{"id":4677,"date":"2020-07-07T13:44:35","date_gmt":"2020-07-07T12:44:35","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/?p=4677"},"modified":"2021-02-25T13:47:08","modified_gmt":"2021-02-25T12:47:08","slug":"pour-une-nouvelle-orientation-de-la-commission-verite-et-reconciliation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/?p=4677","title":{"rendered":"Pour une nouvelle orientation de la Commission \u00ab\u00a0V\u00e9rit\u00e9 et R\u00e9conciliation\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>En vue de pr\u00e9parer la commission parlementaire \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation\u00a0\u00bb, une note a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9e au Mus\u00e9e de Tervuren. Cette note pose un nombre important de probl\u00e8mes \u00e9thiques, politiques, \u00e9pist\u00e9mologiques et est marqu\u00e9e par un certain nombre de manquements.<!--more--><\/p>\n<p><b>Critiques \u00e0 propos de la composition et des missions du groupe d\u2019experts pour la Commission de la \u00ab V\u00e9rit\u00e9 et de la R\u00e9conciliation \u00bb propos\u00e9es par le MRAC et les A.E.<\/b><\/p>\n<p class=\"right\">A Monsieur Patrick Dewael, Pr\u00e9sident de la Chambre des Repr\u00e9sentants,<\/p>\n<p class=\"right\">Aux diff\u00e9rents membres de Conf\u00e9rence des r\u00e9sidents,<\/p>\n<p class=\"right\">ainsi qu\u2019aux parlementaires<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mesdames et Messieurs,<\/p>\n<p>Nous nous permettons de vous faire part de nos vives inqui\u00e9tudes, analyses et recommandations quant \u00e0 la mise en place d\u2019une commission V\u00e9rit\u00e9 et R\u00e9conciliation sur le base de la note du Mus\u00e9e Royal d&rsquo;Afrique Centrale (MRAC) et des Archives de l&rsquo;Etat. Nous avons estim\u00e9 n\u00e9cessaire de vous faire part des diff\u00e9rents probl\u00e8mes que soul\u00e8vent la composition et les missions du groupe d\u2019experts.<\/p>\n<p><b>Le r\u00f4le probl\u00e9matique du Mus\u00e9e royal de l\u2019Afrique centrale<\/b><\/p>\n<p>La Note du MRAC et des AE propose de \u00ab clarifier compl\u00e8tement l\u2019impact que l\u2019Etat belge et les autorit\u00e9s belges, au sens large, ont eu sur l\u2019Etat ind\u00e9pendant du Congo et sur le pass\u00e9 colonial de la Belgique \u00bb (p.1). Vu le r\u00f4le et l\u2019impact que le Mus\u00e9e de Tervuren a eu dans la diffusion de th\u00e9ories colonialistes et racistes, dans la production de clich\u00e9s et pr\u00e9jug\u00e9s raciaux \u00e0 l\u2019\u00e9gard des populations du Congo, du Rwanda et du Burundi, dans la production des sciences coloniales, dans la re-colonisation apr\u00e8s 1960 du Congo, du Rwanda et du Burundi sous le sceau de la politique scientifique dite de \u00ab coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement \u00bb ; vu l\u2019impossibilit\u00e9 \u00e9prouv\u00e9e du Mus\u00e9e \u00e0 se d\u00e9coloniser \u00e0 partir de controverses engag\u00e9es par les experts mandat\u00e9s par le Comraf lors de la r\u00e9novation ; vu l\u2019inaction du Mus\u00e9e dans la restitution des artefacts pill\u00e9s depuis au moins les ann\u00e9es 1960 ; vu la plainte p\u00e9nale d\u00e9pos\u00e9e aupr\u00e8s du Procureur du roi pour \u00ab recel \u00bb et \u00ab blanchiment \u00bb dans le cas du masque Luba (effigie du Mus\u00e9e), vu la catastrophe tant \u00e9pist\u00e9mologique que mus\u00e9ographique de la nouvelle exposition de r\u00e9f\u00e9rence, le poids des experts et des r\u00e9seaux du MRAC ainsi que le lead que cette institution entend prendre sont inqui\u00e9tants. En tant qu\u2019institution publique f\u00e9d\u00e9rale, le MRAC peut et doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9, pour les travaux de la commission, comme un centre d\u2019archives et de documentations. Par ailleurs, comme le demande le texte adopt\u00e9 par la Chambre des Repr\u00e9sentants, le 10 juin 2020 (DOC 55 1334\/001) \u2013 un des objectifs de la commission est de \u00ab conna\u00eetre l\u2019implication des diff\u00e9rentes institutions belges dans la colonisation du Congo, du Rwanda et du Burundi \u00bb \u2013 le Mus\u00e9e doit donc faire l\u2019objet \u2013 plus qu\u2019en \u00eatre l\u2019agent \u2013 de r\u00e9flexions sur son impact en tant qu\u2019institution coloniale. Par ailleurs, les archives coloniales pr\u00e9sentes \u00e0 Tervuren