{"id":4768,"date":"2021-05-06T17:45:11","date_gmt":"2021-05-06T16:45:11","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/?p=4768"},"modified":"2021-05-06T17:45:11","modified_gmt":"2021-05-06T16:45:11","slug":"introduction-de-chafik-sayari-a-son-livre-une-histoire-politique-du-ring-noir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/?p=4768","title":{"rendered":"Introduction de Chafik Sayari \u00e0 son livre : Une histoire politique du ring noir"},"content":{"rendered":"<p align=\"RIGHT\"><b>Avec l\u2019aimable autorisation des Editions Syllepse<\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b><a href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/une-histoire-politique-du-ring-noir-_r_22_i_841.html\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-50285\" src=\"https:\/\/entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com\/2021\/04\/une-histoire-politique-du-ring-noir-une.jpg?w=200&amp;h=300\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" srcset=\"https:\/\/entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com\/2021\/04\/une-histoire-politique-du-ring-noir-une.jpg?w=200&amp;h=300 200w, https:\/\/entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com\/2021\/04\/une-histoire-politique-du-ring-noir-une.jpg?w=400&amp;h=600 400w, https:\/\/entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com\/2021\/04\/une-histoire-politique-du-ring-noir-une.jpg?w=100&amp;h=150 100w\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" data-attachment-id=\"50285\" data-permalink=\"https:\/\/entreleslignesentrelesmots.blog\/2021\/04\/26\/introduction-de-chafik-sayari-a-son-livre-une-histoire-politique-du-ring-noir\/une-histoire-politique-du-ring-noir-une\/\" data-orig-file=\"https:\/\/entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com\/2021\/04\/une-histoire-politique-du-ring-noir-une.jpg\" data-orig-size=\"800,1200\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"une-histoire-politique-du-ring-noir-une\" data-image-description=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com\/2021\/04\/une-histoire-politique-du-ring-noir-une.jpg?w=200\" data-large-file=\"https:\/\/entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com\/2021\/04\/une-histoire-politique-du-ring-noir-une.jpg?w=500\" \/><\/a>Le persistant fant\u00f4me de l\u2019Espoir blanc<\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le 24\u202fmars 1975, Sylvester Stallone, qui n\u2019est alors qu\u2019un inconnu, assiste au combat qui oppose Muhammad Ali \u00e0 Chuck Wepner. Ce jour-l\u00e0, en d\u00e9pit de toutes les pr\u00e9visions, Wepner r\u00e9siste d\u2019une mani\u00e8re si remarquable qu\u2019il contraint le champion du monde \u00e0 batailler jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ultime round pour remporter la d\u00e9cision. Pour le jeune Stallone, qui fut profond\u00e9ment secou\u00e9 par le spectacle, il importait peu que David n\u2019ait pu mettre Goliath \u00e0 terre car, malgr\u00e9 les innombrables coups re\u00e7us et un visage devenu peu \u00e0 peu m\u00e9connaissable, Chuck Wepner lui apparut comme le \u00ab\u00a0gladiateur du 20<sup>e\u00a0<\/sup>si\u00e8cle. Une m\u00e9tamorphose de la vie<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote1anc\"><\/a>1<\/sup>\u00a0\u00bb.<!--more--><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Encore sous le choc du spectacle auquel il venait d\u2019assister, Stallone se mit aussit\u00f4t en t\u00eate d\u2019\u00e9crire un sc\u00e9nario qui donna lieu, l\u2019ann\u00e9e suivante, au premier \u00e9pisode de la saga\u00a0<i>Rocky<\/i>. R\u00e9alis\u00e9e par John G.