{"id":1866,"date":"2014-03-10T18:10:20","date_gmt":"2014-03-10T17:10:20","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/?p=1866"},"modified":"2014-03-10T18:10:20","modified_gmt":"2014-03-10T17:10:20","slug":"c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/?p=1866","title":{"rendered":"C.L.R. James et les luttes panafricaines"},"content":{"rendered":"<h1 class=\"entry-title\">C.L.R. James et les luttes panafricaines<\/h1>\n<div class=\"entry-meta\"><span class=\"meta-sep\">par<\/span> <span class=\"author vcard\"><a class=\"url fn n\" title=\"Afficher tous les articles par Mehdi Meftah\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/author\/mehdi\/\">Selim NADI, Membre du PIR<\/a><\/span><\/div>\n<div class=\"post-thumbnail\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"attachment-single-post-thumbnail wp-post-image alignleft\" alt=\"image texte selim James\" src=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/image-texte-selim-James-400x459.jpg\" width=\"400\" height=\"459\" \/><\/div>\n<p>Cyril Lionel Robert James (1901 \u2013 1989), n\u00e9 \u00e0 Tunapuna, un village de Trinit\u00e9-et-Tobago, fut d\u00e8s le d\u00e9but de sa vie intimement li\u00e9 au colonialisme et \u00e0 la condition des noirs. En effet, ses parents faisaient partie de cette g\u00e9n\u00e9ration qui suivit directement la p\u00e9riode de l\u2019abolition de l\u2019esclavage, \u00e9mancipation qui avait bien \u00e9videmment un r\u00f4le primordial dans cette colonie britannique dont l\u2019\u00e9conomie reposait principalement sur l\u2019asservissement des noirs. <!--more--><\/p>\n<p>Cependant, sans vivre dans le luxe, il ne v\u00e9cut pas dans la mis\u00e8re non plus, puisque son p\u00e8re \u00e9tait instituteur et qu\u2019il pu grandir dans un confort relatif. De plus, sa situation g\u00e9ographique, sa maison \u00e9tant situ\u00e9e derri\u00e8re un terrain de cricket, lui permit de\u00a0 s\u2019int\u00e9resser s\u00e9rieusement au cricket et \u00e0 la litt\u00e9rature. Par ailleurs, en 1963, il d\u00e9veloppa cet int\u00e9r\u00eat pour le cricket dans<i> Beyound a Boundary<\/i>, ouvrage o\u00f9 il m\u00eale l\u2019histoire de ce sport non seulement \u00e0 son exp\u00e9rience familiale, mais \u00e9galement au colonialisme britannique (avant tout aux Antilles). En effet, son \u00e9volution dans cette soci\u00e9t\u00e9 coloniale lui permit \u00e0 la fois de s\u2019impr\u00e9gner de toute la culture europ\u00e9enne, que ce soit son histoire ou sa litt\u00e9rature, mais \u00e9galement \u2013 comme le rappelle Anna Grimshaw \u2013 de se rebeller contre sa formation scolaire trop impr\u00e9gn\u00e9e de la marque coloniale. Par la suite, il se lan\u00e7a dans une carri\u00e8re de journaliste sportif, en marge de laquelle il \u00e9crivit \u00e9galement quelques textes de fictions. C\u2019est d\u2019ailleurs \u00e0 travers la litt\u00e9rature qu\u2019il interrogea d\u2019abord le colonialisme, puisque par sa lecture des \u00e9crivains anglais, il se fascina pour les id\u00e9aux de libert\u00e9 que promouvaient les Britanniques, \u00e9crivant ainsi dans son premier ouvrage politique <i>The Life of Captain Cipriani<\/i> (1932)\u00a0: \u00ab\u00a0N\u2019importe quel homme qui tente de faire pour les siens ce que les Anglais sont si fier d\u2019avoir vu accomplir par les leurs, devient imm\u00e9diatement une personne dangereuse dans les yeux du colon anglais, un r\u00e9volutionnaire sauvage, un homme sans respect pour l\u2019ordre public (\u2026). Ce qui est la plus grande vertu chez eux, devient le plus grand crime dans les colonies.