devraient faire l\u2019objet d\u2019un inventaire<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/070720\/pour-une-nouvelle-orientation-de-la-commission-verite-et-reconciliation#_ftn1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">[1]<\/a>, d\u2019une num\u00e9risation et d\u2019une mise en ligne publique. Le MRAC ne peut donc assurer un tel r\u00f4le de leadership dans la r\u00e9flexion pr\u00e9paratoire. Il n\u2019est pas non plus question qu\u2019il assure un r\u00f4le dans le recrutement des experts ni dans le secr\u00e9tariat du groupe de travail. On constate d\u2019ailleurs que dans sa pr\u00e9sentation, le Mus\u00e9e sur-joue son expertise en invisibilisant les champs de recherches des diff\u00e9rentes universit\u00e9s belges. Le Mus\u00e9e de Tervuren fait l\u2019objet d\u2019une critique internationale constante depuis des ann\u00e9es. Plus r\u00e9cemment, des travaux en sciences sociales se sont pench\u00e9s sur la politique post-coloniale du MRAC au regard de son propre h\u00e9ritage colonial et de la mani\u00e8re dont cela affecte et formate la production de ses expertises scientifiques et de sa mus\u00e9ographie (Muteba Luntumbue, 2015 ; Muteba Luntumbue, 2018;\u00a0Bevernage and Mesdaght, 2019, Mathys et al, 2019 ; Clette-Gakuba, 2020 ; Demart, 2020). S\u2019il fallait revenir sur les expositions telles \u00ab\u00a0M\u00e9moire du Congo\u00a0\u00bb on devrait plut\u00f4t parler d\u2019un racisme \u00e9pist\u00e9mique (Grosfoguel et Cohen, 2012) \u00e0 l\u2019encontre de savoirs afro-descendants qui se sont trouv\u00e9s r\u00e9duits \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;objets, voire ethnicis\u00e9s, pour \u00eatre ensuite mis en une sombre \u00e9quivalence avec les \u00ab\u00a0points de vue\u00a0\u00bb des anciens coloniaux et de leurs descendants. Autrement dit, les expertises associatives et militantes afrodescendantes qui sont mobilis\u00e9es pour aider le Mus\u00e9e \u00e0 se d\u00e9coloniser se voient subsum\u00e9es sous l\u2019expertise blanche paternaliste mais \u00e9galement coloniale. L&rsquo;expertise du Mus\u00e9e sur les diasporas est en ce sens culturaliste, voire taxidermiste. Elle est critiqu\u00e9e par les chercheurs en sciences sociales (cf. note 1 supra) en cela qu\u2019elle accumule des connaissances \u00e0 la mani\u00e8re positiviste de l\u2019encyclop\u00e9die qui interdit de d\u00e9ployer des perspectives \u00e9pist\u00e9miques \u00e0 partir des probl\u00e8mes, des questions, des pratiques, des \u00e9preuves et des savoirs que mettent en \u0153uvre les diasporas africaines en Belgique. Dans sa note, le MRAC n\u2019associe d&rsquo;ailleurs pas les chercheurs en sciences sociales, alors qu\u2019il s\u2019agit bien de penser la colonisation et ses effets \u00e0 date contemporaine \u00e0 travers le racisme et les discriminations (Demart, Schoumaker, Godin, Adam, 2017). Enfin, le fait que le Mus\u00e9e puisse se pr\u00e9senter comme jouant \u00ab un r\u00f4le pionnier en tant que mus\u00e9e, \u00e9galement au niveau international \u00bb (p. 7) sur la restitution, alors que depuis 1960 il s\u2019est plut\u00f4t illustr\u00e9 par son inaction, voire par une politique active de \u00ab non-restitution \u00bb (Van Beurden, 2015 ; Clette-Gakuba et Vander Elst, 2019) questionne la place de leadership qu\u2019entend jouer le MRAC dans la composition et l\u2019orientation de cette commission. Au moment o\u00f9 les \u00e9checs de la commission Lumumba sont en train d\u2019\u00eatre mis \u00e0 jour dans le d\u00e9bat public, politique et juridique, il serait dommageable pour la Belgique, de donner \u00e0 voir au niveau international, les m\u00eames erreurs bas\u00e9es sur des conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats entre les experts nomm\u00e9s et les enjeux politico-strat\u00e9giques h\u00e9rit\u00e9s de la colonisation.