{"id":82,"date":"2009-09-03T02:11:06","date_gmt":"2009-09-03T01:11:06","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/?p=82"},"modified":"2013-11-09T22:38:43","modified_gmt":"2013-11-09T21:38:43","slug":"mohamed-binyam-detenu-a-guantanamo-torture-au-maroc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/?p=82","title":{"rendered":"Mohamed Binyam, d\u00e9tenu \u00e0 Guantanamo, tortur\u00e9 au Maroc"},"content":{"rendered":"<div id=\"post-body-2901355581527046809\"><a href=\"http:\/\/1.bp.blogspot.com\/_XJbH0XrE-9g\/SoQryPSqJxI\/AAAAAAAAAIk\/cMhSY-xt59E\/s1600-h\/London+July+2009+062.JPG\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" id=\"BLOGGER_PHOTO_ID_5369464797830719250\" alt=\"\" src=\"https:\/\/lh3.ggpht.com\/_XJbH0XrE-9g\/SoQryPSqJxI\/AAAAAAAAAIk\/cMhSY-xt59E\/s320\/London+July+2009+062.JPG\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<div>par Luk Vervaet<\/div>\n<div><\/div>\n<div>J\u2019ai rencontr\u00e9 Mohamed Binyam \u00e0 Londres, le 30 juillet 2009, lors d\u2019une conf\u00e9rence de presse.<\/div>\n<div>Il y parlait pour la premi\u00e8re fois en public depuis sa sortie de Guantanamo, le 23 f\u00e9vrier 2009. Mohamed et quatre autres ex-d\u00e9tenus de Guantanamo(1) y ont lanc\u00e9 le \u00ab Guantanamo Justice Centre \u00bb (<a href=\"http:\/\/www.gitmojusticecentre.com\/\">www.gitmojusticecentre.com<\/a>). Ce centre disposera d\u2019un si\u00e8ge central \u00e0 Gen\u00e8ve et d\u2019une maison \u00e0 Londres. Il a \u00e9t\u00e9 mis sur pied \u00ab<em> par des ex-d\u00e9tenus de Guantanamo, pour les (ex-)d\u00e9tenus, parce qe nous avons compris que seules les personnes qui ont souffert de la m\u00eame mani\u00e8re peuvent se comprendre et s\u2019entraider <\/em>\u00bb. Le \u00ab Guantanamo Justice Centre \u00bb poursuit trois objectifs.<!--more--><\/div>\n<div>D\u2019abord, venir en aide \u00e0 ceux qui sont encore emprisonn\u00e9s \u2013 il y a toujours 229 d\u00e9tenus \u00e0 Guantanamo et un nombre inconnu dans des prisons secr\u00e8tes \u2013, o\u00f9 ils sont souvent victimes de torture et d\u2019abus, afin qu\u2019ils soient lib\u00e9r\u00e9s ou aient droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable.<\/div>\n<div>Ensuite, soutenir les 500 ex-d\u00e9tenus de Guantanamo \u00e0 se \u00ab <em>r\u00e9int\u00e9grer dans la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re positive et pacifique<\/em> \u00bb, avec une attention particuli\u00e8re pour ceux \u00ab <em>qui se retrouvent dans des pays o\u00f9 il y a peu de moyens disponibles pour les aider et dont les gouvernements ne respectent pas les droits de l\u2019homme <\/em>\u00bb. Et enfin, soutenir les familles de ceux qui sont toujours d\u00e9tenus. \u00ab <em>La plupart des ex-d\u00e9tenus de Guantanamo ne viennent pas des pays occidentaux<\/em> \u00bb, expliquait Moazzam Begg, un des cinq ex-d\u00e9tenus. \u00ab <em>Dans leurs pays, ils ne re\u00e7oivent aucune aide, m\u00eame quand ils ont \u00e9t\u00e9 totalement innocent\u00e9s. Nous voulons intervenir au niveau de l\u2019\u00e9ducation et de l\u2019emploi, les aider \u00e0 r\u00e9int\u00e9grer leur famille, devenir des membres normaux de la soci\u00e9t\u00e9<\/em> \u00bb. A la conf\u00e9rence de presse, Moazzam et les autres parlent peu d\u2019eux-m\u00eames, mais surtout des ex-d\u00e9tenus qui vivent au Y\u00e9men, en Jordanie, en Alg\u00e9rie, au Tchad\u2026 Beaucoup d\u2019entre eux sont malades, un a perdu la vue, un autre l\u2019ou\u00efe \u00e0 cause des bruits auxquels il a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9, d\u2019autres encore ont besoin d\u2019une intervention m\u00e9dicale et psychologique urgente mais n\u2019en ont pas les moyens. Un jeune Tchadien, arr\u00eat\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 14 ans et rel\u00e2ch\u00e9 en juin 2009, vit actuellement dans la rue, rejet\u00e9 par sa famille. Seuls 25 des 500 ex-d\u00e9tenus ont retrouv\u00e9 un travail.