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn1\">[1]<\/a>\u00bb (p. 53)<\/p>\n<p>Si C.L.R James est \u2013 l\u00e9gitimement \u2013 d\u00e9fini comme \u00e9tant un penseur marxiste, il ne faut pas pour autant \u00e9luder l\u2019aspect fondamentalement d\u00e9colonial de toute sa pens\u00e9e. C.L.R James fit parti de ces th\u00e9oriciens politiques qui repens\u00e8rent le marxisme pour y lier une r\u00e9flexion sur un impens\u00e9 majeur\u00a0: la question raciale, ainsi que l\u2019autonomie noire. James refusa en effet de subsumer la race sous une pure question de classe, et son internationalisme ne l\u2019emp\u00eacha pas (bien au contraire) de soutenir les luttes d\u2019ind\u00e9pendances panafricaines. Sa pens\u00e9e est donc \u00e0 mi-chemin entre l\u2019existence des races sociales, donc d\u2019une autonomie de la race par rapport \u00e0 la classe, et un pur classisme. En effet, si James compare r\u00e9guli\u00e8rement les noirs aux prol\u00e9taires, il met tout de m\u00eame en avant la sp\u00e9cificit\u00e9 de la domination qu\u2019ils subissent. James se place donc dans la droite ligne de ce qu\u2019\u00e9crit Cedric Robinson dans son <i>Black Marxism<\/i>, lorsque celui d\u00e9finit le radicalisme noir comme une revendication d\u2019autonomie et non pas comme une simple continuation du radicalisme blanc par des noirs. Selon Robinson, le radicalisme noir \u00e9tait une r\u00e9ponse sp\u00e9cifiquement africaine \u00e0 une oppression directement europ\u00e9enne\u00a0: la domination raciale. Ainsi, lorsque l\u2019on parle d\u2019un marxisme noir ou d\u2019un radicalisme noir, il ne s\u2019agit pas d\u2019un marxisme\/radicalisme simplement r\u00e9investit par les noirs, mais bien plut\u00f4t d\u2019une d\u00e9colonisation du radicalisme blanc et d\u2019un appel \u00e0 l\u2019autonomie des noirs. Selon l\u2019\u00e9crivaine jama\u00efcaine Sylvia Winter, James \u00e9tait un\u00a0: \u00ab\u00a0n\u00e8gre mais n\u00e9anmoins britannique, un colonis\u00e9 mais n\u00e9anmoins marqu\u00e9 par le code de l\u2019\u00e9cole publique, attach\u00e9 \u00e0 la cause du prol\u00e9tariat mais n\u00e9anmoins membre de la classe moyenne, un marxien mais n\u00e9anmoins puritain, un intellectuel jouant au cricket, un descendant d\u2019Africains mais n\u00e9anmoins occidental, un trotskiste et un panafricaniste, un marxiste mais s\u2019int\u00e9ressant n\u00e9anmoins aux \u00e9tudes noires, un noir faisant partie de la majorit\u00e9 aux Antilles mais faisant n\u00e9anmoins partie de la minorit\u00e9 noire aux \u00c9tats-Unis.\u00a0\u00bb. C\u2019est cette identit\u00e9 n\u00e9cessairement fragment\u00e9e du colonis\u00e9 qui poussa C.L.R. James \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux contradictions raciales structurant les rapports de force coloniaux. Ainsi, ce paradoxe entre un lien profond avec la modernit\u00e9 occidentale-coloniale et, dans le m\u00eame temps, une profonde critique de cette modernit\u00e9 constituait en partie l\u2019anticolonialisme de James.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\"><b>\u00a0Saint-Domingue et la naissance du caract\u00e8re d\u00e9colonial de l\u2019autonomie noire<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019un des ouvrages de James qui peut nous aider \u00e0 comprendre sa vision du colonialisme est <i>A<\/i> <i>History of Pan-African Revolt<\/i>, qu\u2019il publia pour la premi\u00e8re fois en 1938, qu\u2019il retravailla en 1969 et qui a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 republi\u00e9 par <i>PM Press,<\/i>(2012). Originellement, cet ouvrage de C.L.R. James fut publi\u00e9 sous le titre <i>A History of Negro Revolt<\/i> afin de\u00a0 mettre l\u2019accent sur les r\u00e9voltes noires. Cet ouvrage para\u00eet cinq ans avant la publication de <i>American Negro Slave Revolt<\/i> de Herbert Aptheker et trois ans apr\u00e8s le livre de W.E.B. DuBois <i>Black Reconstruction in America<\/i>. James entend ainsi faire une histoire des \u00ab\u00a0masses\u00a0\u00bb noires en action, de leur potentiel r\u00e9volutionnaire. C\u2019est la r\u00e9surgence du projet panafricain dans les ann\u00e9es 1960, qui a une influence importante sur James, qui pousse ce-dernier \u00e0 renommer son ouvrage en 1969 sous le titre <i>A History of Pan-African Revolt<\/i>. James revenait en effet d\u2019une p\u00e9riode de conf\u00e9rences en Afrique de l\u2019Est et de l\u2019Ouest et fut ainsi en contact avec des leaders panafricains. On pourrait sch\u00e9matiser l\u2019id\u00e9e de panafricanisme comme le projet d\u2019une union entre Africains contre la violence coloniale, d\u00e9passant par l\u00e0 les \u00c9tats-Nations, produits du colonialisme en Afrique. On