<\/p>\n<p><b>Instruire les crimes coloniaux<\/b><\/p>\n<p>\u00ab (\u2026) la Conf\u00e9rence des Pr\u00e9sidents (de la Chambre des Repr\u00e9sentants) : l\u2019intention n\u2019est pas de cr\u00e9er une commission v\u00e9rit\u00e9 au sens sud-africain \u00bb (p. 1) : la philosophie des concepts de \u00ab v\u00e9rit\u00e9 \u00bb et de \u00ab r\u00e9conciliation \u00bb n\u2019est d\u00e9finie nulle part positivement, mais n\u00e9gativement. En excluant d\u2019embl\u00e9e la jurisprudence de la commission \u00ab V\u00e9rit\u00e9 et R\u00e9conciliation \u00bb (pr\u00e9sid\u00e9e de 1995 \u00e0 1998 par Desmond Tutu \u00e0 la suite du r\u00e9gime d\u2019apartheid en Afrique du Sud) on comprend qu\u2019il ne s\u2019agira pas de juger les crimes coloniaux. C\u2019est ce qui explique probablement que les notions de \u00ab crime contre l\u2019humanit\u00e9 \u00bb ou de \u00ab crime de guerre \u00bb ne sont pas prises en compte dans la note pr\u00e9paratoire. Ceci explique peut-\u00eatre \u00e9galement la surrepr\u00e9sentation d\u2019historiens (\u00ab des experts belges (historiens) \u00bb, p. 1, \u00ab Le MRAC et les AE proposent de nommer un groupe permanent limit\u00e9 (\u2026) d\u2019experts principalement historiens (\u2026) \u00bb p. 3) et l\u2019absence totale de juristes, de p\u00e9nalistes, de professeurs de droit pouvant apporter une expertise en droit p\u00e9nal international. En l\u2019absence d\u2019une perspective juridique d\u2019instruction des crimes coloniaux, jusque dans leurs cons\u00e9quences actuelles (recel, blanchiment, etc.), on comprend difficilement comment impliquer des victimes, ni comment constituer une politique de r\u00e9paration juridique et financi\u00e8re (p. 1), ni comment \u00e9tablir les \u00ab responsabilit\u00e9s pr\u00e9cises des autorit\u00e9s et des administrations belges \u00bb (p.3). La note indique donc qu\u2019il ne s\u2019agit pas de prendre cette voie juridique mais de \u00ab r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont nous traitons notre pass\u00e9 colonial et d\u2019essayer d\u2019en tirer des le\u00e7ons \u00bb (p. 1). Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une perspective extr\u00eamement peu pr\u00e9cise et \u00e0 partir de laquelle il est difficile d\u2019envisager une r\u00e9conciliation dont l\u2019effet serait de restaurer des relations bris\u00e9es par le colonialisme. Relations qui ont d\u2019embl\u00e9e \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par la violence et la spoliation. La question \u00e9thique doit \u00eatre pos\u00e9e dans cette politique de r\u00e9conciliation et de r\u00e9paration, de m\u00eame que les crimes coloniaux qui doivent \u00eatre jug\u00e9s lorsque le droit le pr\u00e9voit.<\/p>\n<p><b>Une expertise critique universitaire, artistique et activiste<\/b><\/p>\n<p>\u00ab (\u2026) la recherche universitaire sur la relation entre ce pass\u00e9 (colonial) et le racisme, la x\u00e9nophobie et l\u2019intol\u00e9rance (\u2026) \u00bb : pour traiter rigoureusement cette question, la commission doit se doter d\u2019une expertise en sciences sociales qui prend appui sur la Critical Race Theory et les Black Studies ainsi que sur le champ des \u00e9tudes post- et d\u00e9-coloniales dont l\u2019apport majeur est pr\u00e9cis\u00e9ment de restituer les continuit\u00e9s historiques, sociales, politiques, \u00e9conomiques, \u00e9cologiques entre colonisation et racismes et discriminations post-coloniales \u00e0 travers les concepts de \u00ab colonialit\u00e9 du pouvoir\/savoir \u00bb, de \u00ab racisme syst\u00e9mique \u00bb, de \u00ab racisme environnemental\u00bb, de \u00ab rapport de domination de race, de classe, de genre et d\u2019\u00e2ge \u00bb, de \u00ab privil\u00e8ge de la blanchit\u00e9 \u00bb, de \u00ab racialisation et hi\u00e9rarchisation\u00bb de \u00ab supr\u00e9matisme \u00bb et de \u00ab n\u00e9oimp\u00e9rialisme \u00bb, de \u00ab n\u00e9o-colonialisme \u00bb, de \u00ab violence polici\u00e8re \u00bb, etc. La probl\u00e9matisation du lien entre pass\u00e9 colonial et racisme contemporain en Belgique n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 le champ de recherche des historiens belges, elle est le produit de la praxis politique men\u00e9e par les collectifs afro-descendants en Belgique, de quelques chercheur.euses statutairement marginalis\u00e9s, et de chercheurs \u00e9trangers. Il suffit de voir la place qu\u2019occupe aujourd\u2019hui dans le champ de la recherche universitaire la Critical Race Theory et les Black Studies ainsi que le champ des \u00e9tudes post- et d\u00e9-coloniales pour comprendre o\u00f9 se situent les blocages et les freins \u00e0 une d\u00e9colonisation effective des savoirs. Il n\u2019y a \u00e0 ce jour en Belgique, en 2020, aucun d\u00e9partement de recherche d\u00e9di\u00e9 \u00e0 ces questions, ni aucun chercheur nomm\u00e9 pour travailler \u00e0 ces questions. Ceci n\u2019est pas le cas chez nos voisins europ\u00e9ens. Dans l\u2019annexe \u00ab expertise scientifique \u00bb il n\u2019est d\u2019ailleurs fait mention d\u2019aucun apport d\u2019expertises ni en sociologie, ni en anthropologie, ni en sciences politiques et de l\u2019\u00e9ducation. Les chercheurs qui poss\u00e8dent une telle expertise comme Nicole Gr\u00e9goire (anthropologue, ULB) et V\u00e9ronique CletteGakuba (sociologue, ULB) ne sont pas convoqu\u00e9es \u00e0 ce titre mais au titre d\u2019\u00ab expertise d\u2019opinion \u00bb en tant que \u00ab voix africaine \u00bb.