Une histoire en images de la solidarité entre noirs et Palestiniens

Depuis les années 1960, noirs et Palestiniens ont fait cause commune en s’opposant à l’impérialisme et au racisme.

Salam Awad, 18 octobre 2021

La solidarité entre noirs et Palestiniens était une composante remarquable du mouvement Black Lives Matter (BLM) apparu en 2014. L’intersection de l’activisme noir et de l’activisme palestinien n’est pas un phénomène nouveau, bien sûr, mais plutôt la réapparition d’une alliance historique enracinée dans le combat mondial contre le racisme et l’impérialisme.

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COP26 : l’anti-impérialisme, grand absent de la lutte écologiste

Hier, s’est déroulée à Glasgow l’ouverture de la COP26, évènement organisé par les Nations-Unis dans lequel 197 nations vont discuter et négocier, durant une semaine et demi, des mesures à prendre pour enrayer la catastrophe climatique que nous devons d’ores-et-déjà affronter. Le rendez-vous est annuel, mais celui-ci est particulièrement important, voire crucial, puisqu’un bilan sur les « progrès » réalisés depuis la signature de l’accord de Paris en 2015 est attendu. Ce dernier avait fixé pour objectif d’éviter un réchauffement climatique à 2° voire même descendre à 1,5°C par rapport aux températures préindustrielles.  

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Le « Onze de l’indépendance » ou la katiba sportive du FLN

Au printemps 58, la contre-guérilla menée par l’armée française contre les insurgés algériens cause d’importantes pertes au sein du Front de Libération Nationale (FLN), l’organisation politico-militaire qui lutte pour l’indépendance de l’Algérie. La libération du pays est alors plus qu’incertaine d’autant que le mouvement est traversé par un conflit interne sanglant

Encore marquée par les exactions des troupes parachutistes lors de la Bataille d’Alger, de janvier à octobre 57, les premiers mois de l’année 58 sont durs pour la branche armée du FLN dont plusieurs katibas ont aussi été vaincues aux abords des frontières. Les assassinats et disparitions se multiplient, sans parler du recours systématique à la torture contre les personnes arrêtées. La Question du journaliste et militant communiste Henri Alleg, justement écrit pour témoigner de la torture, est immédiatement censuré à sa sortie. Dans la même période, en métropole comme en Algérie, la rivalité pour le leadership de la lutte indépendantiste se solde par de nombreux règlements de compte meurtriers entre le FLN et le Mouvement National Algérien (MNA) de Messali Hadj. Le FLN qui, suite au Congrès de la Soummam en août 1956, s’est doté de structures étudiantes et ouvrières à sa botte, viendra à bout des messalistes et imposera sa ligne.

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Le dévoilement des femmes comme obsession coloniale française. Relire Fanon

La mise en scène du dévoilement d’une femme musulmane sous les encouragements du symptomatique Éric Zemmour a sans surprise « fait le buzz » : elle a amplement circulé et elle a mobilisé les passions collectives. Si elle apparaît comme un remake des cérémonies de dévoilement des femmes à Alger en mai 1958, l’obscénité s’en trouve décuplée par le rapport pornographique aux images caractéristique de notre époque[1]. Voir et revoir, donner à voir, jusqu’à épuiser l’excitation.

De toute évidence, et il n’a pas fallu attendre l’orchestration de CNews dans les rues de Drancy pour s’en convaincre, le « foulard » continue d’agir comme signifiant – un signifiant spécifiquement français – dont le sens et la fonction sont à trouver dans l’histoire coloniale du pays. C’est la raison pour laquelle nous choisissons de mettre à disposition un court extrait de l’ouvrage de Frantz Fanon rédigé en 1959, L’an V de la Révolution algérienne (Éditions La Découverte, rééd. 2011). 

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Rencontre autour des violences racistes et d’Etat au Mexique et en Belgique

A l’occasion de la venue en Belgique de la délégation des zapatistes de l’EZLN (Armée Zapatiste de Libération Nationale) et du CNI (Congrès Nationale Indigène).

Dans le cadre de sa participation au réseau d’accueil des zapatistes (RAZB), Bruxelles Panthères organise une rencontre avec une délégation zapatiste venue du Chiapas insurgé, dans le sud du Mexique

 Vendredi  29 octobre 2021

Accueil dès 18h30.
Début à 19:00 – 22:00
 Occupation KBC, Avenue du Port 12, 1080 Molenbeek

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Crimes d’État – Police – Prison – Tribunaux : vers l’abolition du système pénal ?

