Sous l’islamophobie, le fascisme et un antifascisme complice

Intervention d’Houria Bouteldja à la 5ème conférence internationale sur l’islamophobie de Berkeley (17 avril 2014) Une fois de plus, merci aux organisateurs pour cette invitation. Je tiens aussi à rendre hommage à leurs efforts pour la tenue de cette conférence de haute qualité. Comme chaque année, je vais parler au nom du Parti des indigènes … Lire la suiteSous l’islamophobie, le fascisme et un antifascisme complice

Dix ans après la loi qui a interdit le foulard à l’école : pourquoi il faut l’abroger.

 

Un de mes camarades anticapitalistes a réagi sur une liste de discussion militante à la (modeste) campagne pour abroger la loi de 2004 qui interdit le port du foulard par les élèves dans les écoles, collèges et lycées de France. Voici ce qu’il écrit :

 

 

« Certains à gauche font campagne pour abroger la loi sur les signes religieux à l’école. Ce texte a eu le mérite de ramener la paix dans les établissements scolaires. Abroger cette loi serait une grave faute politique et un signe d’encouragement donné à tous les fondamentalismes religieux. Capituler n’a jamais été une bonne chose. La paix civile implique que la religion reste une affaire privée. Comment se fait-il qu’il y a 30 ans très peu de femmes portaient de foulard à Alger Rabat ou ailleurs ? Et puis les 3 religions monothéistes n’ont que faire de la place de femmes dans la société sauf les asservir et les cantonner dans un rôle second. Alors je défends cette loi qui a été salutaire. Les problèmes sont réglés dans l’enceinte scolaire alors ne réveillons pas inutilement le diable. »

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L’islamophobie et les théories critiques du racisme

Lancement d’une nouvelle revue en ligne de théorie marxiste, Période.

 

 

 

Dans cette contribution, Fanny Müller-Uri et Benjamin Opratko se proposent de passer le concept d’islamophobie au crible de la riche tradition d’analyse marxiste de la race. L’islamophobie pose en effet un défi aux interprétations traditionnelles de la race et du racisme. L’islamophobie invite à davantage penser la race et le racisme comme des constructions sociales fortement spécifiées historiquement, ainsi qu’à mieux cerner l’intrication entre leurs dimensions « biologiques » et « culturelles ». Ces précisions permettent de mieux situer la place de la race dans les luttes d’hégémonie et de contre-hégémonie.

 

L’objet de cet article1 est de réfléchir aux implications théoriques et conceptuelles des études et publications les plus récentes sur le phénomène de « l’islamophobie » dans les pays du Nord, c’est-à-dire principalement l’Europe et les États-Unis. Notre propos suivra quatre étapes :

 

Premièrement, nous donnerons un court aperçu des développements contemporains au sein du champ universitaire émergent que sont les études sur l’Islamophobie (Islamophobia studies). Deuxièmement, nous discuterons des usages du terme « d’islamophobie » dans certaines des contributions les plus importantes de ce champ de recherche. Nous examinerons ainsi les problèmes produits par l’absence systématique de confrontation avec les théories critiques du racisme. Dans une troisième partie, nous traduirons les conséquences théoriques du défi que représente « l’islamophobie » dans un cadre conceptuel alternatif plus à même de rendre compte du racisme anti-musulmans. Nous examinerons la manière dont celui-ci renvoie à un ensemble de principes fondamentaux d’une critique radicale et marxiste du racisme. Nous conclurons enfin par quelques suggestions sur la manière dont ces considérations théoriques peuvent être aujourd’hui mobilisées dans des stratégies anti-racistes.

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Eléments d’un futur « Livre noir »

La loi anti-foulard du 15 mars 2004 : bilan d’une loi d’exclusion

par Collectif Une Ecole Pour Tou-te-s
20 février 2014

Cela fera dix ans, le 15 mars prochain, qu’a été votée la loi sur les « signes religieux ostensibles », interdisant le port du foulard dit islamique à l’école, sous peine d’exclusion définitive. À l’occasion de ce sinistre anniversaire, nous republions le bilan que le collectif Une école pour tou-te-s avait publié en septembre 2005, concernant les effets les plus immédiats et concrets de cette loi : comment s’est-elle appliquée dans les écoles ? Quelles ont été les conséquences pour les élèves – les voilées, les dévoilées et les autres… ? Bien d’autres éléments doivent y être ajoutés pour que le bilan soit complet, et notamment les suites innombrables qu’a eue cette loi sur le terrain idéologique, politique et social pendant la décennie qui a suivi, que ce soit la loi anti-niqab de 2010, les interdictions de sortie scolaire aux mamans voilées, l’affaire Ilham Moussaïd et plus largement la production et la diffusion massive d’une voilophobie et d’une islamophobie « respectable », sans parler des effets de division et de diversion et du dramatique dévoiement du féminisme. Mais il importe toujours de revenir aux premières cibles de cette loi d’exception, celles qui en ont subi les effets de la manière la plus concrète et brutale : les adolescentes musulmanes portant le foulard, qui ont dû « choisir » – c’est le mot qui fut employé par l’institution – entre un dévoilement forcé et une déscolarisation. C’est sur cette conséquence-là que se focalise le bilan que nous republions aujourd’hui. Pour le compléter, un appel à témoignages a été lancé par le Collectif des féministes pour l’égalité, qui a également initié une pétition demandant l’abrogation de cette loi infâme, ainsi qu’une manifestation.

