Assata Shakur Citations et Extraits

Assata Shakur Citations et Extraits

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Assata Shakur
Citations et Extraits (1)

Les citations traduites ci-dessous sont extraites de divers textes, entretiens, discours et lettres d’Assata Shakur. On peut retrouver ces citations et d’autres, en anglais, à l’adresse suivante :
www.assatashakur.org/axioms.htm.

Collectif Angles Morts, avec Lukas Podzhog
anglesmorts@gmail.com

 

« Trop de mes sœurs ignorent qui sont les vrais criminels et les vrais chiens. Elles se reprochent d’avoir faim, elles se détestent parce qu’elles survivent du mieux qu’elles peuvent. Voir tant de peur, de doute, de souffrance et de haine de soi, est l’aspect le plus douloureux de la vie dans ce camp de concentration. Malgré tout cela, je ressens comme une brise sur ma nuque, qui se transforme en ouragan, et quand je prends une profonde inspiration, je peux sentir la liberté. »

« La place d’une femme est dans la lutte. »
« Nous avons dû apprendre que nous étions beaux. Nous avons dû réapprendre quelque chose qui nous avait été arraché. Nous avons dû apprendre ce qu’était le Black Power. Les gens ont du pouvoir quand ils s’unissent. Nous avons appris l’importance de nous rassembler et d’agir. »
« J’ai plaidé et je plaide toujours pour un changement révolutionnaire »
« J’ai réalisé que j’étais liée à l’Afrique. Je n’étais pas seulement une fille de couleur. Je faisais partie d’un monde à part entière qui aspirait à une vie meilleure. Je fais partie d’une majorité et non d’une minorité. J’ai passé ma vie à grandir. Si vous ne grandissez pas, vous ne comprendrez jamais ce qu’est l’amour véritable. Si vous ne tendez pas la main vers les autres pour les aider, alors vous rétrécissez. Ma vie a été une vie d’action. Je ne suis pas spectatrice. »
« Notre situation aujourd’hui est critique. Nous ne pouvons ni fuir ni Nous cacher. Nous allons devoir passer aux choses sérieuses. Déterminer qui Nous sommes. Sommes-Nous des Nègres de maison ? Allons-Nous marcher pacifiquement vers les chambres à gaz ? Ou sommes-Nous des Nègres des champs qui vont se battre jusqu’à être libres ? Nous ne sommes pas venus ici comme des Nègres de maison. Nous ne sommes pas venus ici d’Afrike comme des minables. Nous ne sommes pas venus ici d’Afrike comme des imbéciles. Nous ne sommes pas venus ici comme des Oncle Tom pour hésiter, tergiverser, traîner des pieds stupidement, nous gratter la tête et embrasser les pieds de nos maîtres. Nous ne sommes pas venus ici comme ça. Nous sommes venus ici comme de fiers, forts et beaux Afrikains. Nous sommes venus ici avec une culture, avec fierté. Nous sommes venus ici en sachant qui Nous étions. Nous sommes venus ici comme un peuple intelligent et sensible, qui a lutté et combattu à tous les niveaux dès le moment où nous avons été amenés ici enchaînés. Nous devons prendre conscience de qui Nous sommes et devons réaliser que Nous avons une tradition à perpétuer. »
« Je pense que pour lutter, il faut être créatif. Dans ma vie, la créativité m’a soutenue, elle a éveillé ma lutte spirituelle. »
« J’ai été condamnée à la perpétuité plus 30 ans par un jury entièrement blanc. Ce que j’ai vu en prison, c’était partout de la chair noire enchaînée. Des femmes enfermées dans des cages. Et nous serions les terroristes ? Ça n’a simplement aucun sens. »

« Durant mon enfance, le nom « Freeman » [« homme libre »] ne signifiait rien de particulier. C’était un nom comme un autre. Ce n’est qu’à partir du moment ou j’ai grandi et commencé à lire l’histoire noire que j’ai découvert la signification de ce nom. à la fin de l’esclavage, de nombreux Noirs ont refusé d’utiliser le nom de famille de leurs maîtres. à la place, ils se sont donné le nom de « Freeman ». Le nom était aussi utilisé par des Africains qui avaient été libérés avant que l’esclavage ne soit « officiellement » aboli, mais c’est surtout après l’abolition de l’esclavage que beaucoup de Noirs ont pris le nom de « Freeman ». Le jour où j’ai appris ça, j’ai commencé à voir mes ancêtres sous un nouveau jour. »
« Chères sœurs, le peuple noir ne sera jamais libre tant que les femmes noires ne participeront pas à tous les aspects de la lutte. »

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Assata Shakur
Citations et Extraits (2)
Les citations traduites ci-dessous sont extraites de divers textes, entretiens, discours et lettres d’Assata Shakur. On peut retrouver ces citations et d’autres, en anglais, à l’adresse suivante :
www.assatashakur.org/axioms.htm.

