Déclaration finale du séminaire maghrébin

Déclaration finale du séminaire maghrébin

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Déclaration finale du séminaire maghrébin « Accords de ‘libre-échange’ et souveraineté alimentaire »

19 décembre par ATTAC/CADTM Maroc

Les 15, 16 et 17 décembre 2017, ATTAC Maroc, membre du réseau mondial pour l’abolition des dette illégitimes CADTM, a organisé un séminaire Maghrébin sur les accords de libre change, l’agriculture et la souveraineté Alimentaire sous le slogan : Non aux accords coloniaux, pour la défense du droit souverain des peuples sur leurs systèmes agricoles, alimentaires et environnementaux. Le séminaire s’est tenu à Agadir, au Maroc, avec la participation de militant-e-s d’Égypte, de Tunisie, d’Algérie et du Maroc.

Ce séminaire intervient quelques jours après la fin du 11e sommet ministériel de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui n’a abouti à aucun accord officiel. Cet échec reflète les difficultés des puissances impérialistes, des États-Unis et de l’Union européenne à progresser dans des accords multilatéraux ce qui les pousse à recourir à des accords commerciaux préférentiels bilatéraux et régionaux leur permettent d’étrangler les États dépendants et semi-coloniaux. Ces accords ont permis l’accélération du contrôle des entreprises multinationales sur l’agriculture mondiale et la pêche maritime, la spéculation sur la nourriture des populations, la destruction de l’agriculture et de la pêche de subsistance, la quête effrénée à la promotion des semences génétiquement modifiées et la généralisation de l’agriculture et de l’industrie de la pêche orientées vers l’exportation. Les institutions financières internationales poursuivent leurs dictats néolibéraux sur les pays du Sud pour déréglementer davantage, ouvrir les frontières à l’invasion des capitaux et des produits étrangers subventionnés et assurer le transfert des profits et des richesses. Cela se traduit par une augmentation de l’endettement public que les couches populaires paient en subissant les politiques d’austérité.

Nous nous sommes réunis pour affirmer notre soutien à la souveraineté alimentaire des peuples et leur droit à déterminer leur propre système alimentaire qui assure une production d’aliments sains en quantité suffisante, tout en protégeant la nature et en restant en harmonie avec elle, qui donne la priorité au développement des productions locales des aliments de base, qui œuvre pour la protection et la fourniture de semences naturelles et mette en œuvre une réforme agraire populaire. Les ressources nécessaires doivent être fournies par la suspension du paiement du service de la dette et l’annulation de la dette publique illégitime.

Nous nous opposons au pillage des richesses agricoles et halieutiques des peuples par les sociétés multinationales et le capital financier, et à toutes les formes de discrimination et de racisme. Nous luttons pour la souveraineté alimentaire, la justice climatique et environnementale, et la construction d’une société où soient exclues toutes les formes d’exploitation et d’oppression, une société véritablement humaine fondée sur une participation libre et démocratique et qui assure une vie décente et en harmonie avec la nature.
Ce séminaire nous a permis de poursuivre l’analyse et la discussion pour une compréhension orientée vers l’action : nous envisageons des campagnes de dénonciation, de sensibilisation et des initiatives, à même de stimuler des luttes communes et d’établir des formes de coordination et de solidarité avec des mouvements ayant les mêmes objectifs.