consid\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement George Padmore comme le p\u00e8re du panafricanisme. D\u2019ailleurs, C.L.R James \u00e9crit dans son ouvrage le plus c\u00e9l\u00e8bre <i>Les Jacobins noirs<\/i>\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Plongeant leur plume dans l\u2019encre de la N\u00e9gritude, deux Antillais noirs ont trac\u00e9 leur nom de mani\u00e8re imp\u00e9rissable sur les premi\u00e8res pages de l\u2019histoire de notre temps. Debout en premi\u00e8re ligne, voici Marcus Garvey (\u2026) En un peu plus de cinq ans, il donna \u00e0 la cause des Africains sa place dans la conscience politique du monde (\u2026) L\u2019autre Antillais est George Padmore. Anglophone lui aussi, il venait de Trinidad. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1920, il secoua les poussi\u00e9reuses entraves du petit monde antillais, et s\u2019en alla aux \u00c9tats-Unis. Quant il mourut en 1959, huit pays envoy\u00e8rent des d\u00e9l\u00e9gations \u00e0 ses obs\u00e8ques, \u00e0 Londres. Mais c\u2019est au Ghana qu\u2019on ensevelit ses cendres, et tous affirm\u00e8rent que, dans ce pays c\u00e9l\u00e8bres pour ses manifestations politiques, jamais il n\u2019y eut de pareilles \u00e0 celle provoqu\u00e9e par l\u2019enterrement de Padmore. Des paysans de r\u00e9gions recul\u00e9es qui, aurait-on cru, n\u2019avaient jamais entendu son nom, surent trouver le chemin d\u2019Accra pour rendre un dernier hommage \u00e0 cet Antillais qui a pass\u00e9 sa vie \u00e0 leur service.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn2\">[2]<\/a>\u00a0\u00bb (pp. 240 \u2013 242)<\/p>\n<p>Le panafricanisme se d\u00e9finit donc n\u00e9cessairement dans son contexte historique, c\u2019est un pur produit de la r\u00e9sistance face \u00e0 la colonisation, colonisation qui est bien \u00e9videmment forc\u00e9ment en lien avec l\u2019esclavage transatlantique. En effet, dans son ouvrage, C.L.R James ne questionne pas que l\u2019histoire de l\u2019Afrique, mais accorde \u00e9galement un chapitre important \u00e0 l\u2019esclavage et \u00e0 la guerre de S\u00e9cession am\u00e9ricaine. Bref, dans son \u00e9tude du panafricanisme, James interroge \u00e9galement les rapports de force raciaux d\u00e9coulant de la traite transatlantique et, par l\u00e0, de la colonisation.<\/p>\n<p>C.L.R James \u00e9crit dans <i>A History of Pan-African Revolt<\/i> que le moment fondateur du panafricanisme, donc de la r\u00e9volte contre la domination coloniale, est la r\u00e9volte d\u2019esclaves de Saint-Domingue en 1791. La seule r\u00e9volte d\u2019esclaves \u00e0 avoir aboutit. Il d\u00e9bute ainsi son ouvrage en divisant le probl\u00e8me des rapports entre les noirs et la \u00ab\u00a0civilisation\u00a0\u00bb europ\u00e9enne en deux cat\u00e9gories\u00a0: \u00ab\u00a0les n\u00e8gres en Afrique et les n\u00e8gres en Am\u00e9rique et aux Antilles<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn3\">[3]<\/a>\u00a0\u00bb (p. 37). Ainsi, le probl\u00e8me majeur au moment de la r\u00e9daction de son livre (1938) est celui des Africains en Afrique, James \u00e9crit donc que pour r\u00e9ellement s\u2019int\u00e9resser au panafricanisme, il traitera des r\u00e9voltes noires pendant l\u2019esclavage, des r\u00e9voltes en Afrique durant tout le XIXe si\u00e8cle et enfin des r\u00e9voltes en Am\u00e9rique et aux Antilles au moment o\u00f9 il r\u00e9dige son travail. En effet, c\u2019est assez logiquement que James d\u00e9bute son \u00e9tude par la r\u00e9volte d\u2019esclaves men\u00e9es par Toussaint Louverture, au moment m\u00eame o\u00f9 les Fran\u00e7ais hexagonaux se soulevaient contre la monarchie. Il est donc impossible de dissocier l\u2019\u00e9mancipation que l\u2019on doit \u00e0 la r\u00e9volution fran\u00e7aise de la situation des esclaves\u00a0; d\u2019ailleurs cette \u00ab\u00a0schizophr\u00e9nie\u00a0\u00bb (\u00e9mancipation d\u2019un c\u00f4t\u00e9, domination de l\u2019autre) est le leitmotiv d\u2019une partie majeure de l\u2019histoire de France\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La seule r\u00e9volte de n\u00e8gres ayant aboutie, la seule r\u00e9volte victorieuse d\u2019esclaves, trouve ses racines dans la R\u00e9volution Fran\u00e7aise, et sans la R\u00e9volution Fran\u00e7aise, son succ\u00e8s aurait \u00e9t\u00e9 impossible.