\u00a0Parmi d\u2019autres effacements, notons qu\u2019aucun des membres de la diapora africaine ayant particip\u00e9 via le Comraf et le G6, pendant plusieurs ann\u00e9es, au processus de r\u00e9novation du Mus\u00e9e n\u2019est m\u00eame mentionn\u00e9 dans la note du MRAC et des AE. Ce\u00a0racisme \u00e9pist\u00e9mique entre les scientifiques du Mus\u00e9e qui poss\u00e9deraient \u00ab La Science \u00bb, Le \u00ab Savoir \u00bb (Blanc, ou plut\u00f4t blanchi) et les \u00ab Africains \u00bb (de la diaspora et du continent) qui poss\u00e9deraient le \u00ab v\u00e9cu \u00bb, les \u00ab t\u00e9moignages \u00bb rend impossible l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un plan de probl\u00e9matisation et une d\u00e9colonisation des expertises issues de la colonisation. Cette colonialit\u00e9 du savoir, issue de l\u2019expertise scientifique coloniale belge en Afrique centrale, s\u2019inscrit dans un syst\u00e8me de pr\u00e9dation des savoirs de type extractiviste (Mbembe, 2013 ; Demart, 2020) : les connaissances produites par les sujets blancs occidentaux se nourrissent des connaissances produites par les sujets racialis\u00e9s non occidentaux en m\u00eame temps qu\u2019elles participent \u00e0 les disqualifier (Clette-Gakuba, 2020). On retrouve cette hi\u00e9rarchie coloniale des expertises dans l\u2019avant-projet pour l&rsquo;exposition de r\u00e9f\u00e9rence (Parcours\/stations, avant-projet, Niek Kortekaas et \u00e9quipe projet, 12\/11\/14) : le Mus\u00e9e \u00ab montre les objets et les th\u00e8mes non seulement sous l\u2019angle scientifique ou occidental, mais aussi du point de vue des t\u00e9moins privil\u00e9gi\u00e9s issus de la communaut\u00e9 africaine (le \u00ab v\u00e9cu \u00bb). En outre les historiens eux-m\u00eames, dans une carte blanche sign\u00e9e par une cinquantaine de chercheurs, ont appel\u00e9 \u00e0 ne pas instrumentaliser l\u2019histoire au profit de controverses qui n\u2019ont plus lieu d\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p><b>Ouvrir une politique des r\u00e9parations \u00e0 travers une qualification juridique des faits<\/b><\/p>\n<p>Pour \u00ab \u00e9tablir les faits \u00bb (p. 2) : la note parle \u00e0 plusieurs reprises de \u00ab faits commis au cours du pass\u00e9 colonial belge \u00bb (p. 4) sans prendre la peine de d\u00e9finir la nature de ces faits ou de pr\u00e9ciser que la commission sera effectivement mandat\u00e9e pour \u00e9tablir la qualification juridique de ces faits. A c\u00f4t\u00e9 de l\u2019absence<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/070720\/pour-une-nouvelle-orientation-de-la-commission-verite-et-reconciliation#_ftn2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">[2]<\/a>\u00a0d\u2019une perspective juridique sur les crimes coloniaux, on doit aussi remarquer qu\u2019il n\u2019est fait aucunement mention d\u2019une perspective de type \u00e9conomique de r\u00e9paration qui soit en mesure de traiter de la question du travail forc\u00e9, de l\u2019exploitation \u00e9conomique, du contentieux mat\u00e9riel ( transfert de capitaux \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance du Congo, dette coloniale, dette post-coloniale, soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 chartes, patrimoines et capitaux coloniaux, lettres de porteur, etc.), des spoliations, de l\u2019accaparement des terres, du vol et des enclosures, de l\u2019\u00e9tablissement de propri\u00e9t\u00e9s coloniales, du pillage des ressources (plantes, minerais, etc.), des r\u00e9gimes de s\u00e9gr\u00e9gation, d\u2019apartheid et des processus de racialisation. Ce second biais &#8211; le passage de la v\u00e9rit\u00e9 historique \u00e0 la r\u00e9conciliation, dans l\u2019abstraction de toute dimension \u00e9conomique \u2013 entra\u00eene