Les Damnés de la terre est le livre le plus radical et le plus influent de Frantz Fanon : il exprime les contradictions et les potentialités révolutionnaires de toute la conjoncture de la décolonisation. Pourtant, comme le montre ici Bashir Abu-Manneh dans un article initialement publié par Catalyst, sa réception postcoloniale l’a souvent défiguré — en occultant le socialisme de Fanon et son analyse de classe, et en le réduisant à un prophète de la violence.