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn4\">[4]<\/a>\u00a0\u00bb (p. 38)<\/p>\n<p>En effet, au XVIIIe si\u00e8cle, la colonie de Saint-Domingue \u00e9tait la plus prosp\u00e8re des colonies fran\u00e7aises et assurait ainsi \u2013 en partie \u2013 la viabilit\u00e9 du commerce ext\u00e9rieur fran\u00e7ais. James cite par ailleurs Jaur\u00e8s\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quelle triste ironie dans l\u2019histoire humaine\u00a0! Les fortunes cr\u00e9\u00e9es \u00e0 Bordeaux, \u00e0 Nantes, par le commerce des esclaves ont donn\u00e9 \u00e0 la bourgeoisie cet orgueil qui a besoin de la libert\u00e9 et contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation g\u00e9n\u00e9rale.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn5\">[5]<\/a>\u00a0\u00bb (p. 38)<\/p>\n<p>Si l\u2019esclavage permit d\u2019enrichir la m\u00e9tropole, son abolition aurait signifi\u00e9 de la m\u00eame fa\u00e7on, la ruine de l\u2019\u00eele de Saint-Domingue, dont l\u2019\u00e9conomie reposait enti\u00e8rement sur l\u2019esclavage. Au-del\u00e0 de la r\u00e9flexion sur l\u2019asservissement des Noirs, ayant abouti en 1787 \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019<i>Abolition Society<\/i>, de nombreuses divisions marqu\u00e8rent Saint-Domingue. On assistait ainsi \u00e0 des conflits entre blancs-royalistes et blancs-r\u00e9volutionnaires. De plus, les mul\u00e2tres entendaient se monter dans la hi\u00e9rarchie raciale alors en vigueur et s\u2019en prirent donc aux Blancs les plus proche d\u2019eux\u00a0: les pauvres. C\u2019est donc dans ce contexte de chaos absolu o\u00f9 les id\u00e9es de libert\u00e9, d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de fraternit\u00e9 arriv\u00e8rent de l\u2019hexagone, alors que dans le m\u00eame temps une lutte faisait rage entre blancs pauvres et blancs riches, entre blancs pauvres et mul\u00e2tres, que s\u2019\u00e9veilla une certaine conscience r\u00e9volutionnaire chez les esclaves qui allait aboutir deux ans plus tard \u00e0 un\u00a0 changement de situation. Ainsi, dans sa description, C.L.R James utilise l\u2019analogie des esclaves avec le prol\u00e9tariat (sans pour autant les y assimiler)\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les esclaves travaillaient en campagne, et comme les paysans r\u00e9volutionnaires de n\u2019importe quel pays, ils souhaitaient l\u2019extermination de leurs ma\u00eetres. Mais, travaillant et vivant ensemble, par groupes de cent dans les gigantesques fabriques de canne \u00e0 sucre qui couvraient la plaine du nord, ils se rapprochaient plut\u00f4t d\u2019un prol\u00e9tariat moderne, plus que n\u2019importe quel groupe de travailleurs existant \u00e0 cette \u00e9poque, et la r\u00e9volte fut donc un mouvement de masse minutieusement pr\u00e9par\u00e9 et organis\u00e9.<\/p>\n<p>Durant une nuit d\u2019Ao\u00fbt, une temp\u00eate tropicale faisait rage, avec de la foudre et des rafales de vent et des trombes d\u2019eau. Se servant de torches pour se frayer un chemin, les leaders de la r\u00e9volte\u00a0 se r\u00e9unirent dans un espace ouvert de l\u2019\u00e9paisse for\u00eat de Morne Rouge, une montagne surplombant Cap Fran\u00e7ois, la plus grande ville. Alors, Boukman, le chef, apr\u00e8s des incantations Vaudou et avoir bu le sang d\u2019un cochon, donna les derni\u00e8res instructions.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn6\">[6]<\/a>\u00a0\u00bb (p. 40)<\/p>\n<p>Chaque groupe d\u2019esclave assassina ainsi ses maitres et br\u00fbla les plantations. James pr\u00e9cise cependant que les \u00ab\u00a0horreurs\u00a0\u00bb commises par les esclaves n\u2019approch\u00e8rent jamais celles commises par leurs maitres. Par ailleurs, la plupart des planteurs blancs sous-estim\u00e8rent l\u2019importance de cette r\u00e9volte, ils continu\u00e8rent ainsi leur conflit avec les mul\u00e2tres et le gouvernement fran\u00e7ais. Cependant, alors que la r\u00e9volte s\u2019intensifiait, les royalistes mirent \u2013 