une conception de la r\u00e9paration r\u00e9duite \u00e0 des actions qui sont principalement symboliques \u00ab telles que l\u2019enl\u00e8vement de statues (\u2026) l\u2019offre d\u2019une reconnaissance et d\u2019excuses publiques, la construction de monuments pour les congolais et les victimes de la colonisation, (etc.) \u00bb (p. 4). Sans expertises juridiques et \u00e9conomiques, l\u2019on voit mal \u00ab dans quelle mesure les victimes peuvent \u00eatre impliqu\u00e9es dans la recherche et les cons\u00e9quences financi\u00e8res \u00bb (p. 4). Rappelons qu\u2019en la mati\u00e8re, la commission Rwanda (1997), qui avait sonn\u00e9 comme l\u2019un des rappels contemporains des effets de la colonisation belge, et les excuses de l\u2019ancien Premier ministre Guy Verhofstadt (2000), n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 suivies de r\u00e9paration.<\/p>\n<p><b>Mettre fin aux m\u00e9canismes de censure, la place centrale des victimes<\/b><\/p>\n<p>\u00ab Ce groupe d\u2019experts ne comprend pas de personnes d\u2019origine africaine qui sont membres de groupe d\u2019action ou qui parlent au nom des communaut\u00e9s belgo-africaines dans l\u2019opinion publique \u00bb (p. 6) : il s\u2019agit ici d\u2019une censure qui s\u2019inscrit dans la continuit\u00e9 de la politique de r\u00e9novation du Mus\u00e9e o\u00f9 ce sont des experts scientifiques attach\u00e9s au diff\u00e9rentes disciplines du Mus\u00e9e qui ont d\u00e9fini le choix d\u2019objets et le type de probl\u00e9matisation tandis que les collectifs afrodescendants, les groupes historiquement l\u00e9s\u00e9s, ne sont convoqu\u00e9s que dans un second temps, \u00ab une fois en possession de la note du groupe d\u2019experts, donne la parole \u00e0 ces personnes (issue des diasporas congolaises, rwandaise et burundaise). Le groupe d\u2019experts et le MRAC peuvent, si cela est souhait\u00e9, dresser la liste des associations et des personnes qui peuvent \u00eatre invit\u00e9es par la Commission V\u00e9rit\u00e9 et R\u00e9conciliation (\u2026) \u00bb (p. 6). Ce parti pris est intol\u00e9rable et t\u00e9moigne d\u2019une carence \u00e9thique au regard des responsabilit\u00e9s historiques et des perspectives r\u00e9paratrices et de r\u00e9conciliation. Les \u00e9crits acad\u00e9miques et internationaux n\u2019ont pas manqu\u00e9 de critiquer le processus de r\u00e9novation du mus\u00e9e pour ces raisons (Bevernage and Mesdaght, 2019 ; Mathys , Luyckfasseel, Van Beurden and Tansia, 2019)<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/070720\/pour-une-nouvelle-orientation-de-la-commission-verite-et-reconciliation#_ftn3\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">[3]<\/a>. Une fois de plus, la Belgique va \u00eatre au c\u0153ur des critiques internationales qui depuis le d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, l\u2019\u00e9pinglent comme le pire des colonisateurs. Au regard de la jurisprudence internationale, les anciens colonis\u00e9s et leurs descendants d\u2019ascendance burundaise, congolaise, rwandaise, en tant que principales victimes du colonialisme, jusque dans ses cons\u00e9quences actuelles racisme, discrimination, subalternisation, etc.), doivent constituer le c\u0153ur de cette commission depuis le d\u00e9part, tant du point de vue de la m\u00e9thodologie, de la probl\u00e9matisation que des champs investigu\u00e9s.<\/p>\n<p><b>Pour une nouvelle orientation des travaux pr\u00e9paratoires<\/b><\/p>\n<p>Par cette note, le Mus\u00e9e de Tervuren a \u00e9tabli de mani\u00e8re tout \u00e0 fait obscure un agenda de recherche sans que les universit\u00e9s ne soient consult\u00e9es ou invit\u00e9es, elles aussi, \u00e0 soumettre une proposition de Commission. Il en va d\u2019un manque de transparence qui porte fortement atteinte \u00e0 la bonne gouvernance et \u00e0 la gestion du Bien Public. Les crit\u00e8res de d\u00e9signation des \u00ab experts \u00bb sont absents alors qu&rsquo;ils devraient faire l\u2019objet d\u2019une politique de transparence et de rigueur. Ne mettant absolument l\u2019accent ni sur la question des r\u00e9parations, ni sur celle de la r\u00e9conciliation, la note du MRAC et des AE propose un mod\u00e8le de commission parlementaire ferm\u00e9e sur elle-m\u00eame, n\u2019engageant rien d\u2019autre que des discussions controvers\u00e9es sur le pass\u00e9 