\u00a0Avildsen, cette \u0153uvre narre l\u2019existence de Rocky Balboa, un boxeur qui semble condamn\u00e9 \u00e0 \u00e9cumer les rings de la ville de Philadelphie pour gagner \u00e0 peine de quoi survivre. Si l\u2019on excepte le caract\u00e8re comique et pour le moins invraisemblable des combats qui sont mis en sc\u00e8ne, ce premier volet de la s\u00e9rie\u00a0<i>Rocky<\/i>\u00a0a le m\u00e9rite de montrer le quotidien des boxeurs anonymes qui semblent tout droit sortis d\u2019une nouvelle de Jack London<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote2anc\"><\/a>2<\/sup>. Comme chez ce dernier, ces combattants n\u2019ont d\u2019autre choix que de mettre en jeu leur sant\u00e9 et leur amour-propre pour assurer leur pitance.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Si ce premier \u00e9pisode de la saga\u00a0<i>Rocky<\/i>\u00a0lorgne par certains aspects le tragique\u00a0<i>Fat City<\/i>\u00a0(1972) de John Huston, il s\u2019en distancie toutefois par le discours. Alors que le protagoniste de\u00a0<i>Fat City<\/i>\u00a0semble \u00e9cras\u00e9 par la solitude, le temps qui passe et un inexorable destin qui le condamne \u00e0 l\u2019avance, Rocky Balboa se voit, quant \u00e0 lui, r\u00e9compens\u00e9 par les faveurs de la providence. Dans un registre totalement \u00e9tranger \u00e0 la vision de Huston, chez qui la qu\u00eate l\u2019emporte sur la conqu\u00eate, le r\u00e9cit de John G.\u00a0Avildsen laisse place \u00e0 un heureux d\u00e9nouement. Car aussi tragiques que puissent \u00eatre l\u2019existence de ces boxeurs et l\u2019attristante peinture esquiss\u00e9e du prol\u00e9tariat philadelphien,\u00a0<i>Rocky<\/i>\u00a0n\u2019en demeure pas moins une illustration \u00e9clatante du r\u00eave am\u00e9ricain. Alors qu\u2019il semble condamn\u00e9 aux petites combines et m\u00e9tiers les plus harassants, Rocky Balboa finit par \u00eatre d\u00e9sign\u00e9, \u00e0 la suite d\u2019un improbable concours de circonstances, pour d\u00e9fier le champion du monde noir Apollo Creed. En effet, ce dernier, qui vient d\u2019apprendre que le futur combat pour la conservation de son titre a \u00e9t\u00e9 ajourn\u00e9 en raison de la blessure de son adversaire, refuse de demeurer inactif. Il d\u00e9cide alors, pour entretenir sa forme, son image et ses finances, d\u2019offrir sa chance \u00e0 un illustre inconnu en d\u00e9clarant\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019Am\u00e9rique est un pays o\u00f9 on donne \u00e0 chacun sa chance\u00a0? Alors [je] donnerai \u00e0 un ringard de troisi\u00e8me zone sa chance.\u00a0\u00bb Et au terme d\u2019un interminable moment \u00e0 parcourir les pages d\u2019un imposant Bottin qui r\u00e9pertorie les milliers de boxeurs amateurs et \u00e0 exclure de nombreux pr\u00e9tendants, son regard s\u2019arr\u00eate sur le nom de Rocky Balboa\u00a0:<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>L\u2019\u00c9talon italien [\u2026] Rocky Balboa, \u00e7a, c\u2019est un nom qui parle\u00a0! Les m\u00e9dias vont en raffoler. Qui a d\u00e9couvert l\u2019Am\u00e9rique\u00a0? Un Italien, pas vrai\u00a0? \u00c7a serait formidable de s\u2019accrocher avec l\u2019un de ses descendants!<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Sans qu\u2019il soit ais\u00e9 de d\u00e9m\u00ealer la profession de foi du sous-texte ironique, Apollo Creed se lance ensuite dans un plaidoyer sur l\u2019Am\u00e9rique- et les chances qu\u2019elle offre \u00e0 n\u2019importe lequel de ses fils avant de conclure par un vibrant hommage aux p\u00e8res fondateurs de la nation. Ainsi, le discours id\u00e9ologique qui sous-tend le film n\u2019est pas tenu par le h\u00e9ros, qui surprend par sa simplicit\u00e9 d\u2019esprit, mais par Apollo Creed, dont on devine d\u00e9j\u00e0 le cuisant \u00e9chec auquel il se condamne. Enfin, apr\u00e8s avoir p\u00e9ror\u00e9 sur la grandeur de la nation am\u00e9ricaine, Creed d\u00e9cide d\u2019imposer la date de l\u2019\u00e9v\u00e9nement\u2009: le combat se tiendra le 4\u00a0juillet, c\u2019est-\u00e0-dire le Jour de l\u2019ind\u00e9pendance. D\u2019une certaine mani\u00e8re, c\u2019est sa d\u00e9claration d\u2019amour \u00e0 l\u2019Am\u00e9rique qui causera sa perte.