Mawda ou l’art de l’enfumage

C’ est fou comme les séries policières peuvent nous influencer. Elles nous feraient croire, par exemple, que lorsqu’un enfant reçoit une balle dans le visage, cela se voit tout de suite. Et que si, en plus, il est mort, le médecin légiste n’a pas besoin d’une autopsie pour faire le lien entre les deux. On a tout faux. Apparemment, c’est très compliqué d’essayer de comprendre pourquoi, comment la petite Mawda est morte dans la nuit de mercredi à jeudi lors d’une course poursuite entre une camionnette remplie de migrants et 15 voitures de police lancées à ses trousses. Tellement compliqué que d’heure en heure, les versions changent du tout au tout. C’est normal, dit le Procureur du Roi de Tournai, « il  faisait noir » au moment des faits.  Noir comme lorsqu’on enfume l’opinion publique car, avec la mort de Mawda, c’est bien à une remarquable opération d’enfumage médiatique que l’on assiste.

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« Présumé coupable » est la norme légale appliquée aux Arabes et aux musulmans.


La nouvelle présence des musulmans, ainsi que la visibilité de la tenue vestimentaire des musulmanes portant le foulard, a exacerbé les craintes du retour du religieux forcément opposé aux femmes, à leur statut et à leur autonomie. Si, durant le moyen âge, de la renaissance jusqu’au XVIII e siècle, on avait entretenu l’idée que l’islam et les musulmans avaient un goût particulier pour la sensualité et la licence sexuelle, à l’image de l’univers oriental stéréotypé des mille et une nuits, voilà que les colonisations et l’époque postcoloniale nous offrent l’image exactement opposé d’une religion fruste, rigide, opposé aux corps des femmes et aux plaisirs. Dans les deux séquences historiques, on remarquera que l’islam est toujours dessiné sous les traits de l’autre, du différent, de l’antithèse. L’occident chrétien conservateur dessine un islam licencieux et permissif ; l’occident moderne et libre s’offre la caricature d’un islam de l’interdit et de l’oppression sexuelle.

Mon intime conviction de Tariq Ramadan – Tariq Ramadan

 

Voilà maintenant plus de cents jours que le Professeur Tariq Ramadan, l’un des intellectuels musulmans les plus influents d’Europe, est placé en détention provisoire et en isolement à la prison de Fleury-Mérogis, en France, suite aux accusations de viols de deux femmes puis d’une troisième, ce qu’il nie totalement depuis le premier jour.

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L’avenir de la Nakba

Par Joseph Massad

La conquête sioniste de la Palestine, qui a commencé de façon aléatoire au début des années 1880 et s’est intensifiée après le tournant du siècle pour atteindre son apogée lors de l’invasion et de l’occupation du pays par les Britanniques, avant la fin de la première guerre mondiale, a été le moment inaugural de ce qui allait être connu sous le nom de Nakba – la Catastrophe.
Tandis que le terme « Nakba » était utilisé par l’intellectuel syrien Constantine Zureik pout décrire ce qui arrivait aux Palestiniens en août 1948 (quand il écrivit et publia son classique Ma’na al-Nakba – Le sens de la Nakba), d’autres emploient des mots comme karitha (désastre), tel l’officier militaire jordanien et gouverneur de Jérusalem Est Abdoulah al-Tall dans son livre de 1959 Karithat Filastin (Le désastre de la Palestine) ou ma’saa (tragédie) comme le fit l’intellectuel nationaliste anticolonial palestinien Mouhammad Izzat Darwaza dans son livre de 1959 Ma’sat Filastin (La tragédie de la Palestine).
« Nakba » devint néanmoins la référence la plus adéquate et la plus utilisée pour décrire les douleurs que les Palestiniens ont endurées. Dans son immense historiographie qui comporte de nombreux volumes sur les événements de 1947-1952, publiée pour la première fois en 1956, le journaliste anticolonial palestinien Arid al-Arif, qui fut plus tard maire de Jérusalem Est, a insisté sur le recours à ce terme dans son titre.
Al-Arif commence en s’interrogeant : « Comment puis-je appeler cela autrement qu’une catastrophe ? Parce que nous avons été « catastrophisés », nous les Arabes en général et les Palestiniens en particulier… notre patrie nous a été volée, nous avons été chassés de nos foyers et nous avons perdu un nombre énorme de nos enfants et de nos aimés ; et en plus de tout cela, notre dignité a été frappée au cœur ».

