Pour en finir avec les allégations de viols attribués du Hamas

En septembre 2025, la Commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU a conclu qu’Israël commet un génocide à Gaza. Déjà, le 26 janvier 2024, la Cour internationale de justice CIJ a reconnu un risque plausible de génocide, imposant à tous les États d’appliquer la Convention sur le génocide et d’agir pour le prévenir.
Dans ce contexte, les accusations de viols attribuées au Hamas, largement relayées par les médias et de nombreux dirigeants politiques, ont été instrumentalisées pour légitimer le génocide à Gaza, bien qu’aucun cas de viol n’ait été documenté par la mission onusienne menée par Pramila Patten
Le slogan “Believe women- croire les femmes” est né d’un souci légitime : celui de réparer des siècles de discrédit systémique envers les victimes de violences sexuelles.


Mais lorsque le mot d’ordre “croire les femmes” devient un impératif moral absolu, la croyance en vient à primer sur les faits : celui qui réclame des preuves devient aussitôt un suspect moral.
Face à la manipulation et à la déshumanisation, il nous reste les mots — ces derniers remparts contre la confusion — pour défendre la vérité fondée sur les faits, la justice et l’humanité. Je vous invite à lire le texte suivant.
Début novembre 2023, Frank Luntz et d’autres experts en communication ont organisé des panels et des tests d’opinion pour sélectionner les récits les plus émotionnellement percutants — le viol des civils a été jugé « le plus bouleversant ».
Le journaliste Max Blumenthal (The Grayzone) s’est procuré les diapositives et le compte rendu de cette réunion, qui ont été utilisés pour lancer une campagne médiatique internationale contre le Hamas. https://investigaction.net/politiciens-us-coaches-a-la-propagande-israelienne/
Le 13 novembre, Merit Ben Meir, de la police israélienne a organisé un briefing pour les journalistes occidentaux, affirmant : « Les circonstances dans lesquelles les corps ont été retrouvés, démontrent des viols et il n’y a aucune place pour remettre en question ces événements. »
Le 19 novembre, le ministère des Affaires étrangères israélien a intensifié ses efforts pour influencer les organisations féministes mondiales.
Le 25 novembre, une campagne publicitaire met en scène des actrices et mannequins israéliens reprenant le slogan diffusé sur CNN : « Si le viol des femmes israéliennes ne compte pas comme un viol. »
Le 5 décembre, Netanyahou a expliqué que le « viol de femmes israéliennes » était la preuve de la dépravation du Hamas et nécessite une « force écrasante » à Gaza. Il demande à toutes les « nations civilisées » de « se tenir aux côtés d’Israël ».
Le 5 décembre, sur la chaîne américaine MSNBC, le président israélien Isaac Herzog a présenté la “guerre” contre le Hamas comme un combat idéologique destiné à “sauver les valeurs de la civilisation occidentale”.
Le 24 décembre, la police a publié un décret aux hôpitaux, leur ordonnant de transmettre les récits de survivantes de viol, du 7 octobre 2023, ayant sollicité des soins, en vain.
Le 28 décembre 2023, le New York Times publie une enquête controversée :« Screams Without Words », cosignée par Jeffrey Gettleman, Adam Sella et Anat Schwartz*(1). Présentée comme une révélation majeure, elle s’appuie sur le cas de Gal Abdush, censé illustrer un « schéma récurrent de viols ».
Cette narration s’est rapidement effondrée : Nissim Abdush, frère de la victime présumée, a publiquement démenti ces allégations, notamment sur la chaîne télévisée israélienne 13, affirmant que sa sœur n’avait pas été violée et que son mari était présent à ses côtés au moment de sa mort. La famille Abdush accuse le NYT de les avoir émotionnellement manipulés.
Plusieurs journalistes et observateurs indépendants (notamment The InterceptMondoweiss+972 Magazine) ont critiqué les méthodes d’enquête et les liens des auteurs avec l’armée israélienne, soulignant une confusion entre sources militaires et travail journalistique indépendant.
Le 4 janvier 2024, les autorités israéliennes n’arrivent pas à trouver des preuves des viols. En vain, l’enquêteur Josué (Josh) Breiner lance un nouvel appel et déclarait : « Nous pensons qu’il y a des victimes qui n’ont pas témoigné. Je suis disponible pour elles » (article de Lisa Rozowski, Haaretz, 4 janvier 2024).
Le 6 juin 2024 : Une enquête du Times of London a confirmé qu’aucune des vidéos et photographies y compris celles du Hamas ne montrait de viol.
L’équipe de Pramila Patten, représentante spéciale des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles, a été envoyée du 29 janvier au 14 février 2024 suite à d’intenses pressions exercées par Israël. Elle a rencontré l’armée israélienne, le Shin Beth, les ministères israéliens, le président israélien Herzog qui a dit qu’il n’y avait pas d’innocents à Gaza, les bénévoles de l’Asbl Zaka, connue pour son canular des bébés décapités, brûlés, décapités etc…  
  1. Les Journalistes NYT*. Sur les trois auteurs de l’article majeur du New York Times accusant le Hamas de violences sexuelles, deux sont Israéliens (Sella et Schwartz, tous deux anciens militaires, dont l’un, Schwartz est lié aux renseignements israéliens. Schwartz n’est pas journaliste et n’a écrit que 2 articles et tous deux liés à Gaza.  En février 2024, elle avait « aimé » sur X des publications appelant à transformer Gaza en un « abattoir » et qualifiant les Palestiniens de « bêtes humaines ».
Points principaux du rapport Patten de mars 2024 :
  1. Absence de preuves directes :
Mme Patten dit avoir adopté une « approche centrée sur la victime », malgré le fait qu’aucune survivante n’ait été rencontrée.
Des milliers de photos (5000) et de vidéos, y compris des vidéos open source et celles fournies par Israël, les caméras corporelles, 50h de films, les téléphones portables ont été examinés par des experts numériques et un médecin légiste (point 34 du rapport). Elles n’ont révélé aucune preuve numérique décrivant des actes de viols (point 77 rapport Patten).
Les examens médico-légaux n’ont fourni aucune indication tangible de viol (point 74).
  1. Formulation prudente : « motifs raisonnables de croire »
Le rapport utilise cette formule standard de l’ONU pour signaler des indices plausibles. C’est-à-dire : « Selon les informations disponibles, il est possible que des violences sexuelles aient été commises mais il n’existe aucune preuve directe, ni témoignage de survivante, ni analyse médico-légale confirmant ces faits. »
Cette expression n’a aucune valeur probante, et ne constitue pas une preuve de viols ou d’agressions sexuelles.
Ses conclusions reposent sur la propre évaluation de la crédibilité et de la fiabilité des témoins que Mme Patten a rencontrés, principalement fournis par les institutions israéliennes.
  1. Violences contre les Palestiniens :
Les violences sexuelles commises par l’armée israélienne et certains colons sont récurrentes dans les territoires occupés, touchant femmes, hommes et enfants.
Différentes sources démontrent que ces actes font partie d’une stratégie de domination et de terreur, ordonnée et/ou encouragée par la hiérarchie militaire, visant à intimider et détruire les Palestiniens.
  1. Refus israélien de coopération :
Madame Patten, a souligné les limites de sa mission et a demandé une enquête plus approfondie. Les autorités israéliennes tout en multipliant les déclarations publiques, ont refusé toute coopération à une enquête internationale indépendante.
Tandis que les représentants palestiniens appelaient à la transparence et à la coopération judiciaire.
Pour différents analystes, la mission de l’ONU en Israël apparaît, comme le produit d’une stratégie de relations publiques orchestrée pour imposer le récit d’Israël. La portée réelle de la mission a été limitée par le contrôle israélien de l’accès et la sélection des sources. Cette interprétation est renforcée par le refus catégorique d’Israël de coopérer pleinement avec l’ONU.
  1. Conséquences médiatiques et politiques :
En dépit de l’absence de preuves, un alignement médiatique sans précédent a contribué à diffuser et amplifier les accusations israéliennes, reprises ensuite par les autorités politiques et institutionnelles — dNew York Times, la BBC, le Guardian, le monde, Libération, BFM TV, RTBf etc… — afin de donner une apparence de consensus et de légitimité à ces allégations, contribuant à justifier moralement le génocide contre les Palestiniens.
En revanche, ces mêmes médias ont quasiment ignoré les violences sexuelles systématiques subies par les Palestiniens. Ces violences ne suscitent ni couverture médiatique équivalente, ni indignation politique d’ampleur comparable. Alors que ces accusations sont documentées depuis de nombreuses années par la plupart des ONG des droits humains.
Un rapport récent de la Commission indépendante de l’ONU du 13 mars 2025, (A/HRC/58/CRP.6) https://www.un.org/unispal/document/report-of-the-commission-of-inquiry-israel-gender-based-violence-13march2025/?utm_source=chatgpt.com documente l’usage systématique de violences sexuelles, reproductives et de genre par les forces israéliennes dans les territoires occupés. Il parle de « mode de guerre », de violences pour dominer, humilier, terroriser, contrôler.
 