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Si tel ne fut peut-\u00eatre pas le propos du r\u00e9alisateur, par un troublant hasard, cette date du 4\u00a0juillet co\u00efncide avec un \u00e9v\u00e9nement important de l\u2019histoire de la boxe et de l\u2019histoire des \u00c9tats-Unis. En effet, c\u2019est lors du 4\u00a0juillet 1910 qu\u2019eut lieu le combat qui vit Jack Johnson humilier son adversaire, Jim Jeffries, qui n\u2019\u00e9tait autre que le boxeur par lequel l\u2019Am\u00e9rique blanche esp\u00e9rait faire chuter le premier champion du monde poids lourds noir de l\u2019histoire. L\u2019issue de la rencontre fut si mal accept\u00e9e par une partie de la population blanche qu\u2019elle donna lieu \u00e0 un d\u00e9cha\u00eenement de violence qui provoqua la mort d\u2019une dizaine de Noirs \u00e0 travers tout le pays. Cet \u00e9v\u00e9nement, qui marquera durablement les esprits, fera dire \u00e0 l\u2019historien Randy Roberts que \u00ab\u00a0rien jusqu\u2019\u00e0 l\u2019assassinat de Martin Luther King, en\u00a01968, ne d\u00e9clenchera pareille haine aux \u00c9tats-Unis que la victoire de Jack Johnson \u00e0 Reno<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote3anc\"><\/a>3<\/sup>\u00a0\u00bb. Aussi, s\u2019il est possible que le r\u00e9alisateur n\u2019ait en aucun cas voulu exorciser ce lointain et troublant souvenir, il n\u2019en demeure pas moins que de nombreux signes t\u00e9moignent de la pr\u00e9sence de la question raciale tout au long des trois premiers \u00e9pisodes de la saga. Ainsi, si Stallone affirme s\u2019\u00eatre inspir\u00e9 des boxeurs Chuck Wepner et Rocky Marciano pour fa\u00e7onner le personnage de Rocky, ce sont davantage les mod\u00e8les qui lui ont permis de donner vie aux adversaires du h\u00e9ros qui interpellent. Si l\u2019acteur n\u2019en indique aucun, il est toutefois ais\u00e9 de les identifier en raison des caract\u00e9ristiques et st\u00e9r\u00e9otypes qui leur \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00eat\u00e9s. Ce n\u2019est pas sans raison que Muhammad Ali affirmera quelque temps plus tard\u00a0:<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 si grand dans la boxe qu\u2019ils ont d\u00fb cr\u00e9er une image comme Rocky, une image blanche \u00e0 l\u2019\u00e9cran pour contrer mon image sur le ring. L\u2019Am\u00e9rique a besoin d\u2019ic\u00f4nes blanches et peu importe o\u00f9 elle va les chercher\u00a0: J\u00e9sus, Wonder Woman, Tarzan, Rocky<\/i><sup><i><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote4anc\"><\/a>4<\/i><\/sup><i>.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Car comment ne pas penser imm\u00e9diatement \u00e0 Muhammad Ali devant l\u2019attitude d\u2019Apollo Creed, qui ne recule devant rien pour ridiculiser son adversaire en dehors du ring, clame haut et fort sa sup\u00e9riorit\u00e9 avant d\u2019annoncer sa future victoire\u00a0? Toutefois, Creed serait un Ali qui aurait reni\u00e9 ses engagements pass\u00e9s comme en atteste son patriotisme exacerb\u00e9. Outre Muhammad Ali, Stallone semble s\u2019\u00eatre inspir\u00e9, pour le personnage d\u2019Apollo Creed, de certains boxeurs noirs qui furent, \u00e0 l\u2019instar de Joe Louis ou George Foreman, consid\u00e9r\u00e9s comme des Noirs respectables en raison de leur silence devant les effets quotidiens de la supr\u00e9matie blanche et leur patriotisme obs\u00e9quieux. Ainsi, avant de d\u00e9finitivement se soumettre \u00e0 son adversaire puis de perdre la vie en tentant vainement de d\u00e9fendre l\u2019honneur du monde libre<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote5anc\"><\/a>5<\/sup>, le personnage d\u2019Apollo Creed condense l\u2019attitude de trois boxeurs. Il est en quelque sorte un Joe Louis sous amph\u00e9tamines ou le st\u00e9r\u00e9otype du Noir babillard-mais-patriote, que le cin\u00e9ma \u00e9tasunien exploitera avec constance d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a01980.