provisoirement \u2013 leur racisme de c\u00f4t\u00e9 et s\u2019unirent aux mul\u00e2tres pour combattre ces esclaves. Alors que la France \u00e9tait sous la tutelle des Girondins et de Brissot, ce dernier se rendit compte qu\u2019il pouvait tirer avantage en donnant tous leurs droits aux mul\u00e2tres. Pourtant, alors que Brissot \u00e9tait abolitionniste avant son arriv\u00e9e au pouvoir, il refusa d\u2019aller plus loin et au lieu d\u2019abolir l\u2019esclavage, il envoya des forces arm\u00e9es pour r\u00e9primer la r\u00e9volte. Mais les esclaves r\u00e9sist\u00e8rent. Si C.L.R James met autant l\u2019accent sur le contexte fran\u00e7ais dans son ouvrage c\u2019est bien parce que, \u00ab\u00a0que la France soit une r\u00e9publique ou une monarchie r\u00e9actionnaire ne faisait aucune diff\u00e9rence pour les esclaves des colonies si chacun de ces deux r\u00e9gimes \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 les garder en esclavage.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn7\">[7]<\/a>\u00a0\u00bb (p. 42). Mais James met \u00e9galement l\u2019accent sur la solidarit\u00e9 des r\u00e9volutionnaires fran\u00e7ais avec les esclaves, certains boycottant m\u00eame l\u2019achat de produits coloniaux, comme le caf\u00e9. Nous ne reviendrons pas ici sur l\u2019ensemble de cette p\u00e9riode et la prise de pouvoir de Toussaint Louverture, mais ce qui nous int\u00e9resse particuli\u00e8rement est la conscience sociale des esclaves.<\/p>\n<p>Si James compare ceux-ci \u00e0 un prol\u00e9tariat \u2013 par le travail en groupes de cent dans d\u2019immenses \u00ab\u00a0usines\u00a0\u00bb \u00e0 canne-\u00e0-sucre, l\u2019esclavage apparaissait comme une sorte de pr\u00e9figuration des modes de production capitalistes \u2013 il s\u2019agit bien s\u00fbr d\u2019un prol\u00e9tariat racial, s\u2019auto-organisant consciemment pour son \u00e9mancipation. Les esclaves noirs ne se diff\u00e9renciaient pas uniquement d\u2019un prol\u00e9tariat par leur travail (l\u2019esclavage), mais aussi par le c\u00f4t\u00e9 raciste, au sens plein de \u00ab\u00a0syst\u00e8me raciste\u00a0\u00bb, de leur condition. Le racisme colonial n\u2019\u00e9tait donc pas qu\u2019une affaire d\u2019id\u00e9ologie ou de simple pr\u00e9jug\u00e9, ce syst\u00e8me \u00e9tait bas\u00e9 sur des conditions r\u00e9elles, qui allaient pousser les esclaves \u00e0 s\u2019organiser en \u00ab\u00a0classes raciales\u00a0\u00bb. Ainsi, l\u2019aspect conscient et organis\u00e9 de cette r\u00e9volte amena celle-ci au succ\u00e8s et en fit m\u00eame une r\u00e9volution puisque, comme l\u2019\u00e9crit James, \u00ab\u00a0le succ\u00e8s des noirs de Saint-Domingue tua le commerce d\u2019esclaves vers les Antilles ainsi que l\u2019esclavage.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn8\">[8]<\/a>\u00a0\u00bb. Parmi les conditions de ce succ\u00e8s, James note ainsi le temps dont ont dispos\u00e9 les esclaves pour s\u2019organiser en arm\u00e9e, et le soutien qu\u2019ils ont re\u00e7u de la France r\u00e9volutionnaire. Ils firent donc leur les slogans r\u00e9volutionnaires et les id\u00e9es de libert\u00e9 et d\u2019\u00e9galit\u00e9, mais repens\u00e8rent ceux-ci \u00e0 la lumi\u00e8re de leur condition sociale de noirs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\"><b>\u00a0L\u2019avant-garde noire<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les r\u00e9voltes aux \u00c9tats-Unis suivirent, selon James, la m\u00eame ligne que celle de Saint-Domingue avant 1789\u00a0: des r\u00e9voltes d\u2019esclaves inorganis\u00e9s, constamment r\u00e9prim\u00e9es dans le sang\u00a0: \u00ab\u00a0Bien que leurs ma\u00eetres vivaient dans une terreur constante, les noirs eux-m\u00eames ne semblaient pas conscient de leur potentiel r\u00e9volutionnaire lorsqu\u2019ils s\u2019organisent \u00e0 grande \u00e9chelle.