<\/div>\n<div><strong>Le stigmate de Guantanamo.<\/strong><\/div>\n<div>Moazzam Begg : \u00ab <em>Nous, les d\u00e9tenus de Guantanamo, avons \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9s comme \u00ab les pires des pires \u00bb. C\u2019\u00e9tait un mensonge, mais le stigmate reste. Nous \u00e9tions des \u00ab\u00a0suspects terroristes\u00a0\u00bb, alors aux yeux des autres, nous devons \u00eatre coupables de quelque chose, nous vivons dans une d\u00e9mocratie, elle ne peut quand m\u00eame pas se tromper \u00e0 tel point.. C\u2019est \u00e7a, le stigmate de Guantanamo<\/em>.\u00bb<\/div>\n<div>\u00ab <em>Je ne recherche pas une compensation financi\u00e8re<\/em> \u00bb, pr\u00e9cise Mohamed Binyam. C\u2019est un jeune homme de 31 ans, qui parle de mani\u00e8re calme, modeste, retenue, parfois \u00e9mue : \u00ab <em>Combien d\u2019argent devraient-ils me donner pour que je puisse oublier mes sept ann\u00e9es de captivit\u00e9 ? Les Am\u00e9ricains m\u2019ont dit : \u201cTu es coupable jusqu\u2019au moment o\u00f9 tu nous as prouv\u00e9 le contraire\u201d. Serez-vous \u00e9tonn\u00e9s si je vous dis que je ne crois plus que j\u2019ai des droits ? Les gens aiment entendre des histoires sur la torture : quelqu\u2019un pendu ici, un autre battu l\u00e0-bas, du sang partout. Mais \u00e7a, ce n\u2019est que la torture physique. Ils ne se r\u00e9alisent pas qu\u2019une fois dehors, \u00e0 chaque fois que vous voyez une corde, \u00e7a vous renvoie au temps o\u00f9 vous avez \u00e9t\u00e9 pendu. Cela ne vous quitte jamais. Chaque fois que vous me posez une question, j\u2019ai l\u2019impression de subir \u00e0 nouveau un interrogatoire. Quand j\u2019entre dans une chambre et que la lumi\u00e8re s\u2019\u00e9teint pour une raison ou une autre, je me retrouve dans la \u00ab Prison Noire \u00bb (la prison secr\u00e8te de la CIA pr\u00e8s de Kaboul). C\u2019est tr\u00e8s dur : nous continuons \u00e0 vivre dans un monde de torture, dans le syst\u00e8me Guantanamo. Je n\u2019arrive pas \u00e0 retrouver ma place dans la soci\u00e9t\u00e9. Je ne peux penser qu\u2019en termes Guantanamo. Aucune institution d\u2019aide ni aucune fondation m\u00e9dicale au monde ne peut changer ce que je ressens. Si c\u2019est comme cela pour moi, comment cela doit-il \u00eatre pour un ex-d\u00e9tenu qui vit au Tchad ? De mon point de vue, un mal a \u00e9t\u00e9 commis, quelqu\u2019un devra le r\u00e9parer<\/em>\u201d.<\/div>\n<div><strong>L\u2019histoire de Mohamed Binyam<\/strong><\/div>\n<div>Mohamed Binyam est n\u00e9 en Ethiopie en 1978. Quand il a 16 ans, sa famille demande l\u2019asile politique en Grande Bretagne. Demande refus\u00e9e, mais Mohamed re\u00e7oit une permission temporaire pour rester. Il travaille dans le nettoyage et entreprend des \u00e9tudes. Il se convertit \u00e0 l\u2019Islam en 2001 et part en voyage au Pakistan et en Afghanistan. En avril 2002, il a 24 ans et, alors qu\u2019il retourne en Grande Bretagne, il est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Karachi. Il sera tortur\u00e9 au Pakistan puis transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Kaboul dans une prison secr\u00e8te de la CIA. Avant d\u2019\u00eatre enferm\u00e9 \u00e0 Guantanamo jusqu\u2019en f\u00e9vrier 2009, il va \u2013 ce sont ses mots \u2013 \u201c<em>passer 550 jours dans une chambre de torture au Maroc<\/em>\u201d. Voici ce qu\u2019a not\u00e9 Ian Cobain, l\u2019\u00e9minent journaliste du Guardian, sur le traitement que Mohamed Binyam a subi au Maroc \u00e0 la demande des services secrets