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais c\u2019est sans doute dans le troisi\u00e8me opus de la saga que ce paysage racial est le plus manifeste. Alors qu\u2019Apollo Creed est d\u00e9finitivement battu et qu\u2019il s\u2019appr\u00eate \u00e0 rejoindre le camp de son bourreau, Rocky est menac\u00e9 par un autre adversaire noir qui para\u00eet tout doit sorti du cauchemar le plus terrifiant de l\u2019Am\u00e9rique blanche. Stallone, qui a \u00e9crit et r\u00e9alis\u00e9 ce troisi\u00e8me \u00e9pisode, ne recule devant aucun effet pour diaboliser le personnage de Clubber Lang. Interpr\u00e9t\u00e9 par l\u2019acteur Laurence Tureaud, qui fut occasionnellement garde du corps de Muhammad Ali, le personnage porte en lui toutes les tares les plus manifestes pr\u00eat\u00e9es \u00e0 l\u2019homme noir\u00a0: violent, vulgaire et m\u00fb par une libido animale qui menace la femelle du m\u00e2le blanc. Ce personnage est inspir\u00e9, entre autres, par Muhammad Ali pour sa propension \u00e0 vanter sa grandeur et son m\u00e9pris des convenances mais \u00e9galement par le st\u00e9r\u00e9otype du \u00ab\u00a0<i>Bad Nigger\u00a0<\/i>\u00bb<i>,<\/i>\u00a0cette figure noire insoumise \u00e0 l\u2019ordre blanc qu\u2019a pu personnifier, dans l\u2019imaginaire \u00e9tasunien des ann\u00e9es\u00a01960, la figure de Sonny Liston. Cela est exemplairement illustr\u00e9 d\u00e8s la premi\u00e8re rencontre entre les deux hommes, lors de laquelle, apr\u00e8s avoir violemment d\u00e9fi\u00e9 Rocky Balboa, Clubber Lang lance publiquement \u00e0 l\u2019\u00e9pouse de son adversaire\u00a0:<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Toi, la femme, \u00e9coute un peu. Puisque ton mec est un d\u00e9gonfl\u00e9, pourquoi t\u2019essaies pas un vrai mec. Je parie que tu dors pas la nuit, tu r\u00eaves \u00e0 un homme, un vrai. Alors \u00e9coute-moi, ram\u00e8ne ta petite gueule \u00e0 mon appartement ce soir. Tu verras ce que c\u2019est un vrai mec\u2009!<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette sc\u00e8ne est lourde de sens, destin\u00e9e qu\u2019elle est \u00e0 mettre l\u2019accent sur la sexualit\u00e9 d\u00e9brid\u00e9e et animale de l\u2019homme noir tout en insistant dans le m\u00eame temps sur la menace pour la virilit\u00e9 de l\u2019homme blanc. Par ces quelques phrases, Clubber Lang rejoue le tabou le plus bavard de l\u2019imaginaire am\u00e9ricain\u00a0: celui d\u2019une relation sexuelle\u00a0\u2013 forc\u00e9ment contrainte\u00a0\u2013 entre un homme noir et une femme blanche. Avant d\u2019en finir avec le champion, dont il vient de mettre en question le courage et la virilit\u00e9, Clubber Lang est d\u00e9sireux de satisfaire ses pulsions sur sa compagne, qui ferait en quelque sorte office de troph\u00e9e. Balboa ne peut plus reculer et d\u00e9cide aussit\u00f4t de revenir sur sa d\u00e9cision\u00a0: il va sortir de sa retraite afin de ch\u00e2tier l\u2019inf\u00e2me N\u00e8gre qui, par certains aspects, n\u2019est pas sans rappeler le fant\u00f4me de Jack Johnson dont le crime qui pr\u00e9cipita sa chute avait \u00e9t\u00e9, plus de soixante ans plus t\u00f4t, sa fr\u00e9quentation assidue des femmes blanches.