100 ans de Malcolm X : après une émission diffusée sur Hors-Série en mai 2025, une incursion dans le cinéma s’imposait. Si le biopic classieux de Spike Lee continue de faire autorité, il ne représente pas l’alpha et l’oméga en la matière : ses travers postmodernes et sa servilité au canon hollywoodien limitent sa portée politique, laquelle semble pourtant ne pas faire débat depuis la sortie du film en 1992 – comme si sa seule existence suffisait. Qu’elles soient des rêves oubliés ou des hits de la culture populaire, les œuvres qui ont Malcolm en vue s’inscrivent dans une grande séquence de « reconstruction posthume de son image »… Qu’a fait le cinéma de cette image ? C’est ce que cet article entreprend d’explorer.
L’INTERVIEW DE JAMES BALDWIN SUR HUEY NEWTON (1969)
Baldwin se sentait à l’aise avec Huey Newton: « Il est de la vieille école… en ce qu’il traite tout le monde avec respect, en particulier ses aînés. » Lui et Baldwin se sont promis de rester en contact après la réunion à Connie. Et même après l’arrestation de Newton quelques jours plus tard et son l’incarcération qui suivra, Baldwin respectera sa parole, planifiant des visites de Newton en prison, et correspondant avec lui là-bas.
Plus tard, quand Newton sera finalement libéré, l’écrivain, vivait alors dans la Bay Area, se rendra à de nombreuses reprises à l’École Huey Newton à Oakland et travaillera avec lui, Angela Davis et d’autres militants sur divers projets locaux.
Les deux hommes ont également développé une véritable amitié et apprécié le temps passé ensemble; il y eut des déjeuners et des dîners chez Huey et à des endroits comme la Soul Food Kitchen d’Oakland. Souvent, ils étaient rejoints par des amis communs – notamment Reggie Major et les écrivains Cecil Brown et David Henderson. S’il avait vécu pour le voir, Baldwin aurait été fortement ébranlé par l’assassinat de Huey comme il l’a été par ceux de Medgar Evers Malcolm X et Martin Luther King, Jr.
La négrophobie arabe et la question du pouvoir
De nombreux activistes ou membres d’ONG connaissaient de longue date l’existence d’un trafic d’esclaves subsahariens dans la Libye actuelle. Ce qui a changé avec la diffusion d’un reportage par CNN le 13 novembre 2017, c’est que personne n’a plus la possibilité de faire semblant de l’ignorer. L’éthique commande de prendre en compte cette situation et de tenter d’en comprendre les ressorts, en évitant les facilités de l’antiracisme moral. Pour ce faire, il importe de prêter attention à deux niveaux. Premièrement, rappeler que ce qui répond aujourd’hui au nom de « Libye » n’est plus un État. Depuis l’intervention impérialiste que l’on sait, elle a perdu toute souveraineté ; elle est devenu un pays fantomatique ou zombie, incapable d’assurer le monopole de la violence légitime sur son propre territoire. Pire, elle s’est muée en un vulgaire prestataire de service pour l’Union Européenne. En février 2017, à la faveur du Plan d’action de la Valette, 200 millions d’euros sont débloqués en vue de financer le contrôle de ses frontières. En juillet s’y ajoutent 43 millions de plus. Aux yeux des institutions européennes, peu importe que la Libye soit un État, une nation. Elle doit être une frontière, et la plus infranchissable possible. Que leur importe si, au-delà, règnent l’esclavage, le meurtre, le viol, la destruction et l’abaissement de tout ce qui fonde l’humain. L’histoire récente du continent Africain et du Moyen-Orient nous le rappellent inlassablement : la dissolution des États laisse souvent le champ libre à la résurgence de formes débridées et sidérantes de violence sociale ou politique. L’esclavagisme en est une des déclinaisons.
Baldwin, le Noir et la Palestine
Baldwin, le Noir et la Palestine
La fin de l’innocence impériale
Préface de la version anglaise du livre d’Houria Bouteldja, « Whites, Jews and Us – Toward a politics of revolutionary love » (« Les Blancs, les Juifs et Nous-Vers une politique de l’amour révolutionnaire »).
Editions Semiotext(e).
Ce livre est un acte courageux et controversé d’amour révolutionnaire. Le défi audacieux et critique qu’Houria Bouteldja nous lance à tous, et particulièrement à ceux et celles qui prétendent être à gauche ou progressiste, s’appuie sur le riche héritage des Malcolm X, Jean Genet, Aimé Césaire, Audre Lorde, James Baldwin, Frantz Fanon et Chela Sandoval.
Féministes ou pas ? Penser la possibilité d’un « féminisme décolonial » avec James Baldwin et Audre Lorde
Féministes ou pas ? Penser la possibilité d’un « féminisme décolonial » avec James Baldwin et Audre Lorde Publié le 14 septembre 2014 par Houria Bouteldja Tout d’abord, merci au département d’études ethniques et à Townsend Center for the Humanities pour cette invitation et surtout pour la confiance qu’ils m’accordent depuis maintenant quatre ans. Cela … Lire la suite
UN ENTRETIEN AVEC JAMES BALDWIN
La France terre d’asile ! Pendant la dernière campagne électorale, la droite inquiète n’a pas hésité à « lâcher les chiens ». L’intolérance, l’écrivain noir américain James Baldwin, qui a passé son enfance à Harlem et vit aujourd’hui dans le Sud de la France, en a fait le thème obsédant de ses livres : de « Native Son » à « Si Beale Street pouvait parler », qui ressort chez Stock. Il a répondu aux questions d’Hervé Prudon.

