Vidéo de la Rencontre avec le journaliste Michel Bouffioux,
APPEL AU RASSEMBLEMENT JUSTICE POUR MOAD
Ce vendredi 4 mai aura lieu à la séance du matin le procès en appel du policier condamné le 19 décembre 2016 pour les violences commises sur Moad en 2013.
Le flic condamné a fait appel de la décision du juge.
Ce n’est pas fini pour Moad et sa famille, soyons donc nombreux à continuer à les soutenir!
Rappel des faits:
Politique des parias. Sur la racialisation de la classe ouvrière anglaise
Depuis l’étude magistrale d’E.P. Thompson sur la formation de la classe ouvrière anglaise, on ne peut plus faire une histoire marxiste du prolétariat sans comprendre les étapes qui l’ont mené à sa propre formation culturelle, politique, communautaire. La racialisation de la classe ouvrière est longtemps restée l’un des points aveugles d’une telle approche – un aspect pourtant essentiel de la « formation de classe ». Dans son livre sur le racisme, les classes et les « parias racialisés », Satnam Virdee tente de combler cette lacune en reconstruisant le fil perdu de la race et de l’antiracisme dans la formation des classes ouvrières. Il s’avère que, de l’antisémitisme d’hier à l’islamophobie d’aujourd’hui, les parias racialisés au sein du prolétariat sont appelés à jouer un rôle déterminant dans la mise au jour et la lutte contre le racisme inscrit au sein du mouvement ouvrier.
Bandung du Nord : vers une Internationale décoloniale. Entretien avec Sandew Hira
Sandew Hira est le coordinateur du réseau décolonial international (DIN) et le directeur de l’International Institute for Scientific Research (IISR) de La Haye (Pays-Bas). L’IISR est une organisation membre du DIN, qui s’attache à mener des recherches autour de la décolonisation de l’esprit. Sandew Hira dirige avec Stephen Small et Arzu Merali une collection de livres chez Amrit Publishers : « Decolonizing the Mind ».
Dans son dernier discours, Malcolm X évoque l’esprit de Bandung.
Ce discours a été prononcé par Malcolm X, à l’église Méthodiste de Corn Hill Rochester à New York, le 16 février 1965. Malcolm X / El-Hajj Malek El-Shabazz fut assassiné dans la quartier de Harlem le 21 février 1965, cinq jours plus tard.
1955-2018 : D’un Bandung à l’autre l’urgence de faire front.
Avec Angela Davis, Aminata Traoré, Fred Hampton Jr, Mountadhar Al Zaidi et Elie Domota, sous le parrainage de Mumia Abu Jamal et Léonard Peltier, une conférence internationale, dite Bandung du Nord, accueillera des délégations d’activistes issus des immigrations postcoloniales de tous les pays occidentaux, du 4 au 6 mai, à la Bourse du Travail de Saint-Denis.
1955. En présence de Nasser, Soekarno, Zhu Enlai, Nehru, N’Krumah…, 29 pays d’Afrique et d’Asie tiennent la première conférence internationale des pays nouvellement décolonisés. Auto-baptisé « non-aligné », « ce tiers-monde ignoré, exploité, méprisé » veut peser dans les affaires du monde. Au-delà du bilan contestable et contesté de leur évolution, ces pays ont inauguré, dans l’après-guerre, un moment fondateur : celui d’un Sud qui s’organise contre le colonialisme, pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes contre l’impérialisme, en dehors de l’affrontement bloc contre bloc (Etats-Unis/Urss) qui domine cette période.
Lusinga boycotté par les médias
Par Olivier Mukuna
Lusinga Iwa Ng’ombe. Si le nom de ce chef régional congolais revient dans l’actualité, 134 ans après son assassinat par le colon belge Emile Storms, c’est grâce au méticuleux travail d’enquête du journaliste (1). Artisan de ce journalisme utile et citoyen, mon confrère a exhumé l’un des épisodes criminels de « ce passé qui ne passe pas ». De cette mémoire coloniale à trous béants qui, au 21ème siècle, souffre toujours d’un manque de construction décoloniale.
Dans cette enquête, on apprend d’abord que le crâne du Roi Lusinga est conservé à l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB) ; que la direction de l’IRSNB se dit prête à restituer ces restes humains aux descendants du chef congolais assassiné ; qu’enfin Emile Storms, plutôt qu’un militaire belge à glorifier, était surtout un prédateur sanguinaire, un criminel de guerre, un boucher-collectionneur de têtes coupées de chefs congolais insoumis. Jusqu’à ramener 3 crânes royaux à son domicile de la chaussée d’Ixelles, artère entourant ce qui deviendra plus tard Matonge, le célèbre quartier africain de Bruxelles…
L’Algérie face aux tortionnaires français par Frantz Fanon
Texte de Frantz Fanon publié dans El Moudjahid, N° 10, septembre 1957
La Révolution algérienne, par l’inspiration profondément humaine qui l’anime et son culte passionné de la liberté, procède depuis trois ans à la destruction méthodique d’un certain nombre de mystifications.
Certes, la Révolution algérienne restitue ses droits à l’existence nationale. Certes, elle témoigne de la volonté du peuple. Mais l’intérêt et la valeur de notre Révolution résident dans le message dont elle est porteuse.
Les pratiques authentiquement monstrueuses qui sont apparues depuis le 1er novembre 1954 étonnent surtout par leur généralisation… En réalité, l’attitude des troupes françaises en Algérie se situe dans une structure de domination policière, de racisme systématique, de déshumanisation poursuivie de façon rationnelle. La torture est inhérente à l’ensemble colonialiste.
La Révolution algérienne, en se proposant la libération du territoire national, vise, et la mort de cet ensemble, et l’élaboration d’une société nouvelle. L’indépendance de l’Algérie n’est pas seulement fin du colonialisme mais disparition, dans cette partie du monde, d’un germe de gangrène et d’une source d’épidémie.
La libération du territoire national algérien est une défaite pour le racisme et l’exploitation de l’homme ; elle inaugure le règne inconditionnel de la Justice.
Macron, le négrophobe assumé
Olivier Mukuna·mardi 17 avril 2018
Beaucoup de choses à analyser et commenter suite à l’entretien, entre le général Macron et le duo Bourdin (BFMTV) – Plenel (Mediapart), qui a eu lieu ce 15 avril à Paris. Tellement de choses, sur chacun des thèmes abordés (1), que cela mériterait différents articles (si les journées n’avaient pas que 24 heures et que ces prods aux accents insolents avaient la moindre chance d’être rémunérées)…
Sur le fond journalistique, reconnaissons que le pari est réussi : ce fût l’entretien présidentiel le plus offensif depuis la naissance du genre sous l’ORTF de Charles de Gaulle. Exploit qui ne rajeunira personne mais délivre un bon point à l’actuel monarque quadragénaire, sélectionneur des 2 intervieweurs sexagénaires, reconnus pour ne pas passer les plats ou cirer les pompes des pouvoirs institués. Profil qui ne court pas les plateaux de radios-télés. Bref, complètement éclipsé le somnifère Pastis-Pernaut diffusé le 12 avril dernier sur TF1 !
Sur le fond sociopolitique, contrairement au duo 100% masculin et blanc comme aux «décryptages» des éditocrates masculins et féminines 100% blancs, plaçons le projecteur là où personne ne l’a mis. Soit sur cet extrait précis du discours d’Emmanuel Macron :