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 travers cette sc\u00e8ne, la saga\u00a0<i>Rocky<\/i>\u00a0convoque, sans qu\u2019il soit toujours ais\u00e9 de d\u00e9terminer les intentions (in)conscientes du sc\u00e9nariste, nombre de petits faits de l\u2019histoire de la boxe aux \u00c9tats-Unis et le fant\u00f4me de la race qui en est ins\u00e9parable. D\u2019une part,\u00a0<i>Rocky<\/i>\u00a0aborde la question de la virilit\u00e9 de l\u2019homme blanc \u00e0 la suite de l\u2019\u00e9masculation symbolique qu\u2019auraient constitu\u00e9 les ann\u00e9es\u00a01960, marqu\u00e9es par les mouvements noirs et f\u00e9ministes mais \u00e9galement par la guerre du Vietnam<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote6anc\"><\/a>6<\/sup>\u00a0et, d\u2019autre part, il incarne la figure messianique, n\u00e9e au d\u00e9but du si\u00e8cle, et \u00e0 laquelle l\u2019\u00e9crivain Jack London donnera le nom d\u2019Espoir blanc. Par cette appellation, qui conna\u00eetra une certaine fortune, on d\u00e9signa pendant longtemps tout boxeur susceptible de contester la sup\u00e9riorit\u00e9 suppos\u00e9e d\u2019un adversaire noir afin de pr\u00e9server ou restaurer le prestige de la race blanche. Autrement dit, \u00e0 chaque fois qu\u2019un boxeur noir s\u2019empara d\u2019un titre de champion du monde, un mouvement vit le jour pour trouver un combattant blanc qui r\u00e9tablirait l\u2019ordre racial. Loin de n\u2019\u00eatre qu\u2019un mouvement d\u2019humeur partag\u00e9 par quelques individus, cette obsession fera dire \u00e0 l\u2019\u00e9crivain Alexander Johnston qu\u2019elle donna lieu \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019un des chapitres les plus tristes de l\u2019histoire des poids lourds en Am\u00e9rique. Peut-\u00eatre que si nous avions parl\u00e9 de l\u2019un des chapitres les plus comiques de cette histoire, nous serions plus proches de la r\u00e9alit\u00e9. C\u2019est la p\u00e9riode que l\u2019on a appel\u00e9 \u201cla recherche de l\u2019Espoir blanc\u201d<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote7anc\"><\/a>7<\/sup>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Or, cette recherche de l\u2019Espoir blanc qui sature les premiers volets de la saga\u00a0<i>Rocky<\/i>, t\u00e9moigne de l\u2019importance de la question raciale qui traverse l\u2019histoire de la boxe. Il est certain que l\u2019une des raisons expliquant le succ\u00e8s du film est \u00e0 rechercher dans ce d\u00e9sir de revanche chez une partie du public et notamment dans une p\u00e9riode o\u00f9 la boxe poids lourds \u00e9tait totalement domin\u00e9e par des Noirs tels Muhammad Ali, George Foreman, Ken Norton, Joe Frazier ou Larry Holmes. Ainsi, le spectre de l\u2019Espoir blanc, qui prit naissance au d\u00e9but du 20<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, ne disparut pas pour autant \u00e0 l\u2019or\u00e9e des ann\u00e9es\u00a01980 comme en t\u00e9moigne le combat qui opposa, en\u00a01982, Larry Holmes, boxeur proche de Muhammad Ali, \u00e0 Gerry Cooney. \u00c0 l\u2019occasion de cette rencontre, Holmes n\u2019avait pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 relativiser la valeur des boxeurs blancs du pass\u00e9, tel Rocky Marciano, et plus encore celle de son adversaire dont la popularit\u00e9 ne pouvait s\u2019expliquer qu\u2019en raison de sa couleur de peau. Holmes ajoutait que plusieurs rencontres face \u00e0 des adversaires noirs ne lui avaient jamais permis d\u2019engranger une bourse comparable \u00e0 celle qu\u2019il s\u2019appr\u00eatait \u00e0 amasser en affrontant un boxeur aussi \u00ab\u00a0m\u00e9diocre\u00a0\u00bb que Gerry Cooney. Ces d\u00e9clarations provoqu\u00e8rent un scandale et valurent \u00e0 Holmes l\u2019inimit\u00e9 du public blanc. Or, il \u00e9tait difficile d\u2019ignorer la campagne de presse qui fut orchestr\u00e9e pour construire l\u2019opposition entre le boxeur noir, alors champion du monde, et l\u2019Espoir blanc. \u00c0 quelques jours de la rencontre, le magazine\u00a0<i>Time<\/i>\u00a0consacra sa couverture au combat \u00e0 venir en mettant c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te Gerry Cooney et Sylvester Stallone. Le message \u00e9tait on ne peut plus clair. Au lieu du champion du monde alors incontest\u00e9, \u00e0 qui cet honneur aurait d\u00fb logiquement revenir, la une du magazine faisait la part belle \u00e0 deux