colonial. L\u2019importance soci\u00e9tale des r\u00e9parations, des justices m\u00e9morielles et de la r\u00e9conciliation, pourtant cens\u00e9e \u00eatre au c\u0153ur de cette commission, en devient quasi-absente. Prendre au s\u00e9rieux la question de la r\u00e9conciliation (les continuit\u00e9s postcoloniales, les enjeux de r\u00e9paration, de racisme et de n\u00e9grophobie) suppose de pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019\u00e9clairage des disciplines capables de faire les liens (les traductions) avec le pass\u00e9 colonial ; les disciplines telles que la sociologie, l\u2019anthropologie, la psychologie, les sciences politiques, l\u2019administration publique, l\u2019\u00e9conomie politique (avec l\u2019aide des Postcolonial Studies, des Black Studies, des Critical Race Studies, cf. supra). Cela suppose \u00e9galement que les groupes et les communaut\u00e9s l\u00e9s\u00e9es burundaise, congolaise et rwandaise occupent une place centrale dans la structuration de la commission. Ceci suppose un statut leur conf\u00e9rant la possibilit\u00e9 d\u2019orienter les discussions et les d\u00e9cisions au m\u00eame titre que les experts. Enfin, pour que la r\u00e9conciliation fasse l\u2019objet d\u2019une appropriation au niveau soci\u00e9tal, il convient d\u2019ouvrir le plus possible la commission sur la soci\u00e9t\u00e9 civile. Il y a l\u00e0, un enjeu \u00e9thique \u00e0 ce que le travail de la commission tout comme l\u2019ensemble du processus de v\u00e9rit\u00e9 et de justice se tienne dans un contexte de transparence. Ainsi devrait \u00eatre \u00e9tabli la possibilit\u00e9 qu\u2019un large panel d\u2019acteurs soit \u00e0 m\u00eame de participer \u00e0 ce processus. Le travail de la commission devra pouvoir trouver diverses formes de prolongement dans les universit\u00e9s, dans les centres et les institutions culturelles, dans les \u00e9coles (d\u00e8s l\u2019\u00e9cole primaire, voire maternelle), cela de fa\u00e7on \u00e0 faire vivre le processus de r\u00e9conciliation \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale de la soci\u00e9t\u00e9 belge.<\/p>\n<p><b>Monsieur le Pr\u00e9sident, mesdames et messieurs les parlementaires, au vu de ces \u00e9l\u00e9ments, nous vous demandons en tant que personnes responsables de la mise en \u0153uvre et du suivi de la commission \u00ab V\u00e9rit\u00e9 et R\u00e9conciliation \u00bb d\u2019orienter dans une toute autre direction les travaux pr\u00e9paratoires. Le Parlement ne peut se permettre, dans le contexte de 2020, un nouvel \u00e9chec comme l\u2019a \u00e9t\u00e9 la commission Lumumba et, plus r\u00e9cemment, la r\u00e9novation du Mus\u00e9e de Tervuren. En effet, des rapports de l\u2019ONU sur la n\u00e9grophobie end\u00e9mique en Belgique (dont le rapport d\u00e9finitif est \u00e0 venir), aux lettre de l\u2019UNESCO pour mettre fin aux Blackfaces, en passant par l\u2019injonction du pr\u00e9sident du Parlement europ\u00e9en de mettre fin aux brutalit\u00e9s polici\u00e8res racistes, le Parlement belge sera attendu sur son tournant d\u00e9colonial. La jeunesse rassembl\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019appel Black Lives Matter (plus de 15.000 personnes \u00e0 Bruxelles en p\u00e9riode de confinement) ne comprendrait pas que ses aspirations les plus l\u00e9gitimes ne soient pas rencontr\u00e9es. Il revient donc au Parlement de prendre ses responsabilit\u00e9s politiques. C\u2019est une occasion unique pour la Belgique d\u2019initier au niveau europ\u00e9en, une politique de d\u00e9colonisation et de r\u00e9paration dans ce contexte actuel qui, rappelons-le, est aussi celui de la D\u00e9cennie des personnes d\u2019ascendance africaine d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par l\u2019ONU (2015-24), D\u00e9cennie qui a tardivement \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e en Belgique en 2019 et qui n\u2019a d\u00e9bouch\u00e9e \u00e0 ce jour sur aucune politique sp\u00e9cifique.<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>R\u00e9ferences<\/b><\/p>\n<p>&#8211; Bevernage B. &amp; Mestdagh E. (2019) \u201cThe elephant in the room. How the AfricaMuseum has (not) shed its colonial \u2018curse\u2019\u201d. In: CINEL (A.). Jelena Juresa: Aphasia. Argos, Centre for Art and Media, Brussels, May 2019.