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn9\">[9]<\/a>\u00a0\u00bb (p. 52). La r\u00e9volte de Saint-Domingue, inspira de nouveaux soul\u00e8vements aux \u00c9tats-Unis dans les vingt ann\u00e9es qui suivirent. Mais ces r\u00e9voltes ne connurent pas le m\u00eame succ\u00e8s que celle de Saint-Domingue puisqu\u2019elles se termin\u00e8rent dans le sang. C\u2019est la guerre de S\u00e9cession qui lib\u00e9rera les esclaves aux \u00c9tats-Unis, bien que celle-ci n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 men\u00e9e dans un pur but \u00ab\u00a0humaniste\u00a0\u00bb d\u2019\u00e9mancipation des noirs asservis. James rappelle ainsi que Lincoln, dans un discours, dit que pour sauver l\u2019Union il pourrait lib\u00e9rer tous les esclaves ou n\u2019en lib\u00e9rer aucun.<\/p>\n<p>On voit donc, de Saint-Domingue \u00e0 la guerre de S\u00e9cession, que les r\u00e9voltes panafricaines questionnent directement les rapport raciaux d\u00e9coulant de la colonisation et de l\u2019esclavage. C\u2019est cette prise en compte des rapports de force raciaux qui particip\u00e8rent de la cr\u00e9ation d\u2019un<i> Black Marxism <\/i>chez James. Un d\u00e9centrement du marxisme qui n\u2019occulte pas la critique du capitalisme et des rapports de production mais qui \u00e9tend cette critique pour mettre en lumi\u00e8re la domination raciale. La race n\u2019est donc pas chez James qu\u2019une repr\u00e9sentation, une construction et un pr\u00e9jug\u00e9, elle repr\u00e9sente une situation sociale concr\u00e8te\u00a0: celle des colonis\u00e9s\u00a0! Ainsi, dans le titre de son ouvrage <i>A History of Negro Revolt <\/i>(puis <i>A History of Pan-African Revolt <\/i>en 1969), le terme \u00ab\u00a0<i>Revolt<\/i>\u00a0\u00bb est tout aussi important que celui de \u00ab<i>\u00a0Negro<\/i>\u00a0\u00bb. En effet, c\u2019est la r\u00e9volte qui permet de penser la colonisation du point de vue des masses noires qui \u00e9taient loin d\u2019\u00eatre passives. En faisant volontairement un anachronisme, on pourrait dire que le Tiers-Monde a commenc\u00e9 \u00e0 germer \u00e0 partir de Saint-Domingue. Ici nous nous inspirerons de l\u2019id\u00e9e de Sauvy \u2013 qui comparait le Tiers-Monde au tiers \u00e9tats car \u00ab\u00a0ignor\u00e9, exploit\u00e9, m\u00e9pris\u00e9\u00a0\u00bb comme lui. La plan\u00e8te \u00e9tant divis\u00e9 en premier, deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me mondes et ce troisi\u00e8me monde voulant aussi \u00ab\u00a0devenir quelque chose\u00a0\u00bb \u2013 mais nous d\u00e9finiront plut\u00f4t le Tiers-Monde en suivant Vijay Prashad\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019id\u00e9e de tiers monde ne s\u2019imposa pas du seul fait que Sauvy inventa le terme ou par l\u2019usage qu\u2019en firent les m\u00e9dias du premier monde\u00a0; le mouvement anticolonial nationaliste joua l\u00e0 un r\u00f4le cl\u00e9, organisant une s\u00e9rie de rassemblements et dotant l\u2019anticolonialisme d\u2019un langage propre, ce qui suscita un sentiment de loyaut\u00e9 en son cercle et m\u00eame au-del\u00e0. Une telle lutte historique donnait sens et viabilit\u00e9 \u00e0 cette identit\u00e9 du tiers monde, laquelle petit \u00e0 petit gagnait en cr\u00e9dibilit\u00e9, tandis que la participation \u00e0 la lutte et la prise de risque g\u00e9n\u00e9raient la confiance, donnant ainsi au terme sa l\u00e9gitimit\u00e9 sociale.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn10\">[10]<\/a>\u00a0\u00bb <a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn11\">[11]<\/a><\/p>\n<p>Si Prashad fait \u00ab\u00a0na\u00eetre\u00a0\u00bb le Tiers-Monde \u00e0 Bruxelles en 1927, lors de la premi\u00e8re conf\u00e9rence de la Ligue contre l\u2019imp\u00e9rialisme, il semble qu\u2019un embryon de Tiers-Monde naisse d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Saint-Domingue, \u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle,\u00a0 lorsque nait ce langage propre de l\u2019anticolonialisme. \u00ab\u00a0Le n\u00e8gre docile est un mythe<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn12\">[12]<\/a>\u00a0\u00bb \u00e9crit James. Ces r\u00e9voltes noires, en tant que r\u00e9voltes contre la condition raciale des noirs, interrogent de mani\u00e8re assez large la sp\u00e9cificit\u00e9 de la domination coloniale, comme l\u2019\u00e9crit James\u00a0: \u00ab\u00a0la situation d\u2019un Africain en \u00c9rythr\u00e9e sous le fascisme italien n\u2019est pas pire que celle d\u2019un