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Des arbres abattus le long de la E313 « pour empêcher les migrants de se cacher »

Des arbres abattus le long de la E313 « pour empêcher les migrants de se cacher »

25 avril 2018 | Auteur : Joyce Azar | Temps de lecture : 1 minute

Stupéfaction générale sur Twitter: alors qu’un internaute se plaignait de l’abattage d’arbres le long de l’autoroute, et ce, en pleine saison de reproduction des oiseaux, l’Agence flamande des routes et du trafic (AWV) a justifié la mesure, en indiquant qu’il s’agissait d’une demande de la police et du gouverneur, « pour que les transmigrants ne puissent pas se cacher ». La méthode, aussi surprenante soit-elle, n’est en fait pas neuve. Elle avait déjà été appliquée en Wallonie, au niveau de Bierges.

 

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Coordination Semira Adamu 2018

Le 22 septembre 1998, lors d’une sixième tentative d’expulsion, Semira Adamu a été tuée, étouffée à l’aide d’un coussin par des gendarmes qui agissaient conformément aux techniques d’expulsion définies par l’État.

Demandeuse d’asile déboutée, Semira avait vingt ans. Depuis le centre 127 bis où elle était enfermée, Semira jouait le rôle de lanceuse d’alerte pour le Collectif contre les expulsions : elle témoignait du fonctionnement de ces prisons et informait des dates d’expulsions de ses codétenu.e.s.

Semira incarnait, à sa manière, la lutte des femmes pour leur dignité et la résistance aux politiques d’asile et de migration inhumaines. L’État s’est appliqué à la faire taire.

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Lusinga ou notre responsabilité décoloniale

 Avec le journaliste Michel Bouffioux,

En compagnie de l’historien de l’Art et Commissaire d’expositions, Toma Luntumbue, du journaliste Olivier Mukuna et du représentant du MRAX, John’s Mbulula.

Lusinga ou notre responsabilité décoloniale

Vendredi 18 mai à 19:30 – 22:00

Pianofabriek Citylab

Fortstraat 35, 1060 Saint-Gilles

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APPEL AU RASSEMBLEMENT JUSTICE POUR MOAD

Ce vendredi 4 mai aura lieu à la séance du matin le procès en appel du policier condamné le 19 décembre 2016 pour les violences commises sur Moad en 2013.
Le flic condamné a fait appel de la décision du juge.
Ce n’est pas fini pour Moad et sa famille, soyons donc nombreux à continuer à les soutenir!

Rappel des faits:

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Politique des parias. Sur la racialisation de la classe ouvrière anglaise

Depuis l’étude magistrale d’E.P. Thompson sur la formation de la classe ouvrière anglaise, on ne peut plus faire une histoire marxiste du prolétariat sans comprendre les étapes qui l’ont mené à sa propre formation culturelle, politique, communautaire. La racialisation de la classe ouvrière est longtemps restée l’un des points aveugles d’une telle approche – un aspect pourtant essentiel de la « formation de classe ». Dans son livre sur le racisme, les classes et les « parias racialisés », Satnam Virdee tente de combler cette lacune en reconstruisant le fil perdu de la race et de l’antiracisme dans la formation des classes ouvrières. Il s’avère que, de l’antisémitisme d’hier à l’islamophobie d’aujourd’hui, les parias racialisés au sein du prolétariat sont appelés à jouer un rôle déterminant dans la mise au jour et la lutte contre le racisme inscrit au sein du mouvement ouvrier.

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Bandung du Nord : vers une Internationale décoloniale. Entretien avec Sandew Hira

Sandew Hira est le coordinateur du réseau décolonial international (DIN) et le directeur de l’International Institute for Scientific Research (IISR) de La Haye (Pays-Bas). L’IISR est une organisation membre du DIN, qui s’attache à mener des recherches autour de la décolonisation de l’esprit. Sandew Hira dirige avec Stephen Small et Arzu Merali une collection de livres chez Amrit Publishers : « Decolonizing the Mind ».

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