Commémoration des anciens combattants de la Force Publique du Congo.

2019 marque les 70 ans du début de la deuxième guerre mondiale mais également les 100 ans du Traité de Versailles.
Bakushinta et ses différents partenaires vous convient le lundi 11 novembre à la Cérémonie d’hommage aux anciens combattants de la Force Publique du Congo qui se tiendra de 14h à 16h sur le Square Riga

Adresse
Croisement Avenue Huart Hamoir et Eugène Demolder.
Tram 55, arrêt Helmet ; tram 93, arrêt Gare de Schaerbeek

Contact
bakushinta@gmail.com

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Procès DON’T SHOOT: La justice confirme le droit de diffuser des images non floutées de la police

Le tribunal de première instance de Bruxelles donne raison aux organisateurs de l’exposition « DON’T SHOOT » en reconnaissant le droit de publier des photos non floutées de la police dans l’exercice de ses fonctions dans l’espace public. Une victoire pour le droit d’informer et la liberté d’expression, piliers de toute société démocratique.

Pour rappel, en novembre 2018, la Ligue des droits humains, ZinTV, le Collectif Krasnyi et Frédéric Moreau de Bellaing organisaient la première édition de « DON’T SHOOT », une exposition collective, à visée tant artistique qu’éducative. Les images décrivent des interventions policières menées dans l’espace public à l’encontre de migrant·e·s, de mouvements sociaux et de citoyen·ne·s organisé·e·s, dans l’objectif d’illustrer et de mettre en débat les atteintes aux libertés de manifestation et d’expression dont sont victimes certains mouvements sociaux, activistes et journalistes.

Le 3 octobre 2019, les organisateurs de l’exposition ont été assignés en justice par la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles et quatre de ses membres. Les policiers considéraient que leur droit à la vie privée et à l’image avaient été violés, ainsi que leur droit à l’honneur et à la réputation, parce qu’ils apparaissent reconnaissables sur des photos qui les montrent dans l’exercice de leurs fonctions.

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La dignité ou la mort : Un livre qui dessine les limites de la notion de dignité

Norman Ajari, auteur de « La Dignité ou la Mort – Éthique et politique de la race », est l’invité de Paris direct. Docteur en philosophie, il enseigne à l’université Toulouse Jean-Jaurès et aux États-Unis. Pourquoi s’est-il intéressé à la notion de dignité ? Existe-t-il un racisme d’État en France ? Qu’est-ce que le blackface ? Explications.

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Racisme et culture : les caricatures antisémites du carnaval d’Alost

Un éventuel retrait de l’accréditation UNESCO du carnaval d’Alost sera examiné par le Comité du patrimoine immatériel qui se réunit du 3 au 14 décembre en Colombie. Il reviendra aux 24 membres du Comité intergouvernemental, organe souverain en la matière, d’examiner le cas du carnaval d’Alost dans le contexte du suivi des éléments inscrits, ce qui inclut la possibilité de retirer des éléments des listes de la Convention. Dans sa réponse à la lettre rédigée par les Bruxelles Panthères, le sous-directeur général pour la culture de l’UNESCO, Ernesto Ottone R., rappelle que tant le Carnaval d’Alost que la Ducasse de Ath doivent se conformer aux principes fondamentaux de la Convention de 2003 et en particulier à son article 2, selon lequel « seul sera pris en considération le patrimoine culturel immatériel conforme aux instruments internationaux existants relatifs aux droits de l’homme, ainsi qu’à l’exigence du respect mutuel entre communautés, groupes et individus ». C’est d’ailleurs au nom de cette exigence qu’en mars 2019 les États membres réunis lors du Bureau du Comité du patrimoine immatériel ont condamné « toutes les formes de racisme, d’antisémitisme, d’islamophobie et de xénophobie » et ont inscrit l’examen du « carnaval d’Alost » à l’ordre du jour provisoire de la quatorzième session du Comité du patrimoine immatériel. Donc ce que dit le sous-directeur général pour la culture, au nom de la Directrice-générale de l’UNESCO, c’est qu’en mars 2019 se sont les signalements des caricatures antisémites du carnaval d’Alost qui ont contraint les Etats membres à affirmer une condamnation forte de toutes les formes de racisme. Difficile de dire plus clairement que la Belgique est clairement dans le viseur de l’UNESCO. C’est ce qui explique que le bourgmestre d’Alost ainsi que l’ambassadeur belge auprès de l’ONU pour l’éducation, la science et la culture ont été convoqué pour s’expliquer.

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Stengers feat. Ajari : essentiallisme, intersectionnalité, féminisme décolonial, ect.

Fragments 1. Stengers : “La force transformatrice du féminisme. Entretien avec Isabelle Stengers” “La possibilité que l’on m’accuse d’essentialisme ne m’impressionne pas le moins du monde (…) mais la manière dont trop de féministes en ont fait un instrument de disqualification contre d’autres femmes en lutte est une catastrophe.” “Il ne sert à rien de … Lire la suite Stengers feat. Ajari : essentiallisme, intersectionnalité, féminisme décolonial, ect.

Il n’est plus seulement question de résistance, il est question d’offensive !

Intervention de Nacira Guénif au Rassemblement fraternel contre l’islamophobie du samedi 19 octobre 2019, place de la République, Paris.