Nous, participant-e-s, militant-e-s d’organisations de lutte en Algérie, Tunisie, Égypte et Maroc, affirmons :

  • Que les accords dits de « libre » commerce signés par les gouvernants de nos pays sont de nouveaux accords coloniaux qui servent les intérêts des multinationales, et favorisent le pillage des terres et des zones de vie des peuples indigènes, de leurs ressources hydriques, leurs poissons, leur nourriture et la destruction de leur environnement, et de leur culture et ce pour accumuler plus de profits pour les grands capitalistes étrangers et locaux. Conjointement avec le système de la dette, ces accords constituent les deux faces de la domination impérialiste sur les peuples.
  • Notre soutien aux luttes des paysans et paysannes et des petits pêcheurs de Tunisie, Égypte, Algérie, Maroc et d’autres pays contre l’expropriation des terres agricoles et leur cession aux grandes entreprises et aux spéculateurs immobiliers, ce qui menace la vie de milliers d’agriculteurs, d’ouvriers et ouvrières agricoles.
  • Notre rejet absolu de toutes les alternatives capitalistes dans les domaines agricole et de la pêche qui privilégient l’utilisation de technologies qui épuisent les ressources et l’énergie, détruisent la biodiversité, polluent l’environnement et nuisent à la santé.

Nous sommes convaincus que la souveraineté alimentaire des peuples est étroitement liée à leur droit à l’autodétermination sur les plans politique, économique, social, culturel et environnemental. Elle est également liée à une rupture avec les centres impérialistes et les institutions financières et commerciales internationales, et à la lutte contre les régimes et les gouvernements qui mettent en œuvre ces politiques en faveur du capital mondial et national.

La souveraineté alimentaire est l’antithèse du système alimentaire capitaliste productiviste responsable de la destruction des ressources naturelles et du chaos climatique qui menace la vie de millions de personnes. C’est l’agriculture paysanne et la pêche de subsistance qui nourrissent l’humanité et préservent l’environnement, et non pas l’agriculture intensive, industrielle, commerciale et chimique comme le prétend le capitalisme.


C’est pourquoi nous appelons à :

  • La lutte collective contre les accords de libre-échange, les accords de pêche et l’Organisation mondiale du commerce, ainsi que contre le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, qui asservissent les peuples par le système de la dette.
  • La criminalisation de toutes les sociétés multinationales et les entreprises capitalistes locaux qui visent la marchandisation de la nourriture des populations et la destruction l’environnement afin d’accumuler plus de profits.
  • Initier des expériences de systèmes agricoles populaires visant à se libérer de la dépendance alimentaire.
  • Renforcer la coopération et la lutte aux niveaux national, régional, continental, au Sud et international entre les organisations et les réseaux qui luttent pour la souveraineté alimentaire afin de développer leurs activités et leurs mobilisations.
  • Élargir la solidarité internationale afin d’arrêter les campagnes de répression croissantes contre les mobilisations populaires (paysans et paysannes, pêcheurs, indigènes, ouvriers et ouvrières agricoles, etc.) pour organiser et protéger leurs vies et leurs terres, leur environnement et leurs traditions alimentaires.
  • Renforcer le soutien à la résistance du peuple palestinien contre la décision impérialiste américaine qui veut le priver de ses droits historiques.
  • Rejoindre le mouvement de solidarité internationale avec des centaines de familles expulsées de leurs territoires dans la province de Maraba, au Brésil, et avec le mouvement des paysans sans terre qui résistent à ces expulsions forcées.


Agadir le 17 décembre 2017

 

Auteur.e

ATTAC/CADTM Maroc membre du réseau CADTM en bref : L’Association pour la Taxation des Transactions en Aide aux Citoyens au Maroc (ATTAC Maroc) a été créée en 2000. ATTAC Maroc est membre du réseau international du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) depuis 2006 (devenu Comité pour l’abolition des dettes illégitimes depuis juin 2016). Nous comptons 11 groupes locaux au Maroc. ATTAC veut être un réseau aidant à l’appropriation par les acteurs engagés dans l’activité sociale, associative, syndicale et plus largement militante des enjeux de la mondialisation sur les problématiques de résistance sociale et citoyenne. www.attacmaroc.org http://arabic.cadtm.org/

Adresse : n°140, rue Cadi Bribri Akkari 10000. Rabat. Maroc Email azikiomar2008@gmail.com Site Web attacmaroc.org Tel 00 212 6 61 17 30 39

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