Forum international contre l’islamophobie 2016 à Bruxelles

Forum international contre l’islamophobie 2016 à Bruxelles

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Plusieurs associations appellent à un Forum contre l’islamophobie  le dimanche 11 décembre à Bruxelles.
Nous publions ici leur appel ( Néerlandais plus bas ) .

«  L’Islamophobie se radicalise, La Résistance s’organise »

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Forum international contre l’islamophobie 2016 à Bruxelles

«  L’Islamophobie se radicalise, La Résistance s’organise »

Les attaques contre des populations décrites comme suspectes, très souvent de confession musulmane ou supposé-e-s comme tel-le-s se multiplient. Elles s’inscrivent dans un climat politique qui, au nom de la sécurité et de la neutralité de l’Etat, génère des formes renouvelées d’exclusion à l’égard de pans entiers de la population nationale.
Depuis une trentaine d’années, et singulièrement depuis 2001, l’islamophobie est devenue le canal privilégié d’expression et même de régénération d’un racisme à la fois ordinaire et institutionnel. Instrumentalisant de « nobles principes », un redoutable système d’exclusion se construit jour après jour, en Belgique et dans d’autres pays européens. La neutralité, comme la laïcité en France, est devenue le paradigme dominant qui structure l’ensemble du champ social à l’intérieur de l’espace institutionnel. Principe caractéristique censé qualifier la nature des services de l’Etat, la neutralité dans son acception dévoyée finit par se focaliser sur l’apparence vestimentaire tant des agents que des usagers de ces services. Elle est dans les faits devenue un moyen de distinguer et de stigmatiser les individus selon leur appartenance supposée à l’islam.
L’islamophobie trouve aussi ses racines profondes dans le contexte néocolonial géopolitique actuel. Il ne fait aucun doute qu’avec la nouvelle croisade occidentale contre l’Etat islamique déclenchée en Irak et en Syrie, l’islamophobie risque de se répandre davantage en Europe et en Belgique. Les musulmans seraient considérés comme collectivement responsables de n’importe quelle action menée au nom de l’islam devenant à leur insu des ennemis de l’intérieur.
C’est dans ce contexte que le phénomène de radicalisation au sein des communautés musulmanes d’Europe occupe une place centrale dans les débats. Les récentes actions terroristes perpétrées par des individus prétendant agir au nom de l’Islam ont suscité de vifs débats. Malheureusement, les discussions concernant la radicalisation ont été dominées par l’émotion avec comme effet de créer les conditions propices à l’instauration d’une politique de la peur. À des degrés divers selon les pays, les attentats ont provoqué une onde de choc qui ébranle nos sociétés. Entre autres conséquences, ils ont pu servir de prétexte à installer un climat sécuritaire qui transforme chaque musulman-e en suspect potentiel et qui justifie de graves atteintes aux libertés individuelles comme l’a montré la polémique estivale autour du burkini.
La scène internationale reste, quant à elle, toujours dominée par les guerres, les conflits armés et le terrorisme de tous bords. La situation des migrants est particulièrement dramatique. En Belgique comme en Europe, les frontières se ferment, des murs se construisent. Alors que le continent européen traverse une grave crise économique et sociale, il est particulièrement dangereux de désigner des boucs émissaires à la vindicte populaire. La politique migratoire de l’Europe n’est pas admissible.
L’actualité du terrorisme et de l’impératif sécuritaire nous oblige à élargir la perspective : comment penser ensemble, sans pour autant les confondre, le contexte national et la situation internationale – depuis les politiques européennes d’immigration jusqu’aux conflits militaires ?
C’est pourquoi nous sommes nombreux à sentir l’urgente nécessité d’une résistance collective, sous peine sinon de voir s’anéantir les principes de justice et de dignité pour toutes et tous. Une résistance collective car, de fait, nous sommes nombreux à refuser les stratégies de tension qui opposent Belges/Européens et réfugiés, musulmans et non-musulmans, militants et société civile.
Cette exigence s’adresse à toutes et à tous, à l’ensemble du mouvement social : elle exprime notre solidarité avec les victimes des bombardements et de la répression en Syrie, avec tous les réfugiés, avec les victimes des attaques liberticides et islamophobes en Belgique, et s’inscrit dans une politique égalitaire.
Ainsi, le 11 décembre 2016, nous vous invitons à participer nombreux à la 3ème édition de la Conférence internationale contre l’islamophobie qui se tiendra au Pianofabriek, rue du Fort 35, 1060 Saint-Gilles de 13h00 à 19h00. La Conférence internationale contre l’islamophobie aura également lieu entre le 10 et 18 décembre dans plusieurs villes européennes (Paris, Londres, Rotterdam, Gottenbourg (Suède)).

