Race, Colonialité et Eurocentrisme

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Race, une catégorie mentale de la modernité

L’idée de race, dans son sens moderne, n’a pas d’histoire connue avant la conquête de l’Amérique par les Européens. A l’origine, elle servait peut-être à désigner une différence de phénotype entre les conquérants et les conquis, mais ce qui importe c’est qu’elle a très vite désigné des différences supposément biologiques entre ces groupes.
La formation de relations sociales fondées sur cette idée a produit en Amérique des identités sociales historiquement nouvelles (indiens, noirs et métis) et en a redéfinit d’autres. Ainsi, des termes comme « espagnols » et « portugais », et plus tard « européens », qui indiquaient jusqu’alors seulement des provenances géographiques ou le pays d’origine, prirent à ce moment-là, en référence à ces nouvelles identités, une connotation raciale. Et dans la mesure où les relations qui se configuraient alors étaient des relations de domination, de telles identités furent associées aux hiérarchies, lieux et rôles sociaux correspondants, comme constitutifs de ces identités qui s’associèrent aussi par conséquent au modèle de domination coloniale qui s’imposait. En d’autres termes, race et identité raciale furent établies comme des instruments de classification sociale basique de la population.

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Le discours de Lumumba, texte-fondateur

Les archives de la Société Générale de Belgique détiennent le texte écrit du discours prononcé par Patrice Lumumba le jour de l’indépendance du Congo. Retour sur les événements du 30 juin 1960.

Exclusif: Le discours de Lumumba, texte-fondateur

Patrice Lumumba prononce le discours d’indépendance du Congo le 30 juin 1960 à Léopoldville. © Belga Archive

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Luther King : plus radical qu’on ne le croit ?

Article inédit, en français, pour le site de Ballast L’historien américain Thomas J. Sugrue entend, d’un même élan, briser la légende persistante dans les milieux militants (Luther King ne serait qu’un bourgeois bonne pâte, un Oncle Tom prêt à tous les compromis) et la récupération éhontée dont il fait désormais l’objet, jusque dans les rangs de ceux qui l’auraient … Lire la suite

Entretien avec Angela Davis

Entretien paru dans le n°1 de Ballast Née en 1944 en Alabama, Angela Davis est devenue – sans vraiment le vouloir, confia-t-elle dans ses mémoires – l’une des principales figures du Mouvement des droits civiques américains. Opposante à la guerre du Vietnam, membre du Parti communiste, marxiste, féministe et proche du philosophe Herbert Marcuse, Davis fut inculpée en 1971 – l’État de Californie l’accusant d’avoir pris … Lire la suite

Africa Unite ! Hommage à Malcolm X ( Vidéo )

En commémoration du cinquantième anniversaire de la mort de Malcolm X, l’une des figures les plus puissantes du mouvement Noir qui fut assassiné aux Etats-Unis, Bruxelles Panthères co-organise avec Change ASBL et de nombreuses autres organisations une journée sur le Panafricanisme, en mettant un accent particulier sur l’hommage essentiel à rendre à Malcom X.

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Violence policière raciste au Portugal

Violence policière raciste au Portugal – 8 Février 2015 Le 5 Février 2015, en début d’après-midi – selon les informations relayées par l’observatoire du contrôle et de la répression(1) au Portugal, par le site internet esquerda.net(2) et par plusieurs reportages(3) – une patrouille spéciale (SIR – Serviço de Intervenção Rápida) de la police de Alfragide … Lire la suite

Pour la liberté égalitaire de s’exprimer, de contester et de dénoncer le racisme d’état, l’islamophobie, la négrophobie.

« Le mensonge prend toujours l’ascenseur. La vérité, quant à elle, emprunte l’escalier et finit toujours par arriver. » Proverbe kinois.

Pour la liberté égalitaire de s’exprimer, de contester et de dénoncer le racisme d’état, l’islamophobie, la négrophobie.

Dimanche 18 janvier à 13h00 au Pianofabriek, rue du Fort à 1060 Bruxelles.