Conclusions
Le rapport de Pramila Patten, fondé sur des sources israéliennes et des témoignages indirects, la mission n’a rencontré aucune survivante ni établi de preuve juridiquement vérifiable.
Il évoque seulement des « motifs raisonnables de croire » à la survenue de violences sexuelles — une formule du droit international indiquant des indices plausibles mais non des preuves.
Cette prudence a pourtant été interprétée comme une confirmation de violences sexuelles, et a été massivement amplifiée par la plupart des médias, certaines institutions internationales et responsables politiques alors qu’aucun élément décisif n’a été démontré.
L’émotion suscitée par ces accusations de crimes sexuels, non fondés a servi à renforcer la légitimité morale du génocide à Gaza.
L’enquête controversée du New York Times de décembre 2023, ainsi que l’alignement de la presse « grand public » sur le récit israélien a accentué cette confusion.
Ce mécanisme de diabolisation n’est pas sans rappeler celui employé aux États-Unis après la guerre de Sécession, lorsque les hommes noirs étaient accusés à tort de viols sur des femmes blanches afin de justifier leur lynchage et la ségrégation raciale.
Le rôle de l’ONU, comme celui du journalisme, devrait être d’établir les faits dans leur complexité, non de valider prématurément des récits instrumentalisés.
Sans enquête indépendante, il est impossible de garantir que la justice soit rendue de manière impartiale et fondée sur des preuves.
Quand la rhétorique des droits des femmes devient un instrument politique
Le droit des femmes est de plus en plus utilisé comme outil récurrent de légitimation d’actions politiques et militaires.
Après les accusations non prouvées de viols par le Hamas pour justifier le génocide à Gaza, on observe une rhétorique similaire dans la justification des attaques ou des sanctions contre l’Iran, invoquant la défense des droits des femmes.

Cette coïncidence troublante montre comment des causes justes et universelles — la lutte contre les violences sexuelles, l’égalité de genre, la liberté des femmes — peuvent être sélectivement mobilisées à des fins stratégiques, détournant le sens même de la justice et des droits humains pour servir des objectifs de pouvoir.
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