hommes qui symbolisaient cette figure si bavarde de l\u2019Espoir blanc. Et cette attente \u00e9tait celle d\u2019une partie de l\u2019Am\u00e9rique blanche et de son plus glorieux repr\u00e9sentant. Selon Joyce Carol Oates, le jour du combat, \u00ab\u00a0les services secrets du pr\u00e9sident Reagan ont install\u00e9 une liaison t\u00e9l\u00e9phonique sp\u00e9ciale dans la loge de Cooney pour que le boxeur blanc puisse \u00eatre imm\u00e9diatement f\u00e9licit\u00e9 s\u2019il gagnait\u2009; aucun t\u00e9l\u00e9phone de ce genre ne fut install\u00e9 dans la loge du champion noir<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" name=\"sdfootnote8anc\"><\/a>8<\/sup>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Plus que tout autre sport, et comme en attestent les productions culturelles auxquelles elle a donn\u00e9 lieu et continue de donner lieu, les enjeux de certains combats et la personnalit\u00e9 de certains protagonistes, la boxe permet de suivre quelques-uns des \u00e9pisodes de l\u2019histoire des relations raciales aux \u00c9tats-Unis et le combat, men\u00e9, de mani\u00e8re plus ou moins affirm\u00e9e, par quelques boxeurs noirs contre les fronti\u00e8res trac\u00e9es en vue de pr\u00e9server la supr\u00e9matie blanche. C\u2019est de cette histoire dont il sera ici question. Elle sera esquiss\u00e9e \u00e0 travers la vie de quelques-uns des boxeurs poids lourds noirs les plus dominants de leur temps dont le parcours illustre une \u00e9vidence\u00a0: le ring \u00e9tasunien ne fut jamais un espace neutre et cela depuis le temps o\u00f9 il fut improvis\u00e9 au sein des plantations esclavagistes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Chafik Sayari\u00a0:\u00a0<i>Une histoire politique du ring noir<\/i><\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i><b>De Tom Molineaux \u00e0 Muhammad Ali<\/b><\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Editions Syllepse, Paris\u00a02021, 300\u00a0pages, 17\u00a0euros<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/une-histoire-politique-du-ring-noir-_r_22_i_841.html\">https:\/\/www.syllepse.net\/une-histoire-politique-du-ring-noir-_r_22_i_841.html<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" name=\"sdfootnote1sym\"><\/a>1. Nicolas Zeisler, \u00ab\u2009Chuck Wepner, l\u2019homme qui inspira Rocky\u2009\u00bb, 24\u202fd\u00e9cembre 2011,\u00a0<span lang=\"zxx\"><u><a href=\"http:\/\/www.ffboxe.com\/news-14574-boxe-professionnelle-chuck-wepner-l-homme-qui-inspira-rocky.html\">www.ffboxe.com\/news-14574-boxe-professionnelle-chuck-wepner-l-homme-qui-inspira-rocky.html<\/a><\/u><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" name=\"sdfootnote2sym\"><\/a>2. Voir Jack London,\u00a0<i>Une tranche de bifteck (<\/i>1909), dans\u00a0<i>Les temps maudits,\u00a0<\/i>Paris, 10\/18, 1973.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" name=\"sdfootnote3sym\"><\/a>3. Randy Roberts, cit\u00e9 dans \u00ab\u2009Portrait de Jack Johnson\u2009\u00bb,\u00a0<a href=\"http:\/\/www.ffboxe.com\/uncategorized\/portrait-de-jack-johnson\/\">www.ffboxe.com\/uncategorized\/portrait-de-jack-johnson\/<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" name=\"sdfootnote4sym\"><\/a>4. Jason Parham, \u00ab\u2009Muhammad Ali knew he was beautiful\u2009\u00bb, 6\u202fjuin 2016,\u00a0<span lang=\"zxx\"><u><a href=\"http:\/\/www.thefader.com\/\">www.thefader.com<\/a><\/u><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" name=\"sdfootnote5sym\"><\/a>5. Apollo Creed perdra en effet la vie dans le risible\u00a0<i>Rocky\u00a0IV\u00a0<\/i>(1985) face \u00e0 un monstre qui n\u2019est autre que le repr\u00e9sentant de l\u2019hydre sovi\u00e9tique.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" name=\"sdfootnote6sym\"><\/a>6. David Da Silva,\u00a0<i>Sylvester Stallone, h\u00e9ros de la classe ouvri\u00e8re<\/i><i>,<\/i>\u00a0La Madeleine, LettMottif, 2020, p.