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L’ONU épingle la Belgique pour son racisme

24/02/14 – 17h07  Source: Belga © afp.

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD), un organe dépendant des Nations unies chargé de veiller à la disparition de toutes les discriminations raciales, vient de rendre un bulletin sévère à l’adresse de la Belgique pour une série de manquements.

 

Celui-ci y pointe notamment les lenteurs de la Belgique à se doter d’une institution nationale des droits de l’Homme, malgré les promesses du gouvernement fédéral.

Il fustige par ailleurs la persistance de manifestations d’antisémitisme et d’islamophobie sur notre territoire, et notamment l’interdiction du voile dans les écoles en Communauté flamande et la liberté laissée aux établissements en Fédération Wallonie-Bruxelles.

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Présentation de « Petit précis de l’islamophobie ordinaire »

Nadia Henni-Moulaï est journaliste et auteur. Elle vient de publier le Petit précis de l’islamophobie ordinaire.

J’avais envie de raconter ce que les gens de mon entourage vivaient en raison de leur appartenance réelle ou supposée à la communauté musulmane », explique Nadia Henni-Moulaï à FRANCE 24. « Il y a une véritable méconnaissance de l’islam en France. Pourtant, cela n’empêche pas certaines personnes d’avoir des choses à dire sur la religion, des choses parfois tout simplement bêtes et méchantes ». Au fil d’anecdotes bien réelles, qui font parfois froid dans le dos, Nadia Henni-Moulaï nous livre ici un ouvrage plein d’humour et de légèreté sur un sujet d’actualité ; un sujet pourtant difficile à aborder sans tomber dans la dramatisation ou la victimisation : celui de l’islamophobie.

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#HEADUP , la Dignité n’a pas de prix !

 

Le Mouvement pour l’Egalité et l’Emancipation de Tou.te.s vous convie à l’événement de lancement de la campagne

#HEADUP , la Dignité n’a pas de prix !

pour la constitution d’un fonds destiné à mener des actions en justice contre les discriminations faites aux femmes qui portent le foulard.

En partenariat avec les associations Justice and Democracy, Muslim Rangers, et l’Encre des Voilées.

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Frantz Fanon : la vie oubliée du damné de la terre

fanonf_Frantz Fanon : la vie oubliée du damné de la terre

Publié le 11 décembre 2013 à 16:03 par Kévin Victoire
Il y a 52 ans, presque jour pour jour, mourrait Frantz Fanon non loin de Washington. La mémoire humaine est souvent trop sélective. Il paraît aussi que nul n’est prophète chez lui. C’est le cas de Fanon, penseur français d’origine martiniquaise et révolutionnaire algérien, qui demeure largement méconnu en France, en Martinique comme en Algérie. Le psychiatre reste pourtant une figure majeure pour tous les révolutionnaires tiers-mondistes, souvent africains et afro-américains – un paradoxe qui ne fait que refléter la complexité de celui qu’Aimé Césaire qualifiait de « premier penseur de la colonisation et de la décolonisation ». Rappelons à notre bon souvenir, aux côtés des fanoniens Matthieu Renault et Magali Bessone, l’auteur du légendaire essai Les Damnés de la terre.

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«Les femmes sont les principales victimes de la violence islamophobe»

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Le sociologue Marwan Mohammed, co-auteur d’un ouvrage sur l’islamophobie, explique les mécanismes à l’œuvre dans la montée de ce racisme renouvelé. Un racisme dont seraient responsables les «élites» françaises, de gauche comme de droite. Entretien.


Les actes islamophobes sont en augmentation en France. Surtout depuis dix ans. Comment l’expliquer ? C’est justement l’objectif des sociologues Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat, qui viennent de publier un livre au sous-titre percutant: Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman ». Ou comment l’islamophobie est peu a peu devenue l’arme favorite d’un racisme, largement partagé, qui ne dit pas son nom.

Au départ, les deux chercheurs ne sont pas spécialistes en la matière. «Mais en 2011, on a été frappés d’un décalage: d’une part, la prégnance de l’islamophobie notamment dans les quartiers populaires, et d’autre part le silence du milieu académique sur la question», indique Marwan Mohammed, chargé de recherche au CNRS.

De passage hier sur Amiens pour une conférence à l’Espace Dewailly, Marwan Mohammed explique pour Le Télescope comment fonctionne la fabrique du «problème musulman». Entretien.

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