Conversion infernale
On rencontre dans les Confessions de Saint Augustin l’un des plus célèbres récits de conversion de l’histoire de la pensée religieuse. Alors qu’il se morfond dans le jardin de Milan, Augustin entend un chant enfantin depuis une maison voisine, qui lui implore de lire. Ouvrant sa Bible au hasard, il tombe alors sur les mots dont son cœur avait besoin et dont la lecture bouleverse son existence à jamais. Cependant, bien davantage qu’un choc de l’émerveillement, cet événement de la conversion résulte d’un long désir d’Augustin, d’un vieil effort pour lutter contre ses « habitudes » (peut-être parlerions-nous aujourd’hui d’addictions) qui rivaient sa vie au péché et le privaient de l’accès intime et direct à Dieu qu’il caressait de ses vœux. Il décrit lui-même sa conversion comme l’éclat d’une certitude qui dissipe enfin les doutes. Son esprit vient trouver le repos en Dieu : Il est la réalité immuable et ultime qui contraste avec un monde mouvant dont la loi est de dégradation et de dépérissement.