Appel: Tous devant l’ambassade de la Birmanie (Myanmar)

Rassemblement contre les massacres racistes en Birmanie (Myanmar)

Boulevard Général Wahis, 9, 1030 Bruxelles, vendredi 3 août 2012 de 16 à 18 heures

La Birmanie ou le Myanmar est un pays en Asie, qui a des frontières communes avec l’Inde, la Chine, le Bangladesh, le Laos et la Thaïlande. Dans ce pays de 55 millions d’habitants vivent les Rohingyas, une minorité musulmane d’un million de personnes. Cette communauté musulmane vit dans ce pays depuis le huitième siècle. Depuis les années soixante du siècle passé, le pays est dans les mains d’une dictature militaire. Depuis quelques décennies, la junte militaire au pouvoir a lancé un programme d’épuration ethnique et religieuse contre la communauté musulmane : 300.000 Rohingyas ont dû fuir au Bangladesh, 25.000 en Malaisie.

Depuis le 28 juin 2012, on estime le nombre de Rohingyas assassinés à 650, 1200 sont portés disparus, 90.000 personnes sont déplacées, suite à des pogroms des extrémistes bouddhistes religieux (les Rakhine à Arakan, un des sept états du pays), soutenus et protégés par la junte militaire.

Les Rohingyas, l’une des minorités les plus persécutées au monde

Les Rohingyas vivent dans un des états les plus pauvres de la Birmanie, où près de la moitié de la population n’a pas accès à l’eau potable, et seulement 30% de la population à des services de santé. Cette minorité musulmane est décrite par l’ONU comme l’une des minorités les plus persécutées au monde. Depuis la loi relative à la citoyenneté de 1982, ces musulmans ont été privés de leurs droits à la citoyenneté. Depuis, ils sont traités comme des  immigrants clandestins sur leurs propres terres. L’État birman ne se contente pas de faire d’eux des apatrides. Il leur supprime des libertés fondamentales et viole leurs droits : confiscation des terres, travail forcé, extorsion, l’absence de droit de séjour, des règles de mariage injustes, etc.

Depuis le début d’une nouvelle vague de haine et de violence raciste et religieuse il y a quelques semaines, les musulmans birmans fuient pour trouver refuge dans des pays limitrophes, comme le Bangladesh. Ce dernier, pays pauvre, a annoncé récemment ne plus pouvoir accueillir de réfugiés, en raison de la situation dans les camps, le manque de places et de moyens. Le pays accueille déjà près de 300 000 Rohingyas, dont quelques dizaines de milliers se trouvent dans des camps de réfugiés.

Le silence tue…

Les grands défenseurs de la démocratie et des droits humains dans le monde, les États-Unis et l’Europe, qui ont mis la junte militaire au ban pendant très longtemps, ont à peine dit un mot sur le sort de cette communauté musulmane. Et pour cause. Depuis 2011, l’Occident a changé de cap et est devenu très favorable vis-à-vis de la dictature birmane, qui dirige un pays extrêmement riche en minéraux et matières premières. Hilary Clinton, suivie par ses alliés européens, plaide pour lever le blocus du pays pour pouvoir s’y investir et ainsi empêcher la Chine d’être la seule bénéficiaire des richesses de ce pays. Preuve supplémentaire que l’Occident ne parle de démocratie que quand ça sert ses intérêts économiques. Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix en 1991, et icône de la démocratie birmane multiplie ses visites dans les pays occidentaux mais n’a pas encore dit un mot sur cette épuration ethnique et religieuse.

La haine religieuse aussi…

Certains veulent présenter les massacres comme un conflit entre deux religions, le bouddhisme et l’islam.  Comme d’autres qui disent que la persécution des bouddhistes au Bangladesh est l’œuvre de l’islam. Ces discours religieux ne servent pas les intérêts des musulmans en Birmanie, ni celui des bouddhistes au Bangladesh. Au lieu de propager une voie vers l’égalité, la paix et la justice, ces discours vont encore attiser les contradictions et les haines.

Est-ce le bouddhisme qui est en cause en Birmanie ? Non, ce sont des bandes bouddhistes extrémistes et nationalistes, protégés par l’État birman, qui sont à la base de la chasse à l’homme. Pas le bouddhisme, mais l’État et les multinationales qui exploitent et oppriment de la manière la plus atroce et féroce aussi bien musulmans, chrétiens, bouddhistes que non-croyants. Pas le bouddhisme, mais les dictateurs de servent des contradictions religieuses et refusent l’égalité à des parties de la population pour diriger la haine contre les minorités et ne pas contre eux-mêmes. Enfin, ils nient la complexité énorme des problèmes dans ces pays ex-colonisés, sur la possession des terres, l’accès  à l’eau, des relations entre les différentes ethnies et les différentes religions.

Arrestations abusives, discriminations, mauvais traitements : comment ne pas faire de lien entre la Birmanie, la Palestine, et nous ici à Bruxelles ?

Que pouvons-nous faire ?

Nous, ÉGALITAIRES, adhérons à ce qu’Aimé Césaire a déclaré : « Nous sommes de la race de ceux qu’on opprime ». Notre source d’inspiration dans notre combat global est la résistance palestinienne.

Ce vendredi, faisons entendre notre voix et manifestons devant l’ambassade de la Birmanie le vendredi 3 août pour exprimer haut et fort notre solidarité avec la communauté musulmane persécutée.

Mobilisons-nous dans notre pays contre le racisme d’État qui s’affermit de jour en jour. Qui désigne les habitants des quartiers populaires à Bruxelles comme les principales sources de tous les maux du système capitaliste alors qu’ils et elles en sont les premières victimes. Ce sont eux et elles qui sont, en premier lieu, discriminés à l’embauche, à l’avancement, au logement, etc. La crise, et l’austérité qui l’accompagne, ne frappent pas partout de la même manière : les quartiers populaires sont les plus durement touchés par le chômage, par le démantèlement du service public et par les coupes budgétaires massives.

Mobilisons-nous contre les couvre-feux, le quadrillage des quartiers populaires par les polices, les violences policières impunies, la gestion des « flux migratoires » de plus en plus accrue et féroce, les lois et décrets islamophobes pour évincer les musulmans de l’espace public.

Mobilisons-nous pour le retrait des troupes belges d’Afghanistan, contre les menaces à l’encontre de  l’Iran et de la Syrie, contre le soutien total au projet sioniste de la part des plus hauts sommets de l’état belge.

Ne cédons pas sur le sort des détenus torturés dans les prisons du Maroc et de Guantanamo ou de ceux emprisonnés en Belgique.

Nordine Saïdi

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