\u202f53.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" name=\"sdfootnote7sym\"><\/a>7. Alexander Johnston,\u00a0<i>Ten and out\u2009\u00a0!!\u00a0: The Complete Story of the Prize Ring in America,\u00a0<\/i>New York, Washburn, 1947, p.\u202f182.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p class=\"sdfootnote\">8. Joyce Carol Oates,\u00a0<i>De la boxe,<\/i>\u00a0Auch, Tristram, 2012, p.\u202f62-63.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"clk-row\">\n<div class=\"col-s-1 flex titre-detail\">\n<h4 style=\"text-align: center;\">UNE HISTOIRE POLITIQUE DU RING NOIR<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\">De Tom Molineaux \u00e0 Muhammad Ali<\/h4>\n<p><a class=\"btn-table\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/syllepse_images\/divers\/promoversionsite.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00a0Voir la Table des mati\u00e8res<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clk-row\">\n<div class=\"col-l-16-24\">\n<div class=\"bg-edito edito-produit\">\n<div class=\"edito\">\n<p><strong>Collection :<\/strong>\u00a0<i>\u00ab\u00a0<a title=\"Radical America\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/radical-america-_r_102.html\">Radical America<\/a>\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p><strong>Auteur-e :<\/strong>\u00a0<a title=\"Chafik Sayari\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/chafik-sayari-_r_35_lettre_C_c_1143.html\">Chafik Sayari<\/a><\/p>\n<p><strong>Parution :<\/strong>\u00a0Avril 2021<br \/>\n<strong>Pages :<\/strong>\u00a0300<br \/>\n<strong>Format :<\/strong>\u00a0150 x 210<br \/>\n<strong>ISBN :<\/strong>\u00a0978-2-84950-904-3-PDF<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"tabs-panier ui-tabs ui-corner-all ui-widget ui-widget-content\">\n<ul class=\"ui-tabs-nav ui-corner-all ui-helper-reset ui-helper-clearfix ui-widget-header\" role=\"tablist\">\n<li class=\"ui-tabs-tab ui-corner-top ui-state-default ui-tab ui-tabs-active ui-state-active\" tabindex=\"0\" role=\"tab\" aria-controls=\"tabs183\" aria-labelledby=\"ui-id-2\" aria-selected=\"true\" aria-expanded=\"true\"><a id=\"ui-id-2\" class=\"ui-tabs-anchor\" tabindex=\"-1\" role=\"presentation\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/une-histoire-politique-du-ring-noir-_r_22_i_841.html#tabs183\">VERSION PAPIER<\/a><\/li>\n<li class=\"ui-tabs-tab ui-corner-top ui-state-default ui-tab\" tabindex=\"-1\" role=\"tab\" aria-controls=\"tabs184\" aria-labelledby=\"ui-id-3\" aria-selected=\"false\" aria-expanded=\"false\"><a id=\"ui-id-3\" class=\"ui-tabs-anchor\" tabindex=\"-1\" role=\"presentation\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/une-histoire-politique-du-ring-noir-_r_22_i_841.html#tabs184\">VERSION EPUB<\/a><\/li>\n<li class=\"ui-tabs-tab ui-corner-top ui-state-default ui-tab\" tabindex=\"-1\" role=\"tab\" aria-controls=\"tabs185\" aria-labelledby=\"ui-id-4\" aria-selected=\"false\" aria-expanded=\"false\"><a id=\"ui-id-4\" class=\"ui-tabs-anchor\" tabindex=\"-1\" role=\"presentation\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/une-histoire-politique-du-ring-noir-_r_22_i_841.html#tabs185\">VERSION PDF<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<form id=\"AddForm\" class=\"AddForm\" action=\"https:\/\/www.syllepse.net\/index.phtml\" method=\"post\" name=\"AddForm\">\n<div id=\"tabs183\" class=\"tabs-wrapper ui-tabs-panel ui-corner-bottom ui-widget-content\" role=\"tabpanel\" aria-labelledby=\"ui-id-2\" aria-hidden=\"false\">\n<div class=\"col-m-1-2 tabs-content\">\n<p class=\"prix\">17,00\u00a0\u20ac<\/p>\n<p><button class=\"btn-commander\" type=\"submit\">AJOUTER AU PANIER<\/button><\/div>\n<div class=\"col-m-1-2 