<\/p>\n<p>&#8211; Clette-Gakuba V. (2020). \u201cAn attempt at Black Political Subjectivation in a White Institution: The Case of the Royal Museum for Central Africa in Belgium\u00a0\u00bb, in Grzinic, Marina et al., Opposing Colonialism, Antisemitism and Turbo-Nationalism, Cambridge Scholar Publishing.<\/p>\n<p>&#8211; Clette-Gakuba V. &amp; Vander Elst M. (2019). \u201cPolitique de non-restitution au Mus\u00e9e de Tervuren \u201d, Atelier de la pens\u00e9e collective, diffusion Radio Panik :\u00a0<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"http:\/\/www.radiopanik.org\/emissions\/apc\/politique-de-non-restitution-au-musee-detervuren\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.radiopanik.org\/emissions\/apc\/politique-de-non-restitution-au-musee-detervuren<\/a><\/p>\n<p>&#8211; Demart, S. (2020). Resisting Extraction Politics: Afro-Belgian Claims, Women\u2019s Activism, and the Royal Museum for Central Africa. In Von Oswald M. &amp; Tinius J. (Eds.), Across Anthropology:<\/p>\n<p>Troubling Colonial Legacies, Museums, and the Curatorial (pp. 142-173). Leuven (Belgium): Leuven University Press. doi:10.2307\/j.ctv125jqxp.13<\/p>\n<p>&#8211; Demart, S., Schoumaker B., Godin M. &amp; Adam I.. (2017). Des citoyens aux racines africaines : un portrait des Belgo-Congolais, Belgo-Rwandais et Belgo-Burundais. Bruxelles: Fondation Roi Baudouin. https:\/\/www.kbs-frb.be\/fr\/Activities\/Publications\/2017\/20171121_CF<\/p>\n<p>&#8211; Mathys G. (UGent), Luyckfasseel M. (UGent), Van Beurden S. and Tansia T. (2019). Renovating the AfricaMuseum : an anthology of (missed) opportunities? Africa Is A Country.<\/p>\n<p>&#8211; Mathys G. (UGent) Luyckfasseel M. (UGent) Van Beurden S. and Tansia T. (2019). Renovating the AfricaMuseum : an anthology of (missed) opportunities? Africa Is A Country.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0Muteba Luntumbue T. (2015).\u00a0 Renovation au Mus\u00e9e de Tervuren: Questions, D\u00e9fis et Perspectives in\u00a0<i>Relire les Modernit\u00e9s Africaines<\/i>, L\u2019Art M\u00eame.<\/p>\n<p>&#8211; Muteba Luntumbue T. (2018). Tervuren: du muse empaill\u00e9 au muse des illusions in\u00a0<i>Bruxelles ville congolaise<\/i>, Bruxelles\u00a0 en Mouvements, n\u00b0 297.<\/p>\n<p>&#8211; Van Beurden, Sarah. (2015). Restitution or Cooperation? Competing Visions of Post-Colonial Cultural Development in Africa (Global Cooperation Research Papers 12).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Premiers Signataires<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Martin Vander Elst, anthropologue, UCLouvain<\/p>\n<p>V\u00e9ronique Clette-Gakuba, sociologue, ULB<\/p>\n<p>Eline Mestadgh, historienne, Ugent<\/p>\n<p>David Jamar, sociologue, UMONS<\/p>\n<p>Olivia U. Rutazibwa, politologue, University of Portsmouth<\/p>\n<p>Sarah Demart, sociologue, USL-B<\/p>\n<p>Jean Muteba Rahier, professor of Anthropology and African &amp; African Diaspora Studies, Florida International University.<\/p>\n<p>Nadia Yala Kisukidi, philosophe, Universit\u00e9 Paris 8 Vincennes St Denis<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Lye Yoka, Professeur \u00c9m\u00e9rite de l&rsquo;Enseignement sup\u00e9rieur et universitaire, Directeur G\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;INA (Kinshasa, RD-Congo)<\/p>\n<p>Olivia U. Rutazibwa, politologue, University of Portsmouth<\/p>\n<p>Fran\u00e7oise Verg\u00e8s, politologue, militante f\u00e9ministe antiraciste et d\u00e9coloniale, pr\u00e9sidente de D\u00e9coloniser\u00a0les arts<\/p>\n<p>Fol\u00e0shad\u00e9 M. Ajayi, politologue, VUB<\/p>\n<p>Mimbu Kilol, professeur UCC-UPN, Etudes postcoloniales<\/p>\n<p>Macaire Maninba Mane, historien et recteur de l&rsquo;universit\u00e9 de Mazenod \u00e0 Kinshasa<\/p>\n<p>Isabelle Stengers, philosophe, ULB<\/p>\n<p>Laura Nsengyiumva, KASK-UGent<\/p>\n<p>Lib\u00e9rat Mtibashirakandi, PhD ULB<\/p>\n<p>Nicole Gr\u00e9goire, anthropologue, ULB<\/p>\n<p>Alexis Bemba Bondo Mukele, politologue, enseignant-chercheur SPA, UPN\/RDC<\/p>\n<p>Clara Affun-Adegbulu, Public Health Researcher, ITM<\/p>\n<p>Aymar Nyenyezi Bisoka, politologue, UGent<\/p>\n<p>Saloua Berdai Chaouni, g\u00e9rontologue, VUB<\/p>\n<p>Idesbald Goddeeris, historien, KULeuven<\/p>\n<p>Emma-Lee Amponsah, cultural media studies, Ugent<\/p>\n<p>Laurent Gaissad, socio-anthropologue, ULB<\/p>\n<p>Marte Van Hassel, arts de la sc\u00e8ne, ULB<\/p>\n<p>Gr\u00e9gory Cormann, co-directeur du Centre de