am\u00e9ricains et britanniques. Comme l\u2019a reconnu la Cour supr\u00eame de Londres, le 31 juillet dernier, ce sont ces derniers qui ont fourni les questions \u00e0 lui poser pendant ses interrogatoires. \u201c<em>Pendant 18 mois, il a \u00e9t\u00e9 battu, expos\u00e9 \u00e0 des sons assourdissants, \u00e9bouillant\u00e9 avec un liquide br\u00fblant, ses membres \u00e9tir\u00e9s. Des scalpels ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour faire des incisions de quelques centim\u00e8tres sur sa poitrine et le long de son p\u00e9nis<\/em>\u201d(2).<\/div>\n<div>Ce n\u2019est qu\u2019en 2008 que Mohamed Binyam sera inculp\u00e9 formellement par le Pentagone de \u201cconspiration pour commettre des actes terroristes et des crimes de guerre\u201d. Le proc\u00e8s n\u2019aura jamais lieu.<\/div>\n<div>Les inculp\u00e9s et leurs familles, leurs avocats(3), The Guardian, des activistes de diff\u00e9rentes associations(4) et des \u00e9crivains engag\u00e9s (5) ont men\u00e9 un combat acharn\u00e9 pendant pr\u00e8s d\u2019une d\u00e9cennie pour que Mohamed et les autres soient rel\u00e2ch\u00e9s de Guantanamo et pour que la justice britannique reconnaisse enfin la torture dont ils ont \u00e9t\u00e9 victimes et ouvre un examen sur l\u2019implication de \u00ab leurs \u00bb services secrets dans ces affaires. Un groupe de parlementaires, au-del\u00e0 des appartenances politiques, a \u00e9galement demand\u00e9 une enqu\u00eate dans l\u2019implication des services de s\u00e9curit\u00e9 et d\u2019intelligence sur base du travail de la justice.(1) Sami al-Haj, le cam\u00e9raman d\u2019Al Jazeera, rel\u00e2ch\u00e9 en mai 2008, Jamil El-Banna et Omar Deghayes, rel\u00e2ch\u00e9s en d\u00e9cembre 2007, et Moazzam Begg, rel\u00e2ch\u00e9 en janvier 2005<\/div>\n<div>(2) Parmi eux : Clive Stafford Smith, Gareth Pierce..<\/div>\n<div>(3) The Guardian, 8 juillet 2009, The truth about torture, Britain\u2019s catalogue of shame, by Ian Cobain<\/div>\n<div>(4) Cageprisoners, Reprieve, Redress, Campacc, Muslim Prisoners Support Group, Institute for Race Relations et autres<\/div>\n<div>(5) Parmi eux : Victoria Brittain, Andy Worthington<\/div>\n<\/div>\n<p>par Luk Vervaet<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Luk Vervaet J\u2019ai rencontr\u00e9 Mohamed Binyam \u00e0 Londres, le 30 juillet 2009, lors d\u2019une conf\u00e9rence de presse. Il y parlait pour la premi\u00e8re fois en public depuis sa sortie de Guantanamo, le 23 f\u00e9vrier 2009. Mohamed et quatre autres ex-d\u00e9tenus de Guantanamo(1) y ont lanc\u00e9 le \u00ab Guantanamo Justice Centre \u00bb (www.gitmojusticecentre.com). Ce centre &#8230; <a title=\"Mohamed Binyam, d\u00e9tenu \u00e0 Guantanamo, tortur\u00e9 au Maroc\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/?p=82\" aria-label=\"En savoir plus sur Mohamed Binyam, d\u00e9tenu \u00e0 Guantanamo, tortur\u00e9 au Maroc\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":80,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[24,8],"tags":[26],"class_list":["post-82","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-belgique-maroc","category-prisons","tag-extradition"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/82","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=82"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/82\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":137,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/82\/revisions\/137"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/80"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=82"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=82"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=82"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}