Collectif Angles Morts, avec Lukas Podzhog
anglesmorts@gmail.com

« La révolution est une science, cela je l’ai compris il y a longtemps. Les généralités ne me suffisaient plus. Comme mes camarades, je pensais qu’une plus grande complexité politique était nécessaire et que l’unité de la communauté noire était devenue une priorité. Nous ne pouvions pas nous permettre d’oublier les leçons que nous avions tirées du COINTELPRO. à mes yeux, forger une conscience nationale me semblait une des tâches les plus importantes qui nous attendaient. Je ne voyais pas comment nous aurions pu sérieusement lutter sans avoir un sens fort du collectif, sans nous sentir responsables les uns des autres, les uns face aux autres. »
« Comme tous les autres révolutionnaires noirs, l’Amérike essaye de me lyncher. »
« Nous sommes un peuple opprimé aux États-Unis et nous ne le savons même pas. Nous avons moins d’opportunités de devenir docteurs et avocats à mesure que les frais d’inscriptions augmentent. Notre problème est que nous voulons appartenir à une société qui veut nous opprimer. Nous voulons être les propriétaires de la plantation. à Cuba, nous voulons transformer la plantation en ferme collective. »

« J’ai déclaré la guerre aux riches qui prospèrent sur notre misère, aux politiciens qui nous mentent le sourire aux lèvres et à tous les robots sans esprit et sans cœur qui les protègent, eux et leur propriété. Je suis une révolutionnaire noire, et en tant que telle, je suis victime de toute la rage, la haine et la calomnie dont l’Amérike est capable. »
«Nous ne pouvons pas nous permettre d’être spectateurs de la détérioration de nos vies. Nous devons aimer les nôtres véritablement et travailler à rendre cet amour plus fort. »
« Plus tu comprends ce à quoi tu t’attaques, plus tu deviens fort. Les gens voient la peur comme une mauvaise chose. La peur est saine quand tu t’attaques à l’Amérike. Mais quand la peur te contrôle, quand tu as peur de lutter, la peur est une mauvaise chose. J’ai plus peur de ce qui se passerait si je ne luttais pas que de ce qui arrivera si je le fais. »
« Personne au monde, personne dans l’histoire n’a jamais obtenu sa liberté en faisant appel au sens moral de ceux qui l’oppriment. »
« Le Hip Hop peut être une arme très puissante pour aider à élargir la conscience politique et sociale de la jeunesse. Mais comme toute arme, si tu ne sais pas comment l’utiliser, si tu ne sais pas dans quelle direction la pointer, ou pourquoi tu l’utilises, tu peux finir par te tirer dans le pied ou par descendre tes sœurs ou tes frères. Le gouvernement s’est tout de suite aperçu de l’énorme potentiel révolutionnaire du rap. Certains politiciens ont sauté sur l’occasion pour attaquer des rappeurs comme Sister Soldier ou NWA. Plusieurs syndicats de police dans ce pays ont exprimé ouvertement leur hostilité envers des rappeurs. Pour eux, la plupart des rappeurs tombent dans la catégorie des criminels potentiels, tueurs de flics, ou subversifs. »
« Ils nous appellent « délinquants », pourtant, pour la plupart d’entre nous, chaque fois que nous allons chercher notre salaire, on nous vole. Chaque fois que nous entrons dans un magasin de notre quartier, on nous braque. Et chaque fois que nous payons notre loyer, le propriétaire nous enfonce un flingue dans les côtes. »

« Comment osent-ils nous appeler « terroristes » alors que nous étions ceux qu’on terrorisait ? La terreur faisait constamment partie de ma vie… Nous vivions sous la terreur policière. »

 

« Notre désir d’être libres doit se manifester dans tout ce que nous sommes et dans tout ce que nous faisons. »

« Les gens ne vous soutiendront que si vous répondez aux problèmes qui les préoccupent, que si vous y contribuez dans un sens positif. La première chose que l’ennemi tente de faire est d’isoler les révolutionnaires des masses, de nous caricaturer en monstres horribles et hideux, pour amener les nôtres à nous détester. »

« La paix est un don précieux. Un sommeil paisible, un esprit et une âme en paix sont autant de luxes que peu de révoltés peuvent s’offrir. »

« Seul un imbécile laisse quelqu’un d’autre lui dire qui est son ennemi… Ne laissez jamais vos ennemis choisir vos ennemis à votre place. »

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A MESSAGE TO MY SISTAS
ASSATA SHAKUR

« Message à mes soeurs » est une courte lettre, datée du 11 mars 2005, où Assata Shakur expose sa conception du féminisme noir révolutionnaire, de la solidarité féminine, de la violente condition des femmes noires américaines. Cette traduction fait suite à celle du texte « Femmes en prison : qu’advient-il de nous ? » , consacré aux femmes dans le système carcéral américain.