L’événement sur Facebook

INFOS PRATIQUES

Programme

13:30 Accueil

14:00 à 16:00 : Introduction + Panel 1

16:00 à 16:30 : Pause + Présentation des plateformes

16:30 à 18h15 : 3 ou 4 Atelier : but des ateliers = proposer des actions, initiatives, slogans, etc. pour une campagne d’un an contre l’islamophobie

18:30 Conclusion : retour des ateliers et discutions entre les participant*e*s

19:00 Clôture

Où : Pianofabriek – 35, rue du Fort – Sint Gillis
Info : 0476/84.19.69

Intervenants :

Tariq Ramadan, État des lieux de l’Islamophobie au niveau internationale.

Maryam Kolly, (Université Saint‐Louis Bruxelles) L’islamophobie comme nouvel objet spécifique des luttes anti‐raciste.

Fayçal Cheffou, qui a été confondu à tort avec l’« homme au chapeau ». Témoignages concernant le très récent rapport HRW « La réponse aux attaques soulève des craintes relatives aux droits humains » .

Audrey Allem, membre du Front Uni des Immigrations et des Qartiers Populaires. « Stop à l’islamophobie que nous dénonçons comme un racisme d’État ».

Mehdi MEFTAH, Membre du Parti des Indigènes de la République
« L’islamophobie comme axe majeur de la contre révolution coloniale. ».

Liste des organisations signataires mise à jour

AFD International Belgique

Antidote Editions,

Azira’s Way

Bruxelles Panthères,

COEC, Cellule d’Observation et d’Ecoute Citoyenne,

Collectif de recherche « Migrations et Luttes Sociales »

Comité Free Ali,

Comité des parents contre les violences policières à Molenbeek-St-Jean.

Dafayow

ESG asbl, Engagés, Solidaires & Généreux.

Joc BRUXELLES

L’Encre Des Voilées

Le Space

Les Editions du souffle

Les Jeunes Anticapitalistes

LCR – SAP

Lumumba Library

Mouvement Citoyen Palestine

Muslim Rights

Nouvelle Voie Anticoloniale

Présences Noires

Prisoner’s Family & Friends Association
Radio Rive West

System_D

Together For Dignity

A titre individuel

Anais Carton, politologue

Eric Hulsens, ere-lector hoger onderwijs,

El-Ouiali Mahdiya,

Farida Aarrass, militante engagée, humaniste.

Isabelle Stengers, philosophe

Joachim Ben Yakoub, Menarg, Ugent

Khadija Senhadji, Socio-anthropologue

Kaoutar Boustani citoyenne consciente et engagée

Lhoucine Ait jeddig, conseiller communal ISLAM à Molenbeek

Ludo de Witte, sociologue, auteur

Luis Martinez Andrade, sociologue

Malika Hamidi, docteure en sociologie et directrice de European Muslim Network

Maryam Kolly, Sociologue, Université Saint-Louis, Bruxelles

Manu Scordia, Dessinateur

Marianne Van Leeuw-Koplewic, Editrice

Michel Brouyaux, Libraire

Nadia Fadil, sociologue/anthropologue, KU Leuven

Nathalie Preudhomme, enseignante

Nadine Rosa-Rosso, enseignante et activiste

Nouria Ouali, Centre de recherche METICES

Paul Delmotte, Professeur retraité de l’IHECS (Bruxelles), spécialisé dans le Monde arabo-musulman

Rachid ID YASSINE, Sociologue, anthropologue

Rachida Aziz, styliste et entrepreneuse belge

Véronique Clette-Gakuba, Centre de recherche METICES

Youri Lou Vertongen, Chercheur  USL-B/MLS

 

 