Bonjour,

Je vais essayer de parler fort pour faire entendre toutes les voix qui nous animent aujourd’hui. Je m’appelle Nacira Guénif, je suis la fille d’une femme qui a porté, à la fin de sa vie, un voile, et qui un jour a été insultée dans la rue de la ville où nous habitions. C’est aussi sa voix aujourd’hui que je veux porter, même si je ne suis pas voilée. Du fond de sa dignité, elle n’a pas compris ce qui lui arrivait, mais elle a reconnu le visage du colonisateur, qui l’avait fait mettre sous le Code de l’indigénat, et qui avait cherché à l’humilier toute sa vie. C’est donc aussi au nom de ma mère, qui a été comme cette femme, comme Fatima, comme tant d’autres, humiliée, menacée dans son intégrité, tout au long de sa vie, parce qu’elle était née indigène, en Algérie, parce qu’elle vivait en France chez l’ancien colonisateur, et parce qu’elle était fière de porter les signes de la religion qui l’avait portée tout au long de sa vie…

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Appel pour un rapatriement d’urgence de nos ressortissants en Syrie

Carte blanche collective

« À l’heure actuelle, la Belgique et d’autres pays européens se trouvent dans une situation dans laquelle ils abandonnent depuis près de deux ans les enfants et les mères dans des camps de prisonniers où il y a de graves pénuries de nourriture, d’eau potable, d’hygiène de base et de soins médicaux dans une zone de désert et de guerre ; ils laissent actuellement mourir de faim et de déshydratation les jeunes enfants et les bébés en captivité à cause des erreurs et des crimes de leurs parents ; ils laissent les enfants mourir lentement devant les yeux de leurs mères alors que celles-ci voudraient être poursuivies d’une manière juste et équitable, et ils interdisent le retour des anciens partisans de l’état islamique qui supplient pourtant de pouvoir le quitter, réduisant ceux-ci à se regrouper dans des camps de réfugiés et de détention. Cette situation constitue également une violation grave des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui doit donc assumer ses responsabilités vis-à-vis de ses citoyens de ses États membres respectifs. » Extrait de Gerrit Loots, Rapport 2 Visite aux enfants belges dans les camps de refugiés Kurdes dans le Nord-Est de la Syrie.

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De l’innocence blanche et de l’ensauvagement indigène : ne pas réveiller le monstre qui sommeille

Ce texte est une version améliorée d’une intervention faite d’abord à la New School for social Research, New-York, le 11 mars 2019, puis à Brown University, Providence, le 12 mars 2019, à Rutgers University, Brunswick, le 14 mars 2019 et enfin à l’Université de Naples, le 17 mai 2019.

« Il n’y a aucun doute qu’Abu-Jamal est coupable ».

Seth Williams, procureur de Philadelphie

Merci à La New-School de cette invitation qui m’honore. Merci à Ann Stoler et à Gil Anidjar. Merci à vous tous d’être là pour m’écouter.

D’abord comme nous allons aborder ensemble un débat sur la notion d’innocence et que ce débat a lieu à New-York, aux États-Unis, au cœur de l’empire, je ne peux pas ne pas me présenter pour ce que je suis : certes une militante décoloniale, certes, une militante politique, mais surtout une « citoyenne », habitante d’un pays du Nord, la France, qui fonde sa puissance sur son passé/présent colonial. À ce titre, le terme « citoyenne » me paraît être un cache-sexe pour brouiller la réalité de ce que je suis réellement car ces rapports de pouvoir asymétriques dont je profite objectivement ne sont rien d’autre qu’un crime déguisé. Dès lors, je ne peux que me présenter à vous pour ce que je suis réellement : une criminelle. Il ne s’agit pas pour moi de battre ma coulpe, ce qui serait déjà une échappatoire, mais simplement de ne pas être tentée par une forme ou une autre de blanchiment qui à mes yeux est une entrave à l’action politique.

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La stratégie décoloniale et ses ennemis

Des formules telles que « pensée décoloniale » ou « antiracisme politique » sont d’un usage relativement récent dans l’espace public français, puisqu’elles sont aujourd’hui âgées d’environ une décennie. Toutefois, ce à quoi elles font référence, l’attitude politique et intellectuelle qu’elles désignent, sont beaucoup plus anciennes. Je ne crois pas que l’ancienneté, ni même l’ancestralité, suffisent à légitimer une politique. Il ne suffit pas de revendiquer une appartenance ou des références âgées de plusieurs siècles pour dire la vérité. Mais bien pire est le manque d’accès au passé, la privation d’histoire, car elle interdit toute possibilité d’atteindre cette vérité. Certains sociologues et théoriciens politiques ont pris l’habitude, à partir des « années 68 », de désigner un ensemble de revendications politiques par la formule « nouveaux mouvements sociaux ». Je crois que, pour l’antiracisme politique et le mouvement décolonial, cette formule est non seulement fautive mais désastreuse. En suggérant que le mouvement contre le racisme et pour les droits civiques serait quelque chose de « nouveau », elle coupe les activistes contemporains de l’épaisseur de leur histoire et les empêche du même coup de considérer leur adversaire, la suprématie blanche, dans toute sa portée, son épaisseur et son étendue. Les résistances africaines à la traite négrière, la révolution haïtienne, les batailles contre les conquêtes coloniales du XIXe siècle ne sont que quelques exemples de réponses politiques conséquentes à la déshumanisation recherchée et produite par la suprématie blanche. « Décolonial » n’est qu’un mot, qui désigne un faisceau de réponses politiques à la violence génocidaire et au capitalisme racial qui sont aussi anciennes que la conquête du nouveau monde et l’invention de l’État moderne. Autant dire que l’antiracisme politique n’a strictement rien d’un « nouveau mouvement social », puisqu’il est en réalité aussi vieux, sinon plus vieux, que le mouvement ouvrier lui-même !

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