Africain au Congo, sous la d\u00e9mocratie belge<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn13\">[13]<\/a>\u00a0\u00bb. On ne peut donc comprendre l\u2019attrait de James pour un personnage tel que Marcus Garvey (1887 \u2013 1940) que sous l\u2019angle du besoin d\u2019une autonomie politique noire face \u00e0 la domination coloniale blanche. Ainsi, dans une discussion avec James, Trotsky dit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La femme noire qui disait \u00e0 une femme blanche\u00a0: \u2018Attends que Marcus soit au pouvoir et vous serez trait\u00e9s, vous autres, comme vous le m\u00e9ritez\u2019 ne faisait qu\u2019exprimer son d\u00e9sir de b\u00e2tir son propre \u00c9tat. Les N\u00e8gres am\u00e9ricains se sont rassembl\u00e9s sous la banni\u00e8re du mouvement du \u2018Retour vers l\u2019Afrique\u2019 parce qu\u2019il apparaissait comme la promesse de la r\u00e9alisation de leur souhait d\u2019avoir leur propre foyer. Ils ne souhaitaient pas en r\u00e9alit\u00e9 aller en Afrique. Il s\u2019agissait de l\u2019expression du d\u00e9sir mystique d\u2019une demeure dans laquelle ils seraient lib\u00e9r\u00e9s de la domination des Blancs, et l\u00e0 o\u00f9 ils pourraient contr\u00f4ler eux-m\u00eames leur propre destin.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn14\">[14]<\/a>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Par ailleurs, dans son ouvrage, James met bien l\u2019accent sur le fait que pour comprendre l\u2019importance du mouvement de Garvey il faut s\u2019int\u00e9resser au statut des noirs aux \u00c9tats-Unis apr\u00e8s l\u2019abolition de l\u2019esclavage. James ne rejette donc pas int\u00e9gralement les id\u00e9es de Marcus Garvey mais trouve son mouvement \u00e0 la fois inqui\u00e9tant et fascinant\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019une des choses que fit Garvey fut de faire prendre conscience aux n\u00e8gres am\u00e9ricains de leur origine africaine et de cr\u00e9er pour la premi\u00e8re fois un sentiment de solidarit\u00e9 internationale entre les Africains et les descendants d\u2019Africains.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn15\">[15]<\/a>\u00a0\u00bb (p 94)<\/p>\n<p>L\u2019histoire que dresse James de ces r\u00e9voltes, de cette solidarit\u00e9 panafricaine n\u2019est cependant pas abstraite, elle est totalement actuelle au moment o\u00f9 il r\u00e9dige <i>A History of Negro Revolt<\/i> (1938)\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9mancipation n\u00e8gre s\u2019est accrue avec les si\u00e8cles\u00a0; ce qui \u00e9tait local et national \u00e0 Saint-Domingue et en Am\u00e9rique est d\u00e9sormais une urgence internationale, mettant en jeu l\u2019avenir de centaine de millions d\u2019Africains.<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn16\">[16]<\/a>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Par ailleurs, C.L.R James conclut son ouvrage en exposant l\u2019id\u00e9e (ajout\u00e9e dans la version de 1969) selon laquelle l\u2019\u00e9tude de l\u2019histoire des r\u00e9voltes panafricaines devrait servir \u00e0 redonner au marxisme, qui s\u2019est fossilis\u00e9 dans des \u00ab\u00a0pays avanc\u00e9s\u00a0\u00bb, sa pertinence originelle. On ne peut donc \u00f4ter \u00e0 James son profond marxisme, mais il faut \u00e9galement consid\u00e9rer la sp\u00e9cificit\u00e9 de ce marxisme. Un <i>Black Marxism<\/i>, qui l\u2019am\u00e8nera dans les ann\u00e9es 1940 \u00e0 penser que la situation particuli\u00e8re des noirs aux \u00c9tats-Unis, qui ne repose pas que sur une oppression de classe, mais \u00e9galement sur la s\u00e9gr\u00e9gation raciale fera de ceux-ci, sous r\u00e9serve d\u2019une direction politique ad\u00e9quate \u2013\u00a0 comme cela fut le cas \u00e0 Saint-Domingue par exemple \u2013, \u00ab\u00a0l\u2019avant-garde de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne<a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftn17\">[17]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La prise en compte de la sp\u00e9cificit\u00e9 raciale, loin de diviser les travailleurs, comme cela est souvent dit, repr\u00e9sente la participation des couches les plus domin\u00e9es de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation et donc la possibilit\u00e9 d\u2019un changement social permettant de penser la multiplicit\u00e9 des dominations et donc la sp\u00e9cificit\u00e9 de la domination raciale.