Internationale conferentie tegen islamofobie 2016

Er gebeuren steeds meer aanvallen op groepen mensen die als verdacht worden voorgesteld en vaak zijn dat moslims of worden ze verondersteld dat te zijn. Die aanvallen horen bij een politiek klimaat dat nieuwe vormen van uitsluiting voortbrengt. Die treffen grote delen van de nationale bevolkingen. Ze worden verantwoord met een beroep op de veiligheid en de neutraliteit van de staat.
Sinds een dertigtal jaren en vooral sinds 2001 is de islamofobie een heel belangrijk kanaal geworden voor het uiten en zelfs opfrissen van het racisme, zowel dat van het dagelijks leven als dat van de instellingen. In België en in andere Europese landen wordt dag na dag een schrikwekkend racisme uitgebouwd dat schermt met ‘nobele principes’. De neutraliteit van de staat, net als de laïcité in Frankrijk, zijn het heersende denkmodel geworden. Het structureert het hele sociale veld binnen de instellingen. De neutraliteit is een typische karakteristiek van de staatsinstellingen, maar in haar ontspoorde interpretatie leidt ze ertoe dat alle aandacht gaat naar de kleding van de werknemers en ook van de gebruikers van de overheidsdiensten. In feite is zij een manier geworden om personen te kenmerken en te stigmatiseren volgens hun veronderstelde islamitische godsdienst.
De islamofobie heeft ook diepe wortels in de huidige neokoloniale en geopolitieke context. Het lijdt geen twijfel dat door de nieuwe militaire campagne die het Westen ontketend heeft tegen de Islamitische Staat in Irak en in Syrië de islamofobie zich nog meer dreigt te verspreiden in Europa en in België. De moslims worden collectief verantwoordelijk gesteld voor eender welke actie die in naam van de islam wordt gevoerd en ze worden ongewild binnenlandse vijanden.
Het is in die context dat het verschijnsel van de radicalisering binnen de islamitische gemeenschappen in Europa een centrale plaats inneemt in de debatten. De recente terreuracties door personen die aangeven in naam van de islam te handelen, hebben felle debatten uitgelokt. Helaas waren de discussies over de radicalisering overheerst door emotie. Dat heeft geleid tot gunstige omstandigheden voor het invoeren van een politiek van de angst. Met verschillende gradaties volgens de landen hebben de aanslagen een schokgolf veroorzaakt die onze samenlevingen door elkaar schudt. Een van de resultaten daarvan was dat de aanslagen als voorwendsel konden dienen om een klimaat te creëren dat gefixeerd is op veiligheid. Daarin is elke moslim of moslima een potentiële verdachte en worden ernstige aantastingen van de persoonlijke vrijheid legitiem geacht. Kijk naar de polemiek over de boerkini van de voorbije zomer.
De internationale scène blijft gedomineerd door oorlog, gewapende conflicten en terrorisme. Vooral de situatie van de migranten is dramatisch. In België zowel als in Europa worden de grenzen gesloten en worden er muren gebouwd. Terwijl het Europese continent een ernstige economische en sociale crisis doormaakt, is het bijzonder gevaarlijk zondebokken aan te wijzen voor het oordeel van het volk. De Europese migratiepolitiek is niet acceptabel.
De actualiteit van het terrorisme en van het veiligheidsdenken verplicht ons het perspectief te verruimen: hoe moeten we de nationale context en de internationale situatie – van het Europese immigratiebeleid tot de militaire conflicten – aan elkaar koppelen, zonder ze te verwarren?
Daarom voelen veel mensen de dringende noodzaak van collectief verzet, om te voorkomen dat de principes van gerechtigheid en waardigheid voor allen vernietigd worden. Collectief verzet, want er zijn werkelijk heel veel mensen die de strategie van de escalatie afwijzen: het opvoeren van de spanningen tussen Belgen of Europeanen en vluchtelingen, tussen moslims en niet-moslims, tussen militanten en het maatschappelijk middenveld.
Die noodzaak is er voor iedereen, voor alle sociale bewegingen. Zij drukt onze solidariteit uit met de slachtoffers van de bombardementen en de repressie in Syrië, met alle vluchtelingen, met de slachtoffers van de vrijheidsbedreigende en islamofobe aanslagen in België, en zij kadert in een egalitaire politiek.

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