Qui le système pénal protège-t-il ? Et de qui ? Qui appelle la police ? Qui en a peur ? Qui va en prison ? Qui n’y va pas ? Et qui sont ceux que l’on désigne volontiers comme criminels, et comme victimes ? Ces questions, tristement rhétoriques, méritent qu’on s’y attarde pour aller au-delà du constat. Car si les luttes des populations issues de l’immigration et des quartiers populaires se sont principalement menées contre les violences policières ces dernières années, peut-on vraiment espérer affaiblir le bras armé, sans s’attaquer au cerveau qui l’agite ?

Loin d’être nouvelles, c’est à nos propres héritages politiques que les réflexions autour de l’abolitionnisme pénal font écho. De fait, l’idée  de mettre fin aux violences d’État n’a pas été l’apanage de ceux qui l’ont théorisé à partir des années 70 : des militants anti-esclavagistes noirs aux luttes de libération africaines-américaines en passant par les luttes pour l’abolition du système colonial, c’est à un retour aux sources que ces questions invitent à penser. Car si l’ambition d’une société sans police, ni prison, ni système pénal peut paraitre un peu utopique, voire dangereuse, celle de subir la violence d’un système tout entier dirigé contre nos existences, est-elle plus acceptable ?

Entretien avec Gwenola Ricordeau, militante abolitionniste et professeure associée en justice criminelle à l’université d’État de Californie, Chico, auteure de Pour elles toutes. Femmes contre la prison (2019, Lux) et qui vient de publier Crimes et Peines : penser l’abolitionnisme du système pénal aux éditions Grévis.

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Médecine et race sous l’Empire français

À propos de : Delphine Peiretti-Courtis, Corps noirs et médecins blancs : La fabrique du préjugé racial, XIXeXXe siècles, La Découverte

par Élodie Edwards-Grossi , le 16 septembre
S’appuyant sur les traités de naturalistes et de médecins, ainsi que sur des rapports de missions coloniales, l’historienne Delphine Peiretti-Courtis étudie la manière dont l’autorité médicale a infériorisé et déshumanisé les corps racisés dans l’Empire français à partir du XIXe siècle.

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L’art colonisateur

PeoPL - LAURA NSENGIYUMVA

A propos de : Anne Lafont, L’art et la race. L’Africain (tout) contre l’œil des Lumières, Les presses du réel

par Guillaume Mazeau , le 31 juillet 2020
Dans un essai de grande ampleur sur la construction de la race dans les arts des Lumières, Anne Lafont traque de manière passionnante la responsabilité des images dans la naturalisation de la différence raciale et la justification de la colonisation.

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Une histoire politique du ring noir

PRÉSENTATION

Aux États-Unis, le ring a toujours été un terrain de mise en scène de la domination raciale et de sa contestation. Tel est le point de départ d’un récit sensible et incarné, faisant revivre la trajectoire de quelques-uns des plus grands boxeurs noirs de l’histoire américaine. De la période esclavagiste au mouvement des droits civiques des années 1960, en passant par les deux guerres mondiales, la figure du boxeur noir n’a cessé de cristalliser les espoirs de la population afro-américaine mais aussi la haine et le désir de vengeance du pouvoir et de ses alliés.
On croisera dans les pages de ce livre de nombreux boxeurs, dont Tom Molineaux, ancien esclave qui devint célèbre lorsque ses victoires portèrent atteinte au prestige racial blanc ; Peter Jackson, victime, comme tant d’autres boxeurs noirs, de la barrière de couleur qui le priva de la consécration suprême sur le ring ; Jack
Johnson, premier champion du monde noir des poids lourds en 1908, ou encore Muhammad Ali, « le plus grand ».
Dans Histoire politique du ring noir, sport et politique, racisme et histoire des États-Unis s’entremêlent et dessinent des figures comme autant de coups portés, reçus et esquivés.

 

En proposant d’aborder l’histoire de la domination raciale aux États-Unis depuis le ring Chafik Sayari ne pouvait être plus… percutant ! Essai absolument passionnant.

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TRIBUNE : Qui a intérêt à laisser croire que les antiracistes sont antisémites ?

La persistance de l’antisémitisme en France renforcée ces dernières années par un climat social et politique délétère où le racisme est employé par l’État comme un outil de division, se traduit par la banalisation des discours racistes islamophobes d’abord, mais aussi antisémites tenus notamment par des membres du gouvernement : réhabilitation de Maurras, voire de Pétain, affirmation que les rayons hallal et cacher des supermarchés sont contraire à « l’esprit républicain » par un ministre ancien membre de l’action Française qui décrit les juifs ainsi et sans aucune réserve dans un livre intitulé « Le séparatisme islamiste » : « Napoléon [….] s’intéressa à régler les difficultés touchant à la présence de dizaine de milliers de Juifs en France. Certains d’entre eux pratiquaient l’usure et faisaient naître troubles et réclamations. »

Des années de discours islamophobes ont fini par libérer la parole raciste, dans toutes ses dimensions, et logiquement permettent de retourner la parole célèbre de Fanon : « Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous ».

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