<\/p>\n<div><em><strong>Selim NADI, Membre du PIR<\/strong><\/em><\/div>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref1\">[1]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 CLR James, <i>The Life of Captain Cipriani\u00a0: An Account of British Government in the West Indies<\/i>, cit\u00e9 dans\u00a0: Paget Henry, Paul Buhle (dir), <i>CLR James\u2019s Caribeean<\/i>, Duke University Press, Durham, 1996.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref2\">[2]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 CLR James, <i>Les Jacobins noirs<\/i>, \u00c9ditions Amsterdam, Paris, 2009.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref3\">[3]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 CLR James, <i>A History of Pan-African Revolt<\/i>, PM Press, Oakland, 2012.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref4\">[4]<\/a><i>\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref5\">[5]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 Cit\u00e9 in\u00a0: <i>Ibid.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref6\">[6]<\/a><i>\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref7\">[7]<\/a><i>\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref8\">[8]<\/a><i>\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref9\">[9]<\/a><i>\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref10\">[10]<\/a>\u00a0 Vijay Prashad, <a href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/les-nations-obscures-une-histoire-populaire-du-tiers-monde-un-livre-de-vijay-prashad\/\"><i>Les nations obscures. Une histoire populaire du tiers monde<\/i>, \u00c9cosoci\u00e9t\u00e9<\/a>, Montr\u00e9al, 2009.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref11\">[11]<\/a>\u00a0 Par ailleurs, Prashad d\u00e9bute le premier chapitre de son ouvrage en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la r\u00e9volte de Saint-Domingue.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref12\">[12]<\/a>\u00a0 CLR James, <i>Sur la question noire. La question noire aux \u00c9tats-Unis. 1935-1967<\/i>, Syllepse, Paris, 2012.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref13\">[13]<\/a>\u00a0 CLR James, <i>A History of Pan-African Revolt<\/i>, op. cit.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref14\">[14]<\/a>\u00a0 L\u00e9on Trotsky, <i>Question juive, question noire<\/i>, Syllepse, Paris, 2011.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref15\">[15]<\/a>\u00a0 CLR James, <i>A History of Pan-African Revolt<\/i>, op. cit.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref16\">[16]<\/a><i>\u00a0 Ibid.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/#_ftnref17\">[17]<\/a>\u00a0 L\u00e9on Trotsky, <i>op. cit<\/i>. Id\u00e9e d\u00e9velopp\u00e9e dans\u00a0: Matthieu Renault, \u00ab<a href=\"http:\/\/www.revuedeslivres.fr\/black-marxism-c-%E2%80%89l-%E2%80%89r-james-et-lindependance-des-luttes-noires-par-matthieu-renault\/\">\u00a0Black Marxism\u00a0: CLR James et l\u2019ind\u00e9pendance des luttes noires<\/a>\u00a0\u00bb, <i>La Revue des Livres<\/i>, n\u00b010, 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"http:\/\/indigenes-republique.fr\/c-l-r-james-et-les-luttes-panafricaines\/\">SOURCE<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C.L.R. James et les luttes panafricaines par Selim NADI, Membre du PIR Cyril Lionel Robert James (1901 \u2013 1989), n\u00e9 \u00e0 Tunapuna, un village de Trinit\u00e9-et-Tobago, fut d\u00e8s le d\u00e9but de sa vie intimement li\u00e9 au colonialisme et \u00e0 la condition des noirs. En effet, ses parents faisaient partie de cette g\u00e9n\u00e9ration qui suivit directement &#8230; <a title=\"C.L.R. James et les luttes panafricaines\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-panthere.thefreecat.org\/?p=1866\" aria-label=\"En savoir plus sur C.L.R. 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