Interview : Françoise Vergès, « Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme »

L’historienne réunionnaise Françoise Vergès publie « Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme », un essai passionnant sur la gestion politique de la natalité dans les Outre-mer et ses conséquences dans les années 60 et 70, à partir du cas emblématique de La Réunion. Ce nouvel essai de l’auteure retrace une page souvent occultée de l’histoire de … Lire la suiteInterview : Françoise Vergès, « Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme »

Visages de l’islamophobie.

 Première partie. Un article de Ramón Grosfoguel,  traduit par Matchikh Issam et Thibaut Rouchon. Relecture Claude Rougier et Philippe Colin. Tout débat sur l’islamophobie contemporaine doit partir d’une réflexion sur la cartographie du pouvoir global tel qu’elle existe depuis 522 ans. Si nous comprenons le « système monde moderne » comme un système exclusivement organisé autour de … Lire la suiteVisages de l’islamophobie.

Que tremble la terre jusque dans ses entrailles

Que tremble la terre jusque dans ses entrailles1 Aux peuples du monde Aux médias libres A la Sexta Nationale et Internationale Convoqués pour la commémoration du 20e anniversaire du Congrès National Indigène et de la vive résistance des peuples, nations et tribus originaires de ce pays le Mexique, et qui parlentamuzgo, binni-zaá, chinanteco, chol, chontal … Lire la suiteQue tremble la terre jusque dans ses entrailles

La Conquista de l’Amérique: salle des tortures de la modernité par Luis Martinez Andrade

« Il est important de souligner la distinction entre colonialisme et colonialité. Le colonialisme est un phénomène historique qui a lieu jusqu’au XVIe siècle. Le terme décrit le cas d’un peuple ou d’une nation qui conquiert un autre espace territorial.

Par colonialité, en revanche, nous entendons un schéma de domination qui est né en 1492, après la «découverte», mais qui a vraiment été imposé avec la conquête de l’Amérique latine. Ce schéma de domination est matériel, économique, mais aussi symbolique. Le pouvoir hispano-lusitain n’a pas seulement imposé la langue mais également sa vision du monde, chrétienne, dualiste, avec laquelle sont nés les mythes de la modernité. Selon ces mythes, les peuples indigènes étaient des peuples sans âmes, barbares, qui devaient être «sauvés» par un pouvoir européen pour devenir humains.

Ce schéma de colonialité n’a malheureusement pas été détruit avec les indépendances du XIXe siècle. Après les processus d’autonomisation politique, c’est un noyau créole qui s’est emparé de l’appareil d’État en laissant toujours de côté les populations indigènes et noires. Les indigènes n’étaient jamais perçus comme citoyens, et c’est resté comme une sorte d’atavisme dans l’imaginaire. C’est pour ça que l’on continue de parler de colonialité comme d’un phénomène qui va de pair avec la modernité et le capitalisme. »

Luís MARTÍNEZ ANDRADE (°1981, Puebla) est Mexicain. Docteur en sociologie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. En 2009, il a reçu le premier prix du concours international de l’essai  » Penser à contre-courant  » organisé par l’Institut Cubain du Livre et le Ministère de la Culture de Cuba. Ses recherches portent sur la relation entre l’écologie et la religion, la pensée latino-américaine, la Théorie critique et les mouvements sociaux.

Luis Martinez Andrade nous parlera de comment la civilisation européenne s’est positionnée comme référence, et le recadre dans un analyse sur différents points: capitalisme, colonialisme, et religion.

Luis Martinez Andrade retrace la constitution de la matrice coloniale dans laquelle l’Amérique Latine est insérée depuis la conquête européenne, puis propose de penser son dépassement par les luttes sociales appuyées par la théologie de la libération.

 

Dimanche 15 Janvier 2017 de 14h00 à 18h00

Le Space CC + Café (Art@Azira vzw / asbl)

Sleutelstraat 26 Rue de la clé

1000 Brussels

 

A propos du Génocide Mémorial Day.