tabs-content\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.syllepse.net\/syllepse_images\/sitev2\/cart-visa.png\" \/><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.syllepse.net\/syllepse_images\/sitev2\/cart-paypal.png\" \/><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.syllepse.net\/syllepse_images\/sitev2\/cart-cic.png\" \/><\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<\/form>\n<form id=\"AddForm\" class=\"AddForm\" action=\"https:\/\/www.syllepse.net\/index.phtml\" method=\"post\" name=\"AddForm\"><\/form>\n<form id=\"AddForm\" class=\"AddForm\" action=\"https:\/\/www.syllepse.net\/index.phtml\" method=\"post\" name=\"AddForm\"><\/form>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clk-row clearfix\">\n<div class=\"col-m-1-4 col-mb2\">\n<p class=\"titre-box\">PR\u00c9SENTATION<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"col-s-1 col-mb2\">\n<p>Aux \u00c9tats-Unis, le ring a toujours \u00e9t\u00e9 un terrain de mise en sc\u00e8ne de la domination raciale et de sa contestation. Tel est le point de d\u00e9part d\u2019un r\u00e9cit sensible et incarn\u00e9, faisant revivre la trajectoire de quelques-uns des plus grands boxeurs noirs de l\u2019histoire am\u00e9ricaine. De la p\u00e9riode esclavagiste au mouvement des droits civiques des ann\u00e9es 1960, en passant par les deux guerres mondiales, la figure du boxeur noir n\u2019a cess\u00e9 de cristalliser les espoirs de la population afro-am\u00e9ricaine mais aussi la haine et le d\u00e9sir de vengeance du pouvoir et de ses alli\u00e9s.<br \/>\nOn croisera dans les pages de ce livre de nombreux boxeurs, dont Tom Molineaux, ancien esclave qui devint c\u00e9l\u00e8bre lorsque ses victoires port\u00e8rent atteinte au prestige racial blanc\u2009; Peter Jackson, victime, comme tant d\u2019autres boxeurs noirs, de la barri\u00e8re de couleur qui le priva de la cons\u00e9cration supr\u00eame sur le ring\u2009; Jack<br \/>\nJohnson, premier champion du monde noir des poids lourds en 1908, ou encore Muhammad Ali, \u00ab\u2009le plus grand\u2009\u00bb.<br \/>\nDans\u00a0<em>Histoire politique du ring noir<\/em>, sport et politique, racisme et histoire des \u00c9tats-Unis s\u2019entrem\u00ealent et dessinent des figures comme autant de coups port\u00e9s, re\u00e7us et esquiv\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec l\u2019aimable autorisation des Editions Syllepse Le persistant fant\u00f4me de l\u2019Espoir blanc Le 24\u202fmars 1975, Sylvester Stallone, qui n\u2019est alors qu\u2019un inconnu, assiste au combat qui oppose Muhammad Ali \u00e0 Chuck Wepner. Ce jour-l\u00e0, en d\u00e9pit de toutes les pr\u00e9visions, Wepner r\u00e9siste d\u2019une mani\u00e8re si remarquable qu\u2019il contraint le champion du monde \u00e0 batailler jusqu\u2019\u00e0 &#8230; <a title=\"Introduction de Chafik Sayari \u00e0 son livre : Une histoire politique du ring noir\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/?p=4768\" aria-label=\"En savoir plus sur Introduction de Chafik Sayari \u00e0 son livre : Une histoire politique du ring noir\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4769,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21,7,28],"tags":[84,456,168],"class_list":["post-4768","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-anti-imperialisme","category-negrophobie","category-racismes","tag-black-power","tag-chafik-sayari","tag-mohamed-ali"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4768","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4768"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4768\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4770,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4768\/revisions\/4770"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4769"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4768"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4768"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4768"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}