recherches en philosophie politique MAP, ULi\u00e8ge<\/p>\n<p>Marie Godin, sociologue, University of Oxford<\/p>\n<p>Benedikte Zitouni, sociologue, USL-B<\/p>\n<p>Elsa Roland, sciences de l\u2019\u00e9ducation, ULB<\/p>\n<p>Jacinthe Mazzocchetti, anthropologue, UCL<\/p>\n<p>Olivia Gieskes, anthropologue, University of Edinburgh<\/p>\n<p>Theo Cosaert, anthropologue, Institute of Tropical Medicine Antwerp<\/p>\n<p>Joachim Ben Yakoub , politologue, Ugent<\/p>\n<p>Sibo Kanobana, sociolinguiste, Ugent<\/p>\n<p>Antoine Janvier, Enseignant-chercheur en philosophie, ULi\u00e8ge<\/p>\n<p>Quentin Pasetti, Assistant dans les services des sciences politiques, UMons<\/p>\n<p>Jean-Luc Nsengiyumva, chercheur en Sociologie, Universit\u00e9 Saint-Louis<\/p>\n<p>Soumaya Majdoub, Urban studies, VUB<\/p>\n<p>Carol Sacr\u00e9, anthropologue, UCL<\/p>\n<p>___________________________________________________________________________________________________________________<\/p>\n<p><a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/070720\/pour-une-nouvelle-orientation-de-la-commission-verite-et-reconciliation#_ftnref1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">[1]<\/a>\u00a0Par exemple Hugues Wenkin (2017) a retrouv\u00e9, dans un fond d\u2019archives du Mus\u00e9e de Tervuren non encore inventori\u00e9, des documents impliquant le gouvernement belge de l\u2019\u00e9poque (1960) dans la mise en place d\u2019une sorte de protectorat belge sur l\u2019ancienne colonie<\/p>\n<p><a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/070720\/pour-une-nouvelle-orientation-de-la-commission-verite-et-reconciliation#_ftnref2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">[2]<\/a>\u00a0\u00ab N\u2019instrumentalisez pas les historiens dans le d\u00e9bat sur le pass\u00e9, Le Soir, 16 juin 2016, colonial \u00bb: https:\/\/plus.lesoir.be\/307401\/article\/2020-06-16\/carte-blanche-ninstrumentalisez-pas-leshistoriens-dans-le-debat-sur-le-passe<\/p>\n<p><a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/070720\/pour-une-nouvelle-orientation-de-la-commission-verite-et-reconciliation#_ftnref3\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">[3]<\/a>\u00a0Voir: Arnaud Lismond-Mertes. Interview B. Wastiau (Meg): \u00ab Tervuren reste un lieu de fausses m\u00e9moires \u00bb. Ensemble!, quadrimestriel, n\u00b099, mai 2019. 39-46,\u00a0<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"http:\/\/www.asbl-csce.be\/journal\/Ensemble99.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.asbl-csce.be\/journal\/Ensemble99.pdf<\/a>. Voir aussi:\u00a0<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/www.levif.be\/actualite\/belgique\/restitution-du-patrimoine-africain-appel-pour-unprocessus-de-colonial\/article-opinion-1120145.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.levif.be\/actualite\/belgique\/restitution-du-patrimoine-africain-appel-pour-unprocessus-de-colonial\/article-opinion-1120145.html<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En vue de pr\u00e9parer la commission parlementaire \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation\u00a0\u00bb, une note a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9e au Mus\u00e9e de Tervuren. Cette note pose un nombre important de probl\u00e8mes \u00e9thiques, politiques, \u00e9pist\u00e9mologiques et est marqu\u00e9e par un certain nombre de manquements.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3974,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,21,36,7,28,18],"tags":[427,424],"class_list":["post-4677","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe","category-anti-imperialisme","category-europe","category-negrophobie","category-racismes","category-resistance-bruxelles","tag-tervuren","tag-veronique-clette-gakuba"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4677","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4677"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4677\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4678,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4677\/revisions\/4678"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3974"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4677"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4677"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4677"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}