Cet événement a débuté en Janvier 2010 avec la convergence de deux idées.

La première nécessité était de contrer l’idée que certains génocides sont plus exclusive que d’autres et donc digne d’une plus grande attention.
La deuxième nécessité est que ce ne serait pas seulement un souvenir théorique, mais commencer à identifier les pratiques génocidaires actuelles en vue de les arrêter.

La philosophie de ce projet rejette l’idée qu’il y a une hiérarchie des victimes en fonction de leur origine. Nous voulons tenir les gens responsables dans le cadre de GMD en mettant en évidence les personnes et les structures de pouvoir qui ont commis des génocides ou des actes de génocide et nous voulons rappeler les victimes de ces génocides et actes de génocide qui ont perdu leur vie.

L’initiative est britannique, mais il se déroule au même moment à Amsterdam, Londres, Paris et cette année à Bruxelles.
Cette journée est appelée à se pérenniser pour que reste vive la mémoire des crimes et génocides coloniaux, de la traite négrière et de l’esclavage et pour que ces crimes occultés et perpétrés par les « nations civilisées » soient pleinement reconnus et assumés par l’ensemble des peuples européens.

la Ligue contre l’Impérialisme et le Comintern à Bruxelles

Willi Münzenberg, la Ligue contre l’Impérialisme et le Comintern : entretien avec Fredrik Petersson Fredrik Petersson L’anti-impérialisme a une histoire largement refoulée, sinon occultée, au sein des pensées critiques et d’une partie de la gauche radicale. On retient volontiers les luttes de décolonisation d’après-guerre. Mais on oublie trop souvent que le mouvement communiste international s’est … Lire la suitela Ligue contre l’Impérialisme et le Comintern à Bruxelles

La Tricontinentale

Préface de Saïd Bouamama  à son ouvrage : La Tricontinentale Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse et du CETIM En janvier 1966, se tenait, à La Havane, la conférence de solidarité des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, plus connue sous le nom de « tricontinentale ». Près de 500 délégués y participent, représentant une centaine de délégations … Lire la suiteLa Tricontinentale

Lettre de Mujica à Fidel

Lettre de Mujica à Fidel Publié le 28 Novembre 2016 Cher Fidel : On m’a avisé récemment, la nouvelle a été dévastatrice. Je n’arrête pas de t’imaginer toi, étendu dans le simple lit en bois qui est devenu ton dernier refuge. Et je suis ici, assis à l’entrée de la ferme en pensant à ce … Lire la suiteLettre de Mujica à Fidel

Fidel, la transmission essentielle

  Fidel Castro et Malcolm X à Harlem en 1960. Leur seule et unique rencontre… Fidel, la transmission essentielle Olivier Mukuna Lundi 28 novembre 2016 J’avais 20 ans. Je vivais à Cuba depuis trois semaines. Parti en brigade européenne, avec mon ami, Alessandro, et son père, Giovanni. 3 semaines de bénévolat et 2 semaines de … Lire la suiteFidel, la transmission essentielle

Équateur: de la Théologie de la Libération au modèle du « Bien Vivre »

Proche collaborateur de Monseigneur Proaño,  l’un des évêques fondateurs de la Théologie de la Libération en Amérique Latine, le Père Pedro Pierre est à la fois un acteur engagé et un témoin de l’émergence des organisations indiennes sur la scène politique équatorienne. Il décrypte avec acuité l’histoire récente de l’Equateur et la politique de la … Lire la suiteÉquateur: de la Théologie de la Libération au modèle du « Bien Vivre »

Du colonialisme français à la Troïka, une longue histoire de luttes

Du colonialisme français à la Troïka, une longue histoire de luttes Alex Anfruns Militant internationaliste et éditeur engagé, Nils Andersson met en lumière dans cette interview les méfaits du néo-colonialisme et offre des pistes d’action pour le développement de la solidarité envers les peuples du Sud. En 1967, vous étiez éditeur et vous avez été … Lire la suiteDu colonialisme français à la Troïka, une longue histoire de luttes