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Outre les silences de l’école sur l’histoire, reflétant un récit national faisant l’impasse sur les apports de la colonisation, et donc du Congo, doit-on voir dans le refus de reconnaître la parole des Belges d’origine immigré, une continuité avec la politique coloniale dont les logiques ségrégatives refusèrent de penser l’intégration des indigènes dans l’espace social, économique et culturel ?

Contre l’offensive médiatique libérale de grande ampleur visant par la manifestation du 11 janvier à nous détourner des véritables responsabilités et à absoudre la violence des politiques menées par les pays occidentaux.

Pour la liberté égalitaire de s’exprimer, de contester et de dénoncer le racisme d’état, l’islamophobie, la négrophobie.

Maintenant que le temps de « l’émotion » est passé, il est plus que temps de regarder devant nous.
Comment analyser les mouvements massifs qui ont eu lieu, et surtout comment construire notre intervention dans les semaines et mois qui viennent ?

De nombreuses questions seront abordées :

• Quid des responsabilités du drame parisien ? (gouvernements occidentaux, école, médias, prisons…)
• Qui est « Charlie » ? Différentes interprétations des manifestations du 11 janvier ?
• Liberté d’expression ? Pour qui ? Qui en est privé ?
• Comment inciter à dépasser le stade de l’émotion pour passer à la nécessaire réflexion et à l’action concrète de défense des droits fondamentaux ?
• Les musulman.e.s de France, de Belgique (et d’ailleurs en Europe) principales victimes des actes commis par des terroristes se réclamant de l’Islam (multiplication dramatique des actes visant les lieux de culte musulman, etc…). Les événements parisiens vont-ils constituer un frein pour celles et ceux qui luttent légitimement contre l’islamophobie ? Quels sont ces freins ? Comment les dépasser ? …

• L’invisibilité voire la négation de la négrophobie en sociétés occidentales et comment lutter/s’émanciper contre ce phénomène, susceptible d’être réactivé à partir d’amalgames faits entre l’origine africaine du terroriste Amedy Coulibaly et celle de citoyens français et belges d’apparence négro-africaine ?

Il s’agira ce dimanche de se réunir (discussion interactive intervenants – public) pour aborder ensemble ces questions et réfléchir aux perspectives d’avenir et d’articulation de ces luttes légitimes que nous menons contre toutes les formes de racisme et de discrimination.

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Deux conceptions de l’antiracisme : le paternalisme ou la révolte ?

Deux conceptions de l’antiracisme : le paternalisme ou la révolte ?
Par Saïd Bouamama

La performance de l’artiste sud-africain Brett Bailley intitulée Exhibit B est l’objet depuis plusieurs semaines d’une forte polémique. Une œuvre présentée par l’artiste et ses soutiens comme « antiraciste » est condamnée comme « racisme déguisé » par plusieurs associations et les milliers de signataires de la pétition réclamant la déprogrammation du spectacle. Les défenseurs du spectacle argumentent en termes de « liberté d’expression artistique » et de « quiproquo » sur le message. Ses opposants dénoncent une « chosification des victimes » ne pouvant que reproduire, même involontairement, les représentations sociales racistes. Les défenseurs dénoncent même « un procès d’intention à l’artiste au motif qu’il est blanc ». Loin d’être selon nous un simple quiproquo et encore moins un procès d’intention, la polémique est un analyseur des contradictions du mouvement se réclamant de l’antiracisme.

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Sikitiko

“Sikitiko, the hand of the king” is a satirical documentary, created for the occasion of the 50th anniversary of Congo’s independence from Belgium in 2010. The short film illustrates the debate about the contested colonial heritage in Belgium. In 2004 a mysterious group called De Stoete Ostendenoare (The Brave People of Ostend) chopped off the … Lire la suite

« Figures de la révolution africaine »

Saïd Bouamama , présente son nouveau livre « Figures de la révolution africaine »
Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara…

Longtemps regardés avec dédain par ceux qui, au cours des trois dernières décennies, décrétèrent la mort du tiers-mondisme et le triomphe du néolibéralisme, ces noms réapparaissent aujourd’hui. Avec l’atmosphère de révolte que l’on sent monter aux quatre coins du monde, ces figures majeures de la libération africaine suscitent un intérêt croissant dans les nouvelles générations.

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