Collectif Angles Morts
anglesmorts@gmail.com

Je souhaiterais maintenant dire quelques mots qui s’adressent spécialement à mes soeurs.
Mes Soeurs, le peuple noir ne sera libre tant que les femmes noires ne participeront pas à tous les aspects de notre lutte, à tous les niveaux de notre lutte. Je pense que les femmes noires, plus que quiconque au monde, sont conscientes de l’urgence de notre situation. Car c’est Nous qui devons affronter quotidiennement les institutions qui Nous oppriment. C’est Nous qui assumons la grande responsabilité d’élever nos enfants. C’est Nous qui avons à faire avec le système de protection sociale qui ne se soucie pas du bien-être de nos enfants. Nous qui avons à faire au système éducatif qui n’éduque pas nos enfants. Nous qui avons affaire aux enseignants racistes qui inculquent à nos enfants la haine d’eux-mêmes. Nous qui observons les effets dévastateurs du racisme sur nos enfants.

Je veux simplement prendre un moment pour exprimer mon amour pour vous toutes qui risquez vos vies jour après jour en luttant ici en première ligne.

Nous qui avons vu nos petits grandir trop vite. Nous qui avons vu nos enfants rentrer à la maison en colère et frustrés, Nous qui les avons vus devenir de plus en plus amers et désabusés jour après jour. Nous qui avons vu l’expression fiévreuse de celui qui se sent pris au piège envahir le visage de nos enfants quand ils réalisent pleinement ce que signifie être noir en Amérikkke. Nous qui savons ce que signifie la privation. Combien de fois avons-Nous manqué d’argent pour payer le ticket de bus, le loyer, la nourriture, les vêtements. Combien de fois nos enfants sont-ils allés à l’école avec des vêtements rapiécés et chaussures trouées. Nous savons à quel point l’Amérikkke est un taudis infernal. Nous avons peur de laisser nos enfants aller jouer dehors. Nous avons peur de marcher dans la rue la nuit. Nous mes soeurs, avons vu nos petits, ces bébés que Nous avons mis au monde en nourrissant de grands espoirs, Nous avons vu leurs corps boursouflés et meurtris par les drogues, balafrés et déformés par les impacts de balles. Nous savons ce qu’est l’oppression. Nous avons été maltraitées de toutes les façons imaginables. Nous avons été maltraitées économiquement et politiquement. Nous avons été maltraitées physiquement. Nous avons été maltraitées sexuellement. Mes soeurs, Nous avons une longue et glorieuse histoire de lutte dans ce pays et sur cette terre. Les femmes afrikaines étaient des guerrières fortes et courageuses bien avant que Nous arrivions dans ce pays enchaînées. Et ici, en Amérikkke, nos soeurs ont été en première ligne. La soeur Harriet Tubman dirigea le Underground Railroad . Et des soeurs comme Rosa Parks, Fannie Lou Hammer, Sandra Pratt et Queen Mother Moore ont pris le relais. Mes soeurs, Nous avons été la colonne vertébrale de nos communautés, Nous devons être la colonne vertébrale de notre nation. Nous devons construire des unités familiales fortes, fondées sur l’amour et la lutte. Nous n’avons pas le temps de jouer.

Une femme révolutionnaire ne peut avoir un homme réactionnaire.

S’il ne se sent pas concerné par la libération, s’il ne se sent pas concerné par la lutte, s’il ne se sent pas concerné par la construction d’une nation noire forte, alors il ne se sent concerné par rien. Nous savons comment lutter. Nous savons comment lutter et Nous débrouiller pour survivre. Nous savons ce que signifie, mes soeurs, lutter bec et ongles. Nous savons ce que signifie lutter avec amour. Nous savons ce qu’est l’unité. Nous savons ce qu’est la sororité (sisterhood). Nous avons toujours été bonnes les unes envers les autres, Nous échangeant soupes et biscuits. Nous Nous sommes toujours entraidées dans les moments difficiles. Mes soeurs, Nous devons célébrer la féminité (womanhood) afrikaine. Nous ne voulons pas être comme Miss Ann . Elle peut garder ses faux cils et sa fausse féminité d’emprunt. Elle peut garder son écharpe en vison et ses meubles français. Nous définirons Nous-mêmes ce qu’est la féminité. Nous créerons notre propre style et nos propres styles vestimentaires. Nous ne pouvons laisser un homme blanc habitant en France dire aux femmes afrikaines ce à quoi elles doivent ressembler. Nous créerons notre propre mode de vie new afrikan . Nous créerons notre propre manière d’être et de vivre notre culture new afrikan, en prenant le meilleur du passé et en le fusionnant avec le présent.

Mes soeurs, Nous devons prendre le contrôle de nos vies et de notre futur où que Nous Nous trouvions. Et Nous devons Nous organiser en formant un puissant corps de femmes afrikaines.

Texte disponible à l’adresse suivante : http://www.bboykonsian.com/Femmes-en-prison-Qu-advient-il-de-nous-Assata-Shakur_a2977.html.
L’Underground Railroad (chemin de fer clandestin) était un réseau d’évasion des esclaves, qui fut essentiellement opérationnel dans les années 1850.
« Miss Ann » est une expression utilisée dans les communautés noires américaines pour désigner l’archétype de la femme blanche, tout comme « Mister Charlie » pour l’homme blanc.
L’appellation « New Afrikan » est utilisée par certains courants du mouvement nationaliste noir pour désigner les Africains-Américains, en tant que membres d’une nation africaine opprimée sur le territoire américain.

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