dans la politique européenne. Le corps des femmes relève d’un champ de bataille en temps de crise, notamment dans le contexte actuel marqué par la prééminence du fait ethnique et religieux.

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La politique migratoire européenne et le régime marocain sont tous les deux responsables du drame de Ceuta

25 mai 2021 par le Secrétariat international partagé (CADTM Belgique & ATTAC CADTM Maroc) du CADTM INTERNATIONAL

(CC – Flickr – webbetravel)

Depuis le lundi 17 mai, plus de 8000 personnes migrantes ont franchi la frontière qui sépare le Maroc de l’enclave espagnole de Ceuta et près de la moitié ont déjà été refoulée dans le chaos. Sur fond de crise diplomatique, cette nouvelle tragédie est le symbole de la violence d’un système de dépendances néocoloniales imposé par les puissances européennes avec la connivence de ceux qui gouvernent au Maroc.

  Sommaire
  • Répression militaire contre une jeunesse instrumentalisée
  • Les faux semblant des politiques européennes : l’externalisation de l’asile et l’immigration à (…)
  • Une pression migratoire aggravée par une crise économique et sociale
  • Alternatives proposées par le CADTM

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Au cœur de l’impunité : les techniques policières d’interpellation

Texte publié dans le cadre du groupe de travail mandaté par les Bruxelles Panthères autour des violences policières.[1] 

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unies vient une nouvelle fois, le vendredi 30 avril 2021 dernier, de rappeler sa “préoccupation” face aux crimes et violences policières racistes en Belgique : “le comité se dit préoccupé par les allégations de décès en détention ou à la suite d’une intervention policière ainsi que de mauvais traitements infligés à des personnes issues de minorités ethniques, des migrants ou des demandeurs d’asile (…) Le comité  s’étonne enfin de l’absence de condamnation pour des faits de racisme à charge de policiers ».

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La Palestine compte sur nous, montrons-lui qu’elle compte pour nous

Depuis deux semaines environ, des évènements douloureux se déroulent en Palestine ou plutôt s’ajoutent à cette longue tragédie coloniale. D’une part, les Palestiniens subissent les attaques répétées des colons en armes dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-est, d’autre part, depuis quelques jours aux alentours de l’esplanade des mosquées, ces mêmes Palestiniens subissent les exactions de la soldatesque israélienne qui tente de limiter leur accès aux lieux saints à l’occasion des derniers jours du Ramadan. Tout d’abord, dans le quartier de Cheikh Jarrah en périphérie de Jérusalem où quatre familles palestiniennes sont menacées purement et simplement d’expulsion de leurs maisons dans lesquelles elles vivent depuis 1956. En fait, à l’origine, vingt-huit puis par la suite soixante-dix familles de réfugiés palestiniens chassés de leurs terres lors de la Nakba de 1948 avaient trouvé refuge dans ce quartier à partir de 1956, du temps où la Jordanie administrait ce territoire. De plus, les terrains sur lesquels elles ont bâti leurs maisons leur avaient été octroyés par le gouvernement jordanien avec l’aide de l’UNRWWA. Après que les Israéliens ont envahi Jérusalem-est (la vieille ville arabe) à l’occasion de la guerre de juin 67, des colons ont miraculeusement trouvé des titres de propriété attestant que ces terrains leur appartenaient. L’affaire en était restée là jusqu’à ces derniers jours, fin d’un très long marathon judiciaire. En effet, demain la cour suprême de justice israélienne devait rendre son verdict définitif concernant